lundi 30 décembre 2013

Mon bilan généalogique 2013


Bilan 2013 # généathème


L'année 2013 a été riche sur le plan généalogique. C'est l'année durant laquelle je me suis pleinement investie. Le bilan de mes recherches  laisse entrevoir l'ampleur de ce qui reste à poursuivre. En généalogie, il n'y jamais de fin. De nouvelles idées émergent avec des portes à ouvrir, des recherches à approfondir, des questionnements permanents.

1. Mon arbre généalogique
J'ai démarré la construction de mon premier arbre généalogique  en octobre 2012. C'est à cette époque que j'ai interrogé de façon systématique les anciens pour rassembler les informations et photos éparses. L'année 2013 est celle de la recherche systématique de mes ancêtres. Je me suis formée à l'utilisation des archives numérisées. J'ai appris à poser des hypothèses pour retrouver les lieux de naissance, les extraits d'actes de naissances. J'ai acquis une petite agilité. je me trompe encore trop. Je me heurte encore à l'écriture des registres paroissiaux.

2. Mes logiciels
J'avais acquis le performant logiciel Hérédis 13 pour mac et je me suis mise à jour avec le logiciel Hérédis 14. J'en suis ravie.
Bien sûr Généanet est l'élément indispensable pour communiquer et partager les arbres avec les autres généalogistes. L'utilisation en est simple et le basculement entre Hérédis et Généanet est quasi parfait.

3. Création de mon blog "Histoire de Familles"
Dans ma conception de ma généalogie, j'ai pour ambition de faire revivre certains ancêtres. Je souhaite les approcher le plus possible, à partir des données dont je dispose, des témoignages, des recherches via Gallica, Books Google, les archives départementales, les autres blogs. Je veux en faire des êtres de chair, partager leurs bonheurs et leurs peines. J'ai l'impression de vivre avec eux à leur époque. Je m'évade et à la fois j'en tire un enseignement personnel sur le sens de la vie et sur la relativité des choses.
J'ai attendu la fin de l'année pour oser faire connaitre  ce blog aux membres de ma famille. Pourtant l'objectif de ce blog, outre son référencement via google, est bien de transmettre l'histoire des ancêtres aux nouvelles génération. Etre un passeur de mémoire. Alors pourquoi cette pudeur ? Je n'en ai pas encore de réponse.

4. Twitter
J'ai découvert twitter et j'ai le plaisir de recevoir des informations des géobloggeurs. J'apprends beaucoup d'eux. Ils me stimulent. Je suis loin de leurs compérences de professionnels ou quasi professionnels. Tant pis. J'ose quand même avec mes envies, mon besoin de progresser.

5. Les Poilus de mes communes
Le centenaire de la guerre de 14 m'a interpellé en particulier via Twitter. Merci à tous les blogueurs qui nous renvoient leur travail et confient leurs idées. Je me suis impliquée dans l'indexation des poilus de la commune de mes ancêtres et dans la commune où j'habite. J'ai rédigé un article dans mon blog et j'en ai un autre à terminer.

6. Mes ancêtres poilus
J'ai bien sûr continué la recherche de mes ancêtres poilus morts pour la France. J'ai rédigé dans mon blog un article sur Eugène TEILLAS car je disposais d'archives et de photos. Félix et Paul LAJEAT, deux frères morts pour la France ont été indexés.
J'ai pu remonter sur le parcours de mon arrière-grand-père Lucien GUIBERT à travers des cartes postales qu'il a adressées à son épouse depuis le front d'Orient. Il n'est pas mort pour la France mais son histoire est passionnante et mérite largement un article dans mon blog.
J'ai retrouvé le carnet de route 14/18 de Bernard MADELIN et j'en ai publié sur le blog des extraits.

7. Ma participation à des rencontres généalogiques locales
J'ai eu la joie de participer à deux rencontres généalogiques organisées dans des communes aux alentours. J'ai pu retrouver un cousin lointain Bernard GOUDON,  qui a créé un arbre généalogique de sa commune Bellechaume dans l'Yonne avec 30 000 ancêtres. Il est très compétent en généalogie et nous avons fait des  recherches ensemble et échangé nos informations. Il m'a beaucoup appris.

8. La généalogie d'une voisine
Une voisine dont le nom de naissance est BEZANCON m'a demandé de partir à la recherche de ses ancêtres. J'ai appliqué la même méthode, me suis heurtée à quelques épines généalogiques et bientôt je vais être en mesure de lui imprimer son arbre généalogique jusqu'à la date de 1640 et avec Hérédis 14, éditer une synthèse rédigée de son histoire.


Mes projets 2014


1.  Poursuivre ma connaissance sur la grande guerre 

Je me suis passionnée pour la Grande guerre. La richesse des archives disponibles m'ouvre l'esprit sur cette période. Je souhaite aller plus loi. Je me suis inscrite à la formation par l'Université numérique FUN avec des cours donnés par internet sur les archives de la première guerre. Les cours commencent le 13 janvier et se terminent en juin 2014.  Il sont donnés par des Professeurs d'université. Un forum va être créé entre les étudiants. Ce type de formation numérique gratuite est une première en France ! J'aurai l'occasion de vous vous faire part de cette expérience. 


2. Développer mes arbres généalogiques
Encore beaucoup de travail pour poursuivre la construction de mes arbres. Je peux ajouter les cousins, les frères et soeurs, bref après avoir poussé mes recherches dans le temps, il s'agit de les élargir.

3. Faire connaitre mon travail sur les Poilus
Je souhaite élargir mon travail sur les Poilus de mes communes : les faire connaître aux familles, toucher la presse locale, les associations des anciens combattants ? Des questionnements ?

4. Poursuivre mon blog
J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire régulièrement dans mon blog.  7700 vues déjà. Cela me ravit. J'ai encore de nombreux articles en cours. Mais l'écriture d'un  article demande une rédaction particulière. Vivante, concentrée, argumentée, imagée.  C'est une démarche tout à fait passionnante. Exigeante aussi.




jeudi 12 décembre 2013

Les Poilus de Chailley dans l' Yonne


Centenaire de la guerre 14/18                              

Dans le cadre du centenaire de la guerre de 14-18, le site Mémoire des Hommes a sollicité des volontaires pour aider à l'indexation des fiches des Morts pour la France.

J'ai souhaité m'impliquer dans cette démarche et j'ai choisi de mettre en valeur les Poilus Morts pour la France de la commune de mes ancêtres, Chailley dans le département de l'Yonne. Je vais vous faire partager mes démarches et les résultats actuellement obtenus. En espérant que ces nombreux hommes morts si jeunes ne soient pas oubliés.


Le Monument aux Morts de Chailley

Je suis allée photographier le Monument aux Morts, installé sur la place de la Mairie. Je dispose donc d'une liste des noms et prénoms des personnes avec leur date de décès.

Monuments aux Morts  de Chailley - Yonne



Monument aux Morts de Chailley - Yonne


Le site Mémoire des Hommes

Je peux donc aller chercher, sur la liste alphabétique de Mémoire des Hommes, les fiches de ces hommes. Je les indexe les uns après les autres. Les Morts pour la France sont au nombre de 33.

Site Mémoire des Hommes du Ministère de la Défense

Indexation des fiches matricules des soldats 14/18


Les Archives départementales de l'Yonne

Accès aux registres matricules numérisés par les Archives de l'Yonne

Je complète ma recherche par la consultation des Archives départementales de l'Yonne qui a numérisé les registres matricules des bureaux de recrutement d'Auxerre et de Sens. Par les numéros matricules dont je dispose sur Mémoire des Hommes, j'accède à la page du registre matricule du soldat avec le détail de sa vie de soldat.


Les recherches généalogiques

Ensuite, en qualité de généalogiste amateur, j'ai plongé dans les actes d'état civil numérisés pour retrouver leurs actes de naissance et de mariage, afin de compléter mon descriptif.

Acte naissance de Henri MARC le 15/01/1889 à Chailley

Je me propose d'en faire une synthèse qui rende hommage à ces Morts pour la France. J'aimerais disposer des photos de ces personnes afin de mieux les faire revivre. Je ne désespère pas que les familles aient gardé leurs photos et que ce premier travail pourra être complété grâce aux habitants de la commune qui le souhaitent.

Liste des Poilus Morts pour la France, inscrits sur le Monument aux Morts de Chailley

Vous pouvez cliquer sur le nom des Poilus et vous accéderez directement à leur fiche numérisée sur le site Mémoire des Hommes. 

MORTS en 1914                                  


MARC Henri
Georges Henri MARC est né le 15 janvier 1889 à Chailley. Il mesure 1,68 m, a les cheveux châtains noir et ses yeux sont marron clair.  Il exerce la profession d'Aide des Postes. Il est le fils de Jean Baptiste MARC et de Rosalie, Virginie CLEROT domiciliés à Chailley. Il est incorporé le 5 octobre 1913 au 153ème Régiment d'infanterie et devient Caporal le 25 décembre 1911 avec un certificat de bonne conduite.  De la classe 1909, il est incorporé  au centre de recrutement de Sens, comme Caporal au 360ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 486. Il est mort pour la France, à 25 ans,  le 25 août 1914 à Hoéville en Meurthe et Moselle, tué à l'ennemi. Son acte de décès à été transcrit à Chailley le 23 mai 1921. Un secours immédiat est accordé à son père le 28 aout 1916.

COUILLAUT Gustave
Léon Gustave COUILLAUT est né à Arces le 12 juillet 1880. Sa taille est de 1,57 m, ses yeux sont bleus et ses cheveux blonds. Il exerce le métier de Manouvrier. Il est le fils Gustave COUILLAUT et Alexandrine JAMES domiciliés à Chailley. Il est incorporé en 1901 dans le 76ème Régiment d'Infanterie, est passé au 4ème Régiment d'Infanterie coloniale en 1903. Il est rengagé pour deux ans le 29 janvier 1904 dans les  troupes coloniales à Toulon puis dans le  11ème régiment d'Infanterie coloniale. Il passe au 4ème régiment d'infanterie coloniale en 1906. Du 19 mars 1904 au 8 aout 1906, il est envoyé en Cochinchine. Le 5 octobre 1910, il est incorporé au 153ème Régiment d'Infanterie. Il devient Caporal le 25 septembre 1911 avec un certificat de bonne conduite. Suite à la mobilisation du 2 aout 1914, membre de la classe 1900, il est incorporé au 21ème Corps d'Infanterie Coloniale sous le matricule 465. Il est mort pour la France entre les 6 et 9 septembre 1914, à l'âge de 34 ans,  à Ecriennes dans la Marne, tué  à l'ennemi. Son acte de décès est retranscrit à Vincennes (Seine) le 17 mai 1920, son lieu d'habitation en 1913. Une aide de 150 francs est accordée à son père le 26 aout 1914.

DAROZ Gustave
Gustave Toussaint DAROZ est né le 23 mai 1889 à Chailley. Il est le fils de Emile DAROZ manouvrier à Chailley et de Victorine, Alexandrine PICHON.  De la classe 1909, il est incorporé comme Soldat de 2ème classe, par le ventre de recrutement de Sens, dans le 76ème régiment d'Infanterie 11ème bataillon sous le matricule 506. Il est mort pour la France le 9 septembre 1914 à Louppy le Château dans la Meuse, tué à l'ennemi. Son acte de décès est transcrit le 15 mai 1920 à Paris 15ème (Seine). Il est mort à l'âge de 25 ans.

REVEILLARD René
René Auguste REVEILLARD est né le 19 octobre 1893 à Montoire dans le Loir et Cher. De la classe 1913, il a été incorporé comme Soldat de 2ème classe par le centre de recrutement de Sens dans le 82ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 87. Il est mort pour la France à Varennes dans la Meuse, tué à l'ennemi. Il avait 21 ans. L'acte de décès est transcrit le 9 avril 1915 à Chailley.

MOREAU Emile
Emile, Charles, Alexandre MOREAU est né à Joigny le 1er avril 1893. De la classe 1913, il a été incorporé par le centre de recrutement de Sens dans le 37ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 241. Il est tué à l'ennemi le 5 juillet 1916 à Curlu dans la Somme. Son acte de décès est transcrit le 30 janvier 1917 à Appoigny.

BERTY Paul 
Paul Albéric  BERTY est né le 9 juin 1885 à Chailley. Il est incorporé par le bureau de recrutement de  Sens dans le 4ème Bataillon de Chasseurs, en qualité de Soldat de 2ème classe et le numéro de matricule 613. Il est mort pour la France, tué à l'ennemi,  le 28 septembre 1914 , à Capy dans la Somme. Son acte de décès est transcrit à Chailley le 13 septembre 1917.

LEDOUX Pierre
Pierre Louis Alphonse LEDOUX est né le 4 juin 1890 à Fontenouille dans l'Yonne. Son père Pierre Alphonse LEDOUX est instituteur et sa mère Louise Appoline BRUNAT, institutrice à Fontenouilles.  Il est incorporé par le 6ème bureau de recrutement de la Seine dans le 25ème Régiment d'Infanterie sous le numéro de matricule 500. Il est tué à l'ennemi le 25 octobre 1914 à Blanzy Saint Laurent dans le Pas de Calais. Son acte de décès est transcrit le 9 octobre 1917 à Paris dans le 9ème arrondissement (Seine). Sa famille maternelle BRUNAT étant localisée à Chailley, c'est sans doute pour cette raison que son nom apparait sur le Monument aux morts de Chailley.


GOURMAND Georges
Georges Narcisse GOURMAND est né le 28 octobre 1879 à Chailley. Il est le fils d'Alexandre GOURMAND, Charbonnier et de Emma BAILLET, domiciliés au Vaudevanne. Il se marie avec Joséphine Euphrasie DURVILLE le 21 juillet 1907 à Saint Fargeau. De la classe 1899, Il est incorporé comme Soldat dans le 331 ème Régiment d'Infanterie sous le numéro 576. Il est disparu au combat à Vauquois dans la Meuse le 30 octobre 1914. Son décès est transcrit le 18 janvier 1920 à Neuilly Plaisance dans la Seine et Oise.

Félix Albert DELAGNEAU est né le 22 décembre 1894 à Chailley. Il est le fils de Albert, Alexandre DELAGNEAU, cultivateur et de Marie Amélie Isabelle BAUDOIN, cultivatrice. Il est incorporé comme apprenti marin dans le 2ème Régiment de Fusilliers marins sous le numéro 28504. Il est mort pour la France, à 20 ans, le 17 décembre 1914 dans le combat de Zuydschoote en Belgique. Son décès est transcrit le 3 octobre 1920 à Chailley. Cette mort au combat nous rappelle qu'au début de la Première Guerre mondiale, les troupes allemandes traversèrent la frontière belge près de Arlon, en traversèrent rapidement le pays afin de sécuriser les ports français de Calais et Dunkerque. Lorsque l'armée allemande arriva aux environs de Dixmude en octobre 1914, les Belges avaient inondé la région en ouvrant les écluses de l'Yser. La rivière devient une ligne de front. La ville est  attaquée une première fois le 16 octobre 1914, ce qui marque le début de la bataille de l'Yser. C'est là que Félix Albert est  tué.



MORTS en 1915


NEVEU Arthur
Arthur NEVEU est né le 8 janvier 1890 à Bussy en Othe. Caporal du 26ème Régiment d'Infanterie il portait le matricule 363, est mort le 25 septembre 1915 à Beauséjour dans la Marne, tué à l'ennemi.
L' acte de décès est transcrit le 12 avril 1922 à Paris 16ème.

PASTIAU André
Né le 9 aout 1891 à Vincennes dans le département de la Seine, le bureau de recrutement de Mamers l'incorpore au 161ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 834. Il est mort pour la France, tué à l'ennemi, à Saint Hilaire le Grand dans la Marne. Son acte de décès est transcrit le 27 aout 1921 à Vernie dans la Sarthe.

RATON Gaston
Gaston Raoul RATON est né à Tonnerre le 30 aout 1870 à Tonnerre dans l'Yonne. In est incorporé au centre de recrutement de Sens pour intégrer le 33ème Régiment d'infanterie territoriale sous le numéro 166. Il est mort pour la France le 15 novembre 1915, malade d'un sarcome du cou, décédé à l'hôpital de Caudéran en Gironde. Son décès est transcrit à Paris 7ème.

BERTY René
René Charles BERTY est né à Chailley le 19 mai 1892. Il est incorporé au 2ème groupe cycliste sous le matricule 302. Sa classe est de 1912. Il est mort pour la France, tué à l'ennemi le 14 décembre 1915 à Vého en Meurthe et Moselle. Son décès est transcrit le 10 mars 1918 à Chailley.


DESCUSSES René
René Fernand DESCUSSES est né le 14 décembre 1886 à Cerisiers dans l'Yonne. Le centre de recrutement de Fontainebleau l'incorpore au 46ème Régiment d'Infanterie sous le numéro 98. Il est mort pour la France le 28 février 1915 à Vauquois dans la Meuse. Son décès est transcrit le 30 septembre 1925 à Chailley.


FROMONT Maurice
Maurice, Victor, Léon FROMONT , né le 8 octobre 1882 à Chailley. Il est incorporé comme Caporal au 89ème Régiment d'infanterie sous le matricule 605. Il est mort pour la France entre le 17 et le 24 mars 1915 à Vauquois dans la Meuse, tué à l'ennemi. Son décès est transcrit le 21 juin 1915 à Chailley.

PINARD Léon
Léon, Marcellin PINARD est incorporé comme soldat de 2ème classe dans le 44ème Bataillon de Chasseurs à pied sous le numéro 623. Né le 10 décembre 1886 à Chailley, il est mort le 17 avril 1915 à Carency dans le Pas de Calais, tué à l'ennemi. Son décès est transcrit à Chailley le 21 mars 1916.

BOUVIER Marcel
Edouard, Marcel BOUVIER est né le 11 novembre 1882 à Chailley. De la classe 1902, il est incorporé comme 2ème classe dans le 4ème BCP, Bataillon de Chasseurs à Pied, sous le matricule 588. Il est disparu le 26 avril 1915, à Brielen en Belgique. Le décès est transcrit à Chailley le 26 avril 1920.

BEHOTTE Gustave
Gustave Louis BEHOTTE est né le 25 janvier 1884 à Chailley. Il a une taille de 1 mètre et 65 centimètres, les yeux gris,  et a un visage ovale et ses cheveux sont châtain clair.  Il exerce la profession de garçon de café. Il est le fils de Louis BEHOTTE et de Marie Alaine VIE domiciliés à Chailley. De la classe 1904, il est reconnu apte au service armé et incorporé par le centre de recrutement de Chalons sur Marne, puisqu'il habitait à cette époque dans cette commune depuis 1908. Il est affecté au 161ème régiment d'Infanterie dans lequel il est arrivé le 1er juin 1914. Il est passé au 2ème Régiment d'infanterie puis dans le  47 ème Régiment d'infanterie le 11 juin 1915 en qualité de soldat 2ème classe matricule 528. De 2 novembre 1914 au 11 juin 1915, il lutte contre l'Allemagne. Il est tué à l'ennemi le 13 juin 1915 à Ecurie près d'Arras dans le Pas de Calais. Un secours de 150 francs a été accordé à sa veuve Mme BEHOTTE. Le 2 octobre 1916, il est réinscrit à la subdivision de Sens.

MILLON Louis
Louis Maurice MILLON est né le 27 avril 1882 à Chéu dans l'Yonne; Il est incorporé par le centre de recrutement d'Auxerre comme Lieutenant dans les Tirailleurs Marocains. Il est mort pour la France le 6 octobre 1915 à Louain dans la Marne. Son décès est transcrit l 10 mars 19212 à Bar dans l'Aube.


TROMPAT Henri
Léonard Henri TROMPAT est né le 27 septembre 1889 à Chailley. Il est incorporé dans le 89ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 528. Il est mort le 14 juillet 1915 à la Haute chevauchée dans la Meuse, tué à l'ennemi. Soldat de 2ème classe, son décès est transcrit le 2 novembre 1915 à Chailley.

DELAGNEAU Anatole
Anatole, Jules DELAGNEAU est né à Venizy le 15 aout 1885. Il est soldat de 2ème classe, incorporé par le bureau de recrutement de Rouen Nord dans le 7ème Régiment de Chasseurs sous le matricule 624. Il est mort pour la Franc de blessures de guerre au Bois le Prêtre dans la Meuse le 30 juillet 1915. Son décès est transcrit le 26 septembre 1915 à Chailley.



MORTS en 1916


RATON René
René Félix RATON est né le 23 juin 1894 à Chailley. Le centre de recrutement du 2ème bureau de la Seine l'incorpore au 166ème Régiment d'Infanterie matricule 742. Il est mort pour la France le 29 mai 1916, tué à l'ennemi, au bois des Chevaliers à Vaux les Palameix dans la Meuse. Son décès est transcrit le 17 juillet 1916 à Paris 7ème.

GIORZA César
César GIORZA est né le 29 février 1876 à Salussola en Italie . Il est incorporé comme Soldat au 298ème Régiment d'Infanterie, matricule 63. Il meurt pour la France le 29 juin 1916 de ses blessures de guerre à l'hôpital de Giessen en Allemagne. On peut supposer qu'il a été fait prisonnier par les Allemands. Son décès est transcrit à Chailley le 1er mai 1919.

NEVEU Gustave
Gustave NEVEU, est né à Bussy en Othe le 29 septembre 1878. Il est incorporé par le bureau de recrutement de Sens comme Sapeur dans le 1er Régiment du Génie sous le matricule 10. Il est disparu le 23 juin 1916 au Fort de Souville dans la Meuse.  Son décès est transcrit le 18 octobre 1921 à Chailley.

RENUZEAU Léon
Léon, René RENUZEAU ets né le 26 octobre 1893 à Chailley. De la classe 1913, incorporé  comme soldat de 2ème classe dans le 37ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 86, il est tué à l'ennemi le 6 juillet 1916 à Curlu dans la Somme. Son acte de décès est transcrit le 3 octobre 1916 à Chailley.

DUPRESSOIR Henri
Henri DUPRESSOIR est né le 13 février 1879 à Chailley.  il  est incorporé dans le 279ème Régiment d'infanterie comme Soldat 2ème classe sous le numéro 562. Il est tué le 23 septembre 1916 à l'hôpital auxiliaire ADF de Levallois-Perret dans la Seine suite à des blessures de guerre. Son acte de décès est transcrit le 23 septembre 1916 à Chailley.


MORTS en 1917


BERLIN Jacques
Jacques Pierre BERLIN est né le 25 mai 1887 à Cerisiers. Il est le fils de Charles Arthur BERLIN et de Annette BAUER habitant à Chailley. Il a les cheveux châtains, les yeux gris et mesure 1,62 m.  Le 7 octobre 1908, il est incorporé  au 1er Régiment du Génie et rendu disponible le 25 septembre 1910 avec un certificat de "bonne conduite". Il est affecté au 1er Régiment de Génie de Versailles. Le 3 aout 1914, il est incorporé dans le 1er Régiment du Génie sous le matricule 586 en qualité de Sapeur.  Son régiment a pour mission le 13 avril de construire des ponts de bateaux d'équipage sur l'Aisne à 1500 mètres des premières lignes de front.   Il est tué à l'ennemi le 15 avril 1917, dans le secteur de Juvincourt, dans le territoire de Berry au Bac. Son acte de décès est transcrit le 18 septembre 1916 à Chailley. Un secours de 150 francs est accordé à sa veuve Mme BERLIN Corinne.


PARIGOT Léon
Léon Joseph PARIGOT est né le 7 janvier 1897 à Venizy. Ses parents sont Eugénie RAYAT et Alexandre Isidore PARIGOT, demeurant à Chailley. Il mesure 1,68 m, ses yeux sont gris et ses cheveux Châtains. Il est ouvrier agricole.  Il est incorporé comme Soldat de 2ème classe dans le 67ème Régiment d'Infanterie, matricule 86. Il est tué à l'ennemi le 4 septembre 1917 dans les Bois des Fossés à Beaumont dans la Meuse. Il s'agit de la deuxième offensive de la bataille de Verdun engagée le 20 aout 1917.
Artillerie dans la Meuse en septembre 1917

En septembre 1917, l'armée française repousse l'attaque allemande aux bois des Fossés, action militaire lors de laquelle périt Léon Joseph.  Son acte de décès est transcrit à Chailley le 17 juin 1922.

GUILLAUME Louis
Louis Jules GUILLAUME est né le 1er octobre 1877 à Chailley. Il est incorporé avec sa classe 1897 dans le 233ème Régiment d'Infanterie matricule 40. Il est mort à Saint Florentin de pleurésie purulente contractée en Lorraine. Son décès est transcrit à Chailley, lieu de son dernier domicile.

MORTS en 1918


TRUCHY Louis
Louis Albert TRUCHY est né le 15 septembre 1881 à Chailley. Ses parents sont Louis TRUCHY et Colombe Fanny FROMONT, demeurant à Chailley. Il est charbonnier.Il mesure 1,64 m, ses cheveux châtains Il est incorporé le 11 aout 1944, sous le matricule 523 comme soldat de 2ème classe dans le 289ème Régiment d'Infanterie. Il est mort pour la France le 9 mai 1918, décès constaté le 10 mai 1918,  sur le Champ de bataille de Brétigny dans l'Oise contre l'Allemagne décédé de blessures de guerre. Son décès est transcrit le 25 février 1919 à Auxerre, lieu de son d'habitation depuis 1901. En 1914 , il demeure à Paris 16ème.

GARNIER Fernand
Fernand GARNIER est né le 6 juin 1890 à Chailley. Incorporé comme Soldat dans le 21ème Régiment du Génie sous le matricule 382, il est mort pour la France le 13 mai 1918 dans le secteur de Mont sans nom dans la Marne, tué à l'ennemi. Son décès est transcrit le 15 septembre 1918 à Chailley.

REVEILLARD Eugène
Eugène Henri REVEILLARD ets né le 21 décembre 1891 à Montoire dans le Loir et Cher. Il est incorporé par le bureau de recrutement de Sens comme Caporal dans le 1er Régiment de Zouaves. Il est mort pour la France, tué à l'ennemi, dans la Forêt de Retz dans l'Aisne. Son décès est transcrit le 31 juillet 1920 à Chailley.

FOURNIER Henri
Henri Emile FOURNIER est né le 22 décembre 1918 à Chailley. Il est incorporé comme Soldat dans le 167ème Régiment d'Infanterie sous le matricule 53. Il est mort pour la France le 17 septembre 1918 en route vers  l'Hôpital d'évacuation de Pierrefonds dans l'Oise dans l'ambulance 226/10, du fait de ses blessures de guerre.
Ambulance militaire en 1918
 Son décès est transcrit le 29 janvier 1919 à Chailley.

Constat


On constate que certains poilus sont inscrits sur le monument aux morts de Chailley alors qu'ils ne ne sont pas nés dans  cette commune. Ils y ont sans doute habité, ils ont des parents y habitant, leur décès a été transcrit par la commune. J'ai précisé les réponses dans cet article lorsque je pouvais en disposer.

Sur les 33 Poilus mentionnés sur le Monument aux morts,  18 sont nés à Chailley. 1 Poilu est né à Arces dans l'Yonne, 1 à Joigny, 1 à Fontenouille, 2 à Bussy en othe, 1 à Tonnerre, 1 à Cerisiers, 2 à Chéu, 2 à Venizy. 4 sont nés dans un autre département dont 2 à Montoire dans le Loir et Cher, 1 à Vincennes dans la Seine, 1 en Italie. 

Site Mémorial Genweb

Souhaitant partager mes recherches, je vais compléter les fiches du site Memorial Genweb.

Fiche d'un Mort pour la France de Chailley , à compléter sur le site Mémorial GenWeb

Appel aux familles de Chailley


Pour compléter cette recherche, je recherche des photos des poilus. Merci aux familles qui voudront bien contribuer à préserver cette mémoire.








mardi 10 décembre 2013

Hommage à Mandela : souvenir de la campagne anti OUTSPAN en 1975


Nelson MANDELA


Nelson MANDELA est décédé le 5 décembre 2013, à l'âge de 95 ans,  et les hommages affluent.


Nelson Mandela 2012


Me reviennent des souvenirs de la lutte féroce contre l'apartheid. Je me souviens de mon engagement, en tant qu'étudiante à Paris, dans la campagne anti OUSPAN.

Je vais évoquer avec vous mes souvenirs :

Etudiante à l'IEDES, Institut d'études du développement économique et social, situé rue de la Glacière à Paris 13ème, je partage les cours avec d'autres étudiants d'origine étrangère (sud-américaine, africaine, moyenne orientale). Cette diversité -assez rare à l'époque- et le contenu de nos cours imprégnés des idées tiers-mondistes, nous sensibilise aux questions internationales.

1948 L'apartheid en Afrique du sud


L'apartheid, système politique basé sur la ségrégation raciale, a été mis en place en Afrique du Sud en 1948.  Les afrikaans blancs (langue parlée par les descendants des Hollandais qui avaient immigré en Afrique du Sud) disposent de droits dont ne disposent pas  la population locale noire. Les noirs et les autres communautés (métis, indiens) n'ont pas le droit de vote, ne sont pas représentés au Parlement, sont sous rémunérés. 95 % des noirs n'accèdent pas à un niveau supérieur à l'école primaire. Les mariage mixtes sont interdits. Tous les lieux et les services publics dont l'objet de la ségrégation raciale comme les transports, les plages, l'éducation. Les jeunes non blancs doivent porter un passeport indiquant leur race.

Les mouvements de défense des noirs se sont organisés. C'est en 1923 que l'ANC (Congrès National Africain), parti politique sud-africain est créé. En 1960, des nombreuses manifestations sont organisées en Afrique du sud avec le soutien de l'ANC. La répression est sévère et l'ANC est violemment réprimé puis interdit en 1960.

1964 : MANDELA emprisonné


Leur leader Nelson MANDELA est condamné à la prison à perpétuité en 1964.

La lutte s'est poursuivie dans le pays et en exil. Des pressions internationales de sont faites de plus en plus fortes pour l'abolition de ce système. En 1962, L'ONU prône l'isolement du régime de l'apartheid. En 1968, l'Afrique du sud est exclue des JO de Mexico.

1960 : Les Oranges OUSPAN, richesse du pays 


A cette époque, l'orange OUTSPAN est  largement présente sur les étals des supermarchés français et européens. C'est une des richesses de l'Afrique du Sud.

Publicité pour l'orange Outspan en1960

Les exploitations agricoles sont exclusivement la propriété des blancs et les travailleurs noirs y travaillent, parfois dès l'âge de 8 ans, 14 heures par jour pour des salaires de famine. L'orange sud africaine devient le symbole de l'exploitation des travailleurs noirs.

1970 : Campagne de Boycott anti-outspan


Dans les années 70, démarre une vaste campagne de boycott contre les oranges OUSPAN. L'idée de cette campagne est de faire pression sur le gouvernement sud-africain en vue d'abolir ce système de l'apartheid. L'impact économique était insignifiant mais la pression politique pouvait être une arme. C'était une idée utopique.

La provenance des documents et des tracts  reste assez floue. Le parti communiste et la CGT sont actifs, le PSU et les mouvements chrétiens sont présents. Les mouvements d'extrême gauche sont actifs. Des comités locaux sont créés.

Dans notre établissement, le comité est animé par une jeune étudiante engagée plutôt à l'extrême gauche. La campagne d'information démarre en 1976 dans mon école. Elle veut faire connaitre les réalités du système de l'apartheid. Je la découvre avec les autres étudiants. Nous allons distribuer des tracts, sensibiliser les étudiants des universités parisiennes, organiser des réunions, nous mobiliser. L'abolition de l'apartheid devient l'objectif des luttes de tous les humanistes.


Affiche campagne anti outspan en 1975
Ces actions sont partie prenante de tout un ensemble de pressions internationales. Elles déboucheront sur la libération de Nelson MANDELA.


1990 : Libération de MANDELA


Nelson MANDELA est libéré en 1990, après 26 ans d'emprisonnement.

1991 : L'apartheid est aboli


 En 1991, l'apartheid est enfin aboli officiellement.

1994 : MANDELA Président de la République


Il est élu président de l'Afrique du Sud en 1994.


Les militants anti-apartheid, chacun à leur place, même modeste,  ont apporté leur grain de sable à cette grande histoire. J'en suis fière.

mardi 3 décembre 2013

Parcours d'un poilu à travers ses cartes postales

Lucien GUIBERT, 

soldat au 6ème régiment d'artillerie à pied, 

puis dans la Division d'Orient à Salonique


Lucien GUIBERT en 1914

Lucien Arthur GUIBERT (Sosa n°14) pose fièrement dans l'album de famille en tenue de soldat. La photo est datée, au dos,  de 1914.  J'en déduis que mon arrière grand père, comme toute sa génération, a été un poilu. La photo indique qu'il est soldat du 6ème régiment d'artillerie à pied.

Lucien est né le 19 février 1887 à Guerchy dans l'Yonne. Il est intégré, 20 ans après sa naissance, dans la Classe 1907. Malgré la numérisation des registres matricules par les Archives départementales de l'Yonne, je n'ai retrouvé son nom dans les listes. Il est vraisemblable qu'il demeurait dans un autre département et que son nom se retrouve ailleurs. Pour l'instant je n'ai aucune indication qui me permette de pousser mes recherches.


Acte de naissance de Lucien GUIBERT à Guerchy

A 24 ans, il se marie avec Thérèse Jeanne BRUNEAU, le 29 avril 1911 à Guerchy (Yonne).  Sa fille Germaine est née le 8 janvier 1914 à Auxerre.   Il exerce le métier de Conducteur des travaux des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT).  Il installe les poteaux et les lignes de téléphone, le long des rails de chemins de fer.

Il a 27 ans, le 2 août 1914, lorsque l'ordre de mobilisation générale est décrété par le Président de la République.

Ordre de mobilisation générale le 2 août 1914

Son fils Robert  nait le 23 avril 1915 à Guerchy. Son père est déjà parti au front et sa mère Thérèse est retournée vivre chez ses parents à Guerchy. Leur séparation durera 4 longues années.

Collection de cartes postales anciennes

J'ai retrouvé des cartes postales que Lucien adressait à son épouse depuis le Front. J'ai tenté de retracer son parcours à travers ces cartes postales lointaines. Celles-ci ont été conservées dans un carton par Thérèse, puis par sa fille Germaine, enfin à ma mère Arlette qui me les a remises. Je les ai lues (l'écriture est régulière tracée au crayon à papier), classées et j'ai retrouvé une chronologie.
Ces cartes postales ne sont pas banales car pour l'essentiel, elles proviennent de Salonique en Grèce. Leur nombre est d'une centaine. Le problème est que ces cartes ne sont pas datées car il y avait surement des consignes strictes liées à la sécurité et à la censure. Les informations sont donc assez banales et ne permettent jamais de connaitre des informations stratégiques. Il faut donc comparer ces cartes avec les périodes historiques grâce à des recherches complémentaires.  Ces cartes postales nous font entrer dans la Grande Histoire.

La Grande Histoire : La poudrière des Balkans

Le 28 juin 1914, l'Archiduc François Ferdinand, héritier du trône Austrois-Hongrois est assassiné par un nationaliste Serbe. Le mois suivant l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Les jeu des accords entraine la première guerre mondiale. L'Allemagne forme avec l'Autriche-Hongrie "l'alliance des empires centraux" et la Russie, la Grande-Bretagne et la France forment la "triple entente" et sont alliés à la Serbie. Peu après la guerre s'étendra à d'autres pays des Balkans et au delà. L'armée française d'Orient est une unité de l'armée de terre française qui combat durant la première guerre mondiale sur le front d'Orient de 1915 à 1918. En 1916, l'armée française d'Orient fait partie des armées alliées d'Orient regroupant les armées britannique, serbe, italienne, russe et grecque. Elles provoqueront la défaite de la Bulgarie, reconquièrent la Serbie, la Roumanie et envahissent l'Autriche-Hongrie.





Carte de Balkans en 1910

La Campagne d'Orient : le départ de Lucien Guibert

De 1915 à 1918, ce sont plus de 500 000 soldats français qui quittent le territoire national pour être engagés dans des opérations contre les Turcs aux Dardanelles, puis en octobre 1915 contre les Bulgares en Macédoine. Il faut imaginer Lucien GUIBERT transporté dans un de ces énormes navires en destination de la Macédoine. Il aperçoit la Corse, il passe devant la Tunisie, longe les côtes d'Afrique et approche des côtes de la Grèce.  Il est intégré dans 7ème régiment de la Division d'Orient.


Le débarquement des troupes dans les Balkans 


Belgrade en Serbie

Lucien GUIBERT envoie une carte de la capitale de la Serbie, Belgrade, bombardée en juillet 1914 . Il sent le dépaysement après ces longs jours de voyage et  dit à Thérèse qu'il se trouve bien loin,  à 2220 kilomètres de Paris, par le chemin de fer.

Belgrade bombardée

Dans une de ses cartes du camp franco-serbe de Banitsa, situé près de Belgrade, il  évoque "la retraite de Serbie". En effet, l'entrée en guerre des Bulgares, en septembre 1915, provoque l'effondrement de l'armée serbe qui doit se replier à Corfou. C'est à ce moment que la France décide d'organiser une armée nouvelle confiée au Général Sarrail. Les troupes françaises se replient en Macédoine. Un autre front s'ouvre alors, celui de Salonique, où se retrouvent les troupes retirées des Dardanelles. Lucien GUIBERT fait partie de ces troupes.

Expédition de Salonique

En octobre 1915, à Salonique ont été débarquées les deux premières divisions françaises et une division sous le commandement français du Général Sarrail pour porter secours à l'armée Serbe. Au total ce sont 400 000 soldats qui sont engagés dans ce théatre d'opération. Les cartes postales que Lucien adresse à son épouse témoignent qu'il était bien sous le commandement du Général Sarrail, dans la  Division d'Orient.


Régiment d'infanterie dans les Balkans 1915

Lucien au camp de Zeitinlick 


Le Camp de Zeitinlic près de Salonique Guerre 14-15
Plusieurs cartes postales proviennent du camp de Zeitinlick. Elles laissent supposer que Lucien GUIBERT y séjournait. Ce camp est situé à deux heures de Salonique. C'est essentiellement un camp de tentes. On constate bien sur la carte ci-dessus, les conditions de vie précaires des soldats. Des témoignages de poilus indiquent que l'eau est rare et souvent polluée. Des puits sont creusés et des citernes installées. En journée, les soldats creusent des tranchées autour de Salonique. Une carte postale   représente les soldats dans une tranchée. Ils posent face à l'appareil photo. Je pense que les conditions de vie dans les tranchées étaient bien plus terribles que la photo le laisse supposer.


Les tranchées dans les Balkans 


Le soir, ils retrouvent leur campement insalubre. Des hôpitaux de campagne sont improvisés sous des tentes. Lucien évoque dans une carte sa solde bien maigre. Elle est de 5 francs et le ravitaillement arrive difficilement. Il raconte manger de la soupe et du riz ou des haricots rouges. Il aime les  haricots rouges mais ils provoquent des coliques, dit-il. Malgré ces conditions de vie difficiles, Lucien poursuit son dialogue écrit avec sa chérie et lui envoie cette jolie carte des costumes de Salonique sur laquelle apparait son écriture en crayon à papier.

 Lucien GUIBERT écrit à son épouse


Général Sarrail


Plusieurs cartes postales de Lucien mettent en scène le Général Sarrail au camp de Zeitinlic. Le 11 août 1916 ,  ce dernier prend le commandement en chef des armées alliées d'Orient . Il sera rappelé à Paris en décembre 1917.

le Général Sarrail à Zeitinlic

A la fin août 1916, l'armée française dispose à Salonique de 50 000 combattants dont 30 000 fantassins. Il faut y ajouter 42 000 Anglais, 51 000 Serbes et 10 000 Italiens.


Transfert de Lucien à l'Hôpital de Marine Saint-Mandrier à Toulon

Le bilan humain de l'armée d'Orient est catastrophique. On compte 70 000 tués, disparus ou décédés de maladie. il y aura 44 500 blessés, 283 000 malades. Le typhus, la dysenterie, le paludisme font des ravages sur le front. Le périple d'évacuation des blessés est difficile. Les plus graves sont évacués par des vaisseaux de guerre jusqu'au navire hôpital mouillé au Cap Hellés.  Cinq navires (Asie, Bretagne, Flandres, Charles Roux, La Navarre, Sphinx) assurent des rotations jusqu'aux hôpitaux de Toulon et de Marseille, ramenant à chaque fois 500 blessés ou malades.

Le 23 novembre 1916, une carte postale de M. Blanchon est adressé à Lucien GUIBERT à l'Hôpital de Toulon.

Courrier à l'Hôpital de Toulon 1916

J'apprends donc que Lucien a été blessé sur le terrain et qu'il a été soigné à Toulon. Il écrit à Thérèse qu'il a était installé dans un lit près des grandes fenêtres. envoie plusieurs cartes du navire hôpital France IV où il a du être transféré avant son départ pour Toulon.  Dans une carte du 11 février 1916, de Nîmes,  il précise avoir l'épaule et le bras engourdis mais beaucoup moins que pour la typhoïde. Je dispose d'une indication sur sa santé et sur la maladie infectieuse qu'il aurait contracté près de Salonique.

Navire Hôpital


Lucien sur le front de l'ouest en France en 1917

Après ses soins qui semblent avoir duré plusieurs semaines, il n'est pas renvoyé en Orient. Il est intégré dans le front de l'ouest.  Les cartes postales reprennent en 1917, en provenance du Doubs, du Nord, du Pas de Calais, de Franche Comté. Il est toujours mobilisé au sein du 7ème régiment de la Division d'Orient  jusqu'en 1918.

En février 1917, il est basé à la caserne de Hazebrouck, dans le Nord. Cette ville est bombardée par les Allemands la même année. En équipe, il se déplace jusqu'à Béthune pour installer des poteaux des postes et télécommunications le long des lignes de chemins de fer. Lors des interventions, ils sont cantonnés dans des familles.

En novembre 1917, il est dans le Doubs, à la frontière franco suisse. Il souffre du froid et de la neige et réclame un envoi de paires de chaussettes. Bien qu'il se plaigne de la censure qui l'empêche de recevoir certaines lettres de Thérèse, il demande dans un de ses écrits à son épouse de lui envoyer 20 francs pour améliorer son quotidien. Ses conditions de vie doivent être tout de même moins difficiles qu'en Orient. Mais la famille est loin et le retour pas encore annoncé. Les canons continent à tonner.

L'armistice du 11 novembre 1918

Dans une carte d'octobre 1918, en provenance de Vesoul, il évoque la fin de la guerre. La signature de l'armistice permet à Lucien de revenir enfin à Auxerre et de retrouver ses deux mignons, comme il dit, Germaine âgée de 4 ans et Robert âgé de 3 ans.

Silence et cartes postales

Jamais je n'ai entendu une seule information ou anecdote sur sa vie de poilu. Silence complet. Les cartes postales transmises à travers 4 générations m'ont permis d'évoquer cette période partagée par tant de ses compatriotes. Je découvre seulement maintenant le parcours de cet homme et de ses camarades. Le centenaire de la grande guerre est l'occasion idéale pour évoquer cette mémoire.


Lucien et moi

Mon arrière Grand-père Lucien, que j'ai un peu connu, était un bel homme distingué, gentil et discret. Il a vécu la fin de sa vie, dans une pièce aménagée à l'intérieur de la maison de sa fille Germaine dans la commune de Chailley. Une relation particulière me relie à Lucien. Il est décédé à Chailley (Yonne) , sur le banc placé devant la maison. Il regardait ses arrières petits enfants jouer. Il est mort dans la joie au milieu des enfants. C'est nous qui avons averti ma grand-mère, sa fille, parce qu'il ne bougeait plus sur ce banc. Une inquiétude nous a saisi, sans comprendre. Ce sera ma première rencontre avec la mort. Un souvenir gravé à tout jamais dans ma mémoire.


Lucien Guibert et son arrière petite fille en 1956