mercredi 15 octobre 2014

Sur les traces d'Henri MANIGAUT, Poilu MPF


Mon challenge généalogique a été de retrouver la trace du grand-père d'une amie qui a disparu à la guerre, Mort pour la France et inscrit sur le monument aux morts de sa commune : Chailley dans l'Yonne en Bourgogne.

Elle m'a donné 8 photos et c'est tout.

J'ai donc examiné avec attention ces photos, à la loupe, pour découvrir le régiment inscrit sur le col du costume de Monsieur Henri Manigaut : le 8ème Régiment d'artillerie à pied.

J'ai consulté bien sur le site Mémoire des hommes pour retrouver sa fiche matricule et les JMO de son régiment. Puis les archives départementrales de l'Yonne pour accéder à son livret militaire à partir de son numéro matricule.

J'ai retrouvé la trace des ses parents dans le sénats civils numérisés des archives départementales de l'Yonne. 

Muni de tous ces éléments, j'ai reconstitué son parcours. J'ai tenté de redonner un peu de vie à cette personne, ce grand-père que mon amie n'avait jamais connu, mort trop tôt dans une Guerre qui le dépassait. Je suis contente de rendre hommage à ce Poilu inconnu en dehors des souvenirs laissés dans ces quelque photos et dans la transmission orale familiale.

Henri, je suis heureuse de te redonner vie, humanité et de partager avec toute ta famille et les habitants de ta commune, les traces glorieuses de ta courte existence.

Réalisation d'une fiche descriptive 
présenté dans l'exposition "Les poilus de Chailley" octobre et novembre 2014

Un soldat dans la Grande Guerre

MANIGAUT Henri
(1888-1923)


Henri Félix Jean Baptiste MANIGAUT est né à Chailley le 15 juillet 1888.
Famille
Il est le fils de Marcel Casimir MANIGAUT, Cultivateur et de Berthe Marie Louise BOISSEAU demeurant à Chailley.
Profession
Cultivateur.
Date incorporation
De la classe 1908, il a été incorporé par le centre de recrutement de Sens à l’âge de 26 ans.
Régiment d’incorporation
Il est affecté le 2 août 1914 au 6ème Régiment d'Artillerie à pied, comme Maréchal des Logis sous le matricule 519.
Affectations successives
Le 1er mars 1916, il est affecté au 8ème Régiment d’Artillerie à pied. Le 16 novembre 1918, il est passé au 153ème Régiment d’artillerie à pied puis le 19 avril 1919 au 105ème Régiment d’Artillerie lourde.
Campagnes
Contre l’Allemagne aux armées du 02/08 1914 au 08/06/1919.
Intérieur camp simple du 09/06/1919 au 10/07/1919.
Citation
Cité à l’ordre du Régiment n° 54 le 23 aout 1918.
Excellent sous officier au front depuis le début de la campagne. Le 15/08/1918, a fortement contribué par son énergie et son entrain à maintenir pendant près de 24 heures la régularité du tir de la 13ème soumis à un violent bombardement.
Décoration
Décoré de la Croix de Guerre Etoile de Bronze.
Démobilisation
Il est démobilisé le 11 juillet 1919.
Décès
Décédé le 17 septembre 1923 à Chailley à l’âge de 35 ans.



CORRESPONDANCE du FRONT de Henri MANIGAUT
 à ses Parents, M. et Mme Marcel MANIGAUT,  Cultivateur à Chailley

ARCHIVES FAMILIALES de Françoise GRELLAT-GABRIOT




 
A droite, Henri MANIGAUT,  incorporé dans le 8ème Régiment d'Infanterie



7 décembre

Chers Parents
J’ai reçu votre lettre qui m’a fait bien plaisir. Je suis heureux d’apprendre que vous êtes toujours tous en bonne santé. Quant à moi pour le moment elle est aussi bonne que possible. Comme j’ai pu me faire photographier, je vous en adresse une qui, j’espère, vous fera plaisir. Je termine en vous embrassant de tout cœur.
Votre fils affectionné.
Henri.





Photographie du 3 juillet 1917 – En permission

Henri MANIGAUT, debout à droite de la photo



Photographie du 21 décembre 1917



Henri MANIGAUT, debout à droite de la photo




Photographie et carte postale du 22 mai 1918


 
Henri MANIGAUT,  derrière le chien, au milieu de la photo

Carte postale du 22 mai 1918

  


Une photo remarquable : Les soldats à la messe sur le Front

Rapportée par Henri Manigaut, non datée



La messe au 8ème Régiment d'infanterie en 1918



REMARQUES SUR LA CENSURE MILITAIRE

La correspondance de Henri MANIGAULT n’indique jamais les lieux où il se trouve. Il lui est interdit de donner des mauvaises nouvelles. Dans toutes ses cartes écrites à ses parents, il dit bien se porter. Il devait avoir accès à  un appareil photo car il s’est fait prendre plusieurs fois de façon fière, en uniforme et  orné d’une magnifique moustache bien entretenue.







mardi 14 octobre 2014

Histoire de la construction du Monument aux Morts de la commune de Chailley

Toutes les nations qui ont participé à la Grande Guerre ont éprouvé le même désir de fixer dans la pierre et le bronze le souvenir de ce conflit. Chaque commune ou presque, veut avoir le sien.

MONUMENT DU SOUVENIR
Jusqu’ici, les monuments étaient érigés à la gloire des princes, des puissants, des chefs de guerre. Pour la première fois, on voit apparaître, au centre de l’espace public, des monuments élevés pour rendre hommage à de simples soldats, à des hommes dont, jusque-là, on faisait peu de cas dans les guerres et les batailles. Bon nombre de communes rurales ne possédaient jusque-là d’autre monument que leur église. Les monuments aux morts sont, pour la plupart des communes rurales, le premier monument digne de ce nom qui soit érigé par tous et pour tous. 


CHAILLEY REND HOMMAGE A SES SOLDATS MORTS AU COMBAT
Chailley, qui a perdu 33 hommes dans les combats de la guerre de 14/18, souhaite rendre hommage à ses Morts pour la France. Les registres municipaux  permettent de retracer l’historique de la construction du Monument aux morts de la Commune, érigé sur la place de la Mairie. Seront ajoutés les noms des Morts pendant la Guerre de 39/45. 


Plaques commémoratives à Chailley en 1918

 A LA MAIRIE EN 1918
Dans sa délibération du 13 septembre 1918 approuvée par le Préfet de l’Yonne, le Conseil municipal de Chailley dirigé par M. le Maire BRUNAT vote la création d’une plaque commémorative destinée aux Morts pour la France. Elle sera réalisée par M. PLANSON, Marbrier à Saint Florentin. Le modèle est une plaque de marbre blanc ornée d’une palme de bronze et d’une croix de guerre.


L’INSCRIPTION DES NOMS
Les noms et  prénoms de nos glorieux morts y seront gravés en lettres dorées en suivant l’ordre alphabétique. Le prix de revient posé est de 500 francs et le travail livré le 20 octobre 1919. Cette plaque est installée dans le hall de la Mairie de Chailley.  S'appuyant sur l'esprit de la loi du 25 octobre 1919, un usage s'est imposé, depuis la Première Guerre mondiale, comme référence pour les décisions municipales en la matière : l’'inscription d'un nom se justifie pleinement lorsque le défunt, décédé au cours d'une guerre ou d'opérations assimilées à des campagnes de guerre, est titulaire de la mention "Mort pour la France", et est né ou domicilié légalement en dernier lieu dans la commune considérée. Le nom de Georges GOURMAND disparu en 1914 n’apparait pas sur cette plaque alors que son nom est inscrit sur le monument aux morts. Cela peut s’expliquer du fait que son décès ne sera officiel qu’en 1920, soit 2 ans  après la décision du conseil municipal.

A L’EGLISE

Plaque commémorative 14/18 dans l'église de Chailley

Dans l’église de Chailley, la «Paroisse reconnaissante» a érigé une stèle aux enfants de Chailley morts pour la France de 1914 à 1918. 31 noms sont cités. Certains ne sont pas inscrits sur le monument aux morts.  En 1914, il manque les noms de 3 Poilus : Georges GOURMAND, Gustave DAROZ, Pierre LEDOUX. Une erreur est à noter : Emile MOREAU est déclaré mort en 1914 alors que sa fiche matricule indique qu’il est mort en 1916.  En 1915, ne sont pas cités André PASTIAU, Gustave RATON ni  Henri TROMPAT inscrits sur le monument aux morts. Est ajouté, par contre, le nom de Marcel GUILLEMOT qui est né à Boeurs en Othe. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de cette Commune.  Il a été toutefois recensé en 1911 comme habitant Chailley. En 1918 , apparait aussi le nom  de son frère André GUILLEMOT. En 1916, le nom de Emile MOREAU est absent. Seul René RATON est mort en 1916 alors que son père Gaston RATON est décédé en 1915. Il y a donc une erreur de date. Est cité Arthur PASTIAU que l’on ne retrouve sur aucune liste de Morts pour la France pendant la 1ère guerre mondiale. Il s’agit vraisemblablement de André PASTIAU mort en 1915.

A LA CHAPELLE
Une plaque est apposée dans la Chapelle du Haut Bouton, dite Chapelle de la Bonne Mort.


La décision de construction en 1919

CREATION D’UN COMITE LOCAL POUR L’ERECTION D’UN MONUMENT AUX ENFANTS DE CHAILLEY
Le 14 septembre 1919, le Maire rend compte qu’un comité local s’est constitué pour l’érection d’un Monument aux enfants  de Chailley Morts pour la France. Le conseil est désireux de rendre hommage à ceux qui sont tombés en combattant pour la victoire du droit et de la liberté. Le conseil sollicite M. le Préfet de bien vouloir faire les démarches pour provoquer le décret autorisant l’érection d’un monument sur une des places de Chailley. Une première subvention de 4500 francs est votée.

APPROBATION DE l’ERECTION DU MONUMENT AUX MORTS PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Le 22 novembre 1919, le Maire porte à la connaissance du Conseil que par décret du 10 novembre 1919, M le Président de la République, Raymond POINCARE a  approuvé la délibération du conseil municipal ayant décidé l’érection du Monument aux Morts. Le 3 avril 1920, le conseil municipal nomme une commission chargée de l’érection du Monuments au morts composée de :

Gustave BRUNAT, Maire, 
Gustave MOREAU, adjoint,
Cléophas GARNIER, 
Félix COMPAGNON, 
Jean TROMPAT,
Paul DELAGNEAU,  
Paul DUPRESSOIR,
Alphonse BRUNAT, conseillers municipaux. 

LE TRANSPORT DES CORPS
Le 14 novembre 1920, le conseil municipal décide de prendre à ses frais le transport à Chailley des corps  de militaires morts pour la France et ramenés au pays. Ce transport sera effectué d’après le tarif accordé au conducteur du corbillard. Un crédit de 100 francs est voté.

CARRE DES ENFANTS AU CIMETIERE
Le conseil décide d’affecter, à la sépulture des morts pour la France dont les parents habitent Chailley, des concessions perpétuelles dans le cimetière de la Commune appelé Carré des enfants. Sont inhumés dans ce carré militaire les corps des soldats qui ont été restitués aux familles. Cette pratique s’est développée dans la plupart des cimetières. 

Le choix de l’emplacement en 1922

Le 26 novembre 1922, le conseil municipal décide de réserver deux emplacements pour l’érection du monument aux morts :

1.  la place des bâtiments Mollevaux

2. le mail situé sur la route le long des murs des jardins Rousseau et Raoul.

Le conseil, soucieux de concilier de toutes les opinions décide de consulter par un vote des familles des morts pour la France.Le 17 décembre 1922, le vote a lieu et est dépouillé. Il y a 23 votants. Les résultats donnent  15 voix pour le mail, 7 pour place de bâtiments Mollevaux, 1 nul.

LE CHOIX DE L’ARCHITECTE
Le 19 février 1923, le conseil décide de confier à M. HODRY, Architecte,  l’exécution du monument aux morts. Le 21 mars 1923, le Maire expose les raisons qui le font écarter le mail pour l’installation du Monument. A cet endroit, selon l’architecte, le monument ne bénéficiera d’aucune perspective. L’endroit le plus qualifié serait la place de la Halle. Il est proposé de transporter la Halle sur le terrain des bâtiments Mollevaux et d’ériger le Monument à l’emplacement de la Halle. Le conseil se range à cet avis étant entendu que la Halle sera édifiée de la même manière qu’elle est actuellement.

LE CHOIX DU MODELE
M HODRY soumet au conseil  plusieurs modèles de monuments et le conseil fixe son choix sur une pyramide surmontée d’une stèle en granit des Vosges, polie sur les 4 faces. 
La hauteur du monument sera de 4,50 m et entouré d’une grille, dont la réalisation est confiée à M Fernand DANTON habitant la commune pour un montant de 3000 francs. 
Le devis est de 20 500 francs, monument posé.

LA VENTE DE LA HALLE

Halle de Chailley en 1920

Le 3 juin 1924, le conseil municipal abandonne le projet de déplacement de la Halle et décide de la vendre sur pied avec un délai d’enlèvement de 15 jours après adjudication. La halle sera vendue en morceaux, tuiles, bois, aux acheteurs. Dans le budget additionnel de 1924, il est inscrit la vente de la halle pour 2000 francs.Le conseil municipal décide de construire une halle neuve sur l’emplacement des bâtiments Mollevaux confiée à M MILLET, Charpentier à Chailley d’une taille de 8 m de large pour une somme de 9600 francs. Elle ne sera jamais reconstruite.


LE DON DU MAIRE BRUNAT

Le 12 octobre 1924, M. BRUNAT, Maire, n’ayant pas de descendants, fait don à la commune de sa rente perpétuelle de 25 francs pour invalidité, contractée au service commandé dans les tranchées pendant la dernière guerre, à condition que celle-ci serve exclusivement à l’entretien du monument élevé à la mémoire des enfants de la commune morts pour la France.
LES AIDES DES DEMOBILISES 
Le 9 avril 1925, les démobilisés offrent leur concours financier pour apposer une palme sur le monuments aux morts qui est la reproduction de la palme offerte par la ville de Paris et déposée à l’Arc de Triomphe.

Elle portera en relief l’inscription « les démobilisés de Chailley ». 

Le coût est de 1200 francs.




L’inauguration en 1926

Monument aux Morts de Chailley en 1930


Le 4 juillet 1926, le Maire propose l’inauguration officielle du Monument aux morts. Les membres expriment leur admiration et leur reconnaissance aux héros de la grande guerre. Depuis 1926, le Monument aux Morts de Chailley est installé au centre du village. Le monument aux morts est un bien communal et relève de la compétence de la municipalité.

CEREMONIES COMMEMORATIVES

Monument aux Morts de Chailley en 2014

La fonction de cet édifice est de rassembler la population autour du souvenir de ceux qui ne reviendront plus vivre dans la cité, faisant ainsi participer la commune au travail de deuil des familles. Graver les noms des morts revient à donner à ceux-ci un peu de cette gloire dont sont  parés ceux qui se sont sacrifiés pour la France. Le Monument aux morts a vu s’ajouter les noms des enfants de Chailley Morts pour la France dans les autres conflits.

LE 11 NOVEMBRE
La journée du 11 novembre a été instituée par la loi du 24 octobre 1922 comme « journée nationale pour la commémoration de la victoire et la paix ». Jour d'hommage et de recueillement, elle donne lieu chaque année à des cérémonies commémoratives devant les monuments aux morts des communes de France. La loi du 28 février 2012 élargit la portée à l'ensemble des morts pour la France. 

C'est donc la reconnaissance du pays tout entier à l'égard de l'ensemble des Morts pour la France tombés pendant et depuis la Grande Guerre qui s'exprime aujourd'hui, particulièrement envers les derniers d'entre eux, notamment en opérations extérieures. 



Noms des Poilus MPF de Chailley
Noms des Poilus de Chailley MPF








Sources
Registres des conseils municipaux de 1918 à 1930 (Mairie de Chailley)














Chronologie de la grande guerre






28 juin 1914

Assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de l’Empire Austro-hongrois,  à Sarajevo




François Ferdinand de Habsbourg-Este se rend dans la capitale de Bosnie Herzégovine car la situation est tendue. La domination autrichienne sur ce pays, annexé en 1908, est contestée par les nationalistes serbes. L’un d’entre eux, Gavrilo Principo, tue l’héritier de l’Empire Austro-hongrois. L’Autriche veut punir la Serbie, au besoin par la guerre.  Avant 1914, les puissances européennes avaient signé des traités d’alliance mutuelle : la Triple entente (France, Russie, Grande Bretagne) et la Triple alliance (Allemagne, Autriche Hongrie, Italie). Le soutien apporté par la Russie à la Serbie après l’attentat, et celui de l’Allemagne à l’Autriche-Hongrie, va donner à la guerre sa dimension continentale.






2 août 1914
L’ordre de mobilisation générale




Après avoir déclaré la guerre à la Russie, le 1er août 2014, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 2014. En quelques jours, le jeu des alliances plonge presque toute l’Europe dans la guerre. 
En 1914, l’enrôlement dans l’armée française repose sur le principe de la conscription.  
Tous les hommes français âgés de 21 ans doivent accomplir leur service militaire. Ils sont intégrés ensuite aux forces de réserves puis aux forces territoriales jusqu’à la fin de leurs obligations militaires (51 ans). En cas de mobilisation générale, réservistes et territoriaux doivent rejoindre au plus vite leur régiment sous peine d’emprisonnement pour désertion. L’ordre de mobilisation générale est affiché sur les portes de la mairie le 1er août 1914. Trois millions de réservistes et de territoriaux rejoignent les 80 000 soldats déjà en service actif (au total 8,5 millions de Français seront mobilisés entre 1914 et 1918).


5 septembre -12 septembre 1914

La première bataille de la Marne

En août 1914, une fois achevée la concentration des troupes, les armées allemandes et françaises appliquent leurs plans de guerre. Les deux pays croient à une guerre courte.Les premières confrontations entrainent la perte par la France de 30 000 hommes au mois d’août. Elle va s’engager dans un mouvement de retraite. Les Allemands s’approchent de Paris mais la contre-offensive à partir du 6 septembre marque le début de la bataille de la Marne, dont Joffre est le général en chef. On entre dans une guerre de position qui va durer 4 ans.

2 décembre 1914
La guerre des tranchées

Sur une ligne de front continue de la Belgique à la frontière suisse, le système des tranchées apparaît. La tranchée de première ligne, au tracé sinueux, est parsemée d’abris, surmontée d’un parapet. Les combattants sont exposés aux bombardements. La tranchée de première ligne est reliée par des boyaux aux tranchées de deuxième et troisième lignes. Puis vient le front arrière où se trouvent les cuisines et les postes de secours. A l’arrière front sont installés les cantonnements de repos et les réserves logistiques. Le système des tranchées est structuré par l’organisation de la relève : depuis l’arrière front, les unités gagnent la tranchée de troisième ligne qu’elles occupent quelques jours avant de relever leurs homologues de deuxième puis de première  ligne. Après 3 ou 5 jours, les combattants survivants regagnent les cantonnements et le cycle se répète.

2 avril 1915
Les premiers gazés

Près d’Ypres en Artois, les troupes allemandes envoient des nappes de chlore sur les tranchées françaises, canadiennes et belges. Les soldats sans protection, souffrent de brûlures des yeux et des voies respiratoires.

21 février  - 15 décembre 1916
La bataille de Verdun


Verdun est une bataille totale. Chaque camp veut percer le front ennemi pour mettre fin à la guerre. 

1er juillet -18 novembre 1916 

La bataille de la Somme

C’est l’affrontement le plus meurtrier de la Grande guerre.   4 millions d’hommes y sont successivement impliqués. Les pertes sont estimées à 1 200 000 hommes dont 500 000 britanniques et 500 000 allemands. Le général français Joffre et le commandant britannique le général Haig veulent atteindre Bapaume et Péronne pour  réaliser une percée décisive. Il s’agit de faciliter la progression des fantassins grâce à la destruction des tranchées allemandes par un bombardement massif. A compter du 23 juin 1916, 1 500 pièces d’artillerie vont lancer 
1 millions d’obus sur les positions allemandes. L’ordre d’assaut est donné le 1er juillet 1916. C’est un échec. 


16 avril 1917
L’offensive du Chemin des Dames

Le chemin des dames qui surplombe le village de Craonne dans l’Aisne est tenu par les Allemands depuis 1914. Les français et britanniques réaliseront la percée espérée. Les soldats s’élancent, les chars s’embourbent,  l’offensive se poursuit jusqu’au 9 mai 1917. 
Les pertes avoisinent 200 000 hommes dans chaque camp. Philippe Pétain devient général en chef le 15 mai.  Les troupes américaines entrent en guerre le 2 avril 1917. 


18 juillet 1918
La seconde bataille de la Marne

Le 18 juillet 1918, près de la forêt de Villers Cotterêts, débute une offensive alliée qui marque le point initial d’une série d’opérations qui conduira à l’armistice.
Le général allemand Luddendorff décide d’adopter une stratégie  offensive et attaque la Somme le 21 mars 1918 contre l’armée anglaise qui doit se replier. 
Le général Foch organise la défense aux nouvelles offensives allemandes. La seconde bataille de la Marne du 15 au 17 juillet se conclut par une victoire alliée. 
Le général Foch ordonne la contre offensive généralisée qui aboutit, 4 mois plus tard, à la capitulation allemande.


1er novembre 1918
Signature de l’Armistice


                                          

Les représentants allemands viennent négocier les conditions de l’armistice dans un wagon qui arrive le 8 novembre 1918 à Rethondes dans la forêt de Compiègne. C’est le maréchal Foch qui mène les négociations. L’arrêt des combats provoque un immense enthousiasme. Le constat de la guerre est terrible : villages dévastés, 1,4 millions de morts côté français. La démobilisation des 5 millions de soldats va se prolonger durant de longs mois. 


19 juin 1919
Le traité de Versailles

La conférence de la paix s’ouvre à Paris le 18 janvier 1919 et réunit les représentants des grands vainqueurs du conflit. Sont présents l’Américain Wilson, le Français Clémenceau, Le Britannique Lyod George, l’Italien Orlando. Ils doivent fixer les exigences prévues aux vaincus : l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, l’Empire Ottoman et la Bulgarie.

Le traité formalisant la paix est signé dans la galerie des glaces au château de Versailles le 28 juin 1919. 

L’Alsace-Lorraine est rendue à la France. Un Etat polonais est recréé à l’est de l’Allemagne. 
La Société des Nations est fondée. L’armée allemande est limitée à  100 000 hommes. 

L’Allemagne est considérée comme responsable du déclenchement de la guerre. Elle devra verser une somme de 132 milliards de marks or pour les réparations de la guerre. 




FRISE CHRONOLOGIQUE GRANDE GUERRE





Discours de Gérard BOURGOIN, Maire de Chailley : Conférence sur la Vie des Poilus


Conférence « La vie des Poilus » par Michel MAUNY
10 octobre 2014 à 20h00



Les cloches de l’église sonnent à toute volée

 
Gérard BOURGOIN, Maire de Chailley et Michel MAUNY, Chercheur en Histoire


Mesdames, Messieurs,

Comme aujourd’hui….comme nous venons de l’entendre…comme dans toutes les communes de France, le tocsin a sonné à la cloche de l’église, annonçant la mobilisation générale.

Le 2 août 1914…tous les hommes de Chailley de 21 à 38 ans sont mobilises.
Un mois après, en septembre 1914, tous les hommes de 18 à 51 ans ont été mobilisés et ont dû quitter Chailley.
Le bureau de recrutement de Sens les affecte dans leurs régiments respectifs et ces hommes partent au Front.

Tous ces soldats, comme tous les habitants du village sont persuadés que la guerre sera courte.

Hélas, elle durera 4 ans…Dans le village, les femmes, les enfants et les personnes âgées doivent vivre, certains survivre sans les hommes qui les ont quitté.

Sur une population de 673 habitants, 318 hommes de Chailley sont partis pour la Grande Guerre…Cela représente 47 % de la population.

La suite est terrible…

Les hommes qui sont démobilisés rentrent blessés…marqués à jamais par ce qu’ils ont vécu.


Pour illustrer cela, j’ai découvert que mon grand-père Etienne Alphonse BOURGOIN, Boucher à Chailley, a été mobilisé le 2 août 1914 à l’âge de 38 ans, a été affecté au 33ème Régiment d’Infanterie. Il est revenu en 1919. Mon père, son fils Marcel, avait 9 ans quand son père est parti… A 13 ans il est devenu majeur avant l’heure pour des raisons de guerre.   Je comprends mieux maintenant pourquoi il m’avait dit qu’il avait commencé à travailler à 11 ans.

Mais cela n’est rien car d’autres familles ont été plus malheureuses…car

33 Chaillotins ne sont jamais revenus et ont été déclarés Morts pour la France.

Depuis, leurs noms sont gravés sur le Monument aux morts érigé au centre du Village, sur la place de la Mairie.

Leur souvenir est célébré chaque 11 novembre, date de l’armistice du 11 novembre 1918, qui a marqué la fin de la Grande guerre.


Nous avons, pour eux, pour nous et nos enfants, et petits-enfants un devoir de mémoire.
Nous souvenir…  transmettre aux plus jeunes notre histoire locale… c’est rendre hommage au 
courage de nos anciens, à leurs familles, à leurs descendants.
Aucun Français, aucun villageois ne doit oublier leurs sacrifices…

A Chailley, à partir d’aujourd’hui, en face de cette salle, à la Bibliothèque, une exposition sur les Poilus de Chailley restera ouverte jusqu’au 30 novembre 2014.



Exposition La Vie des Poilus
Exposition la Vie des Poilus


Exposition la Vie des Poilus à Chailley


On y trouvera
  • des informations sur la chronologie de la grande guerre
  • des recherches historiques sur les Poilus de Chailley (leur famille, leur métier, leur régiment d’affectation, leur lieu de décès)
  • l’histoire la construction du Monument aux morts,
  • des nombreux objets et documents originaux  prêtés par les habitants et des amis de Chailley (journaux, affiches, correspondances, casques, médailles et plein de découvertes).
  • un livret très documenté sur les Poilus de Chailley rédigé par Véronique Battut et  édité à cette occasion, à la vente dans cette salle et pendant la durée de l’exposition.



Aujourd’hui j’accueille officiellement M Michel MAUNY.



M.  Michel MAUNY à Chailley - Yonne


C’est un homme de l’Yonne. Il habite Migennes. Il est l’auteur d’un ouvrage remarquable Emile et Léa, écrit à partir de la correspondance de son grand-père Emile, instituteur à Courlon près de Sens, parti au Front, qui a écrit 1200 lettres à son épouse institutrice Léa, née à Bussy en Othe.

Emile et Léa est un  ouvrage passionnant.

Emile et Léa
Lettres d'un couple d'instituteurs bourguignons dans la tourmente de la grande guerre
par Michel MAUNY - Les cahiers d'Adiamos 89 - janvier 2014



Il est à votre disposition dans cette salle et Michel MAUNY sera heureux de  vous le dédicacer, si vous le souhaitez.

Spécialiste de la Grande Guerre, il intervient dans des écoles ou dans des manifestations tous publics.  

Au nom de tous les habitants de Chailley, je souhaite aujourd’hui remercier Michel MAUNY de venir nous parler de cette guerre 14/18.
Beaucoup de personnes se sont impliquées dans l’organisation de cette manifestation et particulièrement

  •      Marie Claude Chastant, notre bibliothécaire à Chailley
  •      Véronique Battut, du Cercle généalogique de Turny et initiatrice de la manifestation
  •      Dominique Chailley, Archiviste et documentaliste qui habite Chailley
  •      François Marlier, Collectionneur de la première guerre mondiale


Je laisse maintenant la parole à notre conférencier Michel MAUNY.