mercredi 4 juin 2014

D comme Desnoyers, l'ancêtre au bras coupé


Une évocation familiale : l'ancêtre au bras coupé

#Challenge AZ

Catherine Colin évoque son oncle au bras coupé. Elle garde le souvenir d'un daguerréotype (procédé photographique mis au point par Louis Daguerre)  placé au dessus de son canapé en velours moutarde chez sa grand-mère Odile Delafon-Madelin qui représentait celui qu'elle qualifiait comme un héros.





Un mystère sur son nom, son âge...
Je pars à la recherche.
Enquête généaologique et historique.

Je trouve assez vite, dans sa généalogie,  un homme qui s'est fait arracher un bras dans la bataille d'Iena.
C'est un oncle tout de même éloigné, ancêtre de la 6° génération de Catherine Colin.

L'affaire s'est déroulé en 1814 !

Comment se fait-il que cet évènement soit resté aussi présent dans l'histoire familiale ?
Nous ne saurons jamais comment se transmet la mémoire.

Sans doute François Desnoyers, l'ancêtre au bras coupé, est-il apparu comme un être d'exception.

Puisqu'il est aussi présent dans cette mémoire familiale, je décide de partir à la quête d'informations sur cet homme et faire renaître son histoire avec les éléments dont je vais disposer. Cet article est le fruit de cette démarche.

Effectivement la vie de cet homme n'est pas banale et mérite d'être retracée.

L'homme au bras coupé s'appelle François DESNOYERS.

Louis Marie François Desales DESNOYERS est né le 21 octobre 1787 et baptisé le 30 octobre de la même année  en l'église de la la Paroisse de la Commune de Neuville aux Bois dans le département du Loiret. Son père est Marie Jean François DESNOYERS, Conseiller du Roy, Procureur de son Baillage de Neuville. Sa mère est Caroline NIVET née en 1765.

Extrait acte de naissance de Louis Marie François Dessales DESNOYERS
Elève brillant  il obtient en 1806, le 2ème prix du concours général de Mathématiques en qualité d'élève du Lycée Napoléon à Paris.
Concours général de François Desnoyers

Il intègre l'Ecole Polytechnique pour devenir élève sous-lieutenant à l'Ecole d'application de Metz du 1° octobre 1808 au 27 juin 1809.

Il devient Lieutenant en second au 6ème Régiment d'Artillerie à Cheval du 27 février 1809 au 30 janvier 1812.

En 1810, j'ai retrouvé le témoignage, transcrit par Jean-François Robert, de sa participation à la guerre d'Espagne à travers une  lettre à sa mère datée de 24 avril 1810 "Mon cheval courre comme un diable après les Espagnols et ne s’effraye nullement du sifflement de leurs balles, musique qu’il entend cependant pour la première fois, ainsi que son maître ; mais quoique les gredins en veuillent bien à mon colbac, ils ne peuvent l’atteindre ! J’avoue cependant que la première fois que j’ai entendu ronfler le boulet, j’ai courbé le dos ; la deuxième fois j’ai baissé la tête et la troisième fois, je suis resté raide comme un manche à balai…"


En 1811, il est affecté à la guerre du Portugal. Voici un extrait de sa lettre écrite de Thomar (Portugal) le 2 mars 1811 à sa mère : 
"… Nous avons des privations, mais ma santé n’en ayant nullement souffert, je les ai bien oubliées, et je redoute peu celles que nous avons encore à éprouver peut-être ; d’ailleurs notre compagnie ayant toujours été à l’avant-garde, nous n’avons pas encore été des plus malheureux et nous avons perdu très peu d’hommes…" 

Il devient Lieutenant en premier du 6ème Régiment d'Artillerie à Cheval du 30 janvier 1812 au 14 février 1813.
Dans sa lettre du 1° mai 1812, il écrit à sa mère de Salamanque en Espagne: 

"J’ai, pendant cette retraite, fait un apprentissage un peu rude des fatigues de la guerre ; de bien anciens militaires disent n’avoir jamais fait de campagne plus pénible ; je n’en suis nullement las, mais tout le monde n’est pas de mon avis, sans compter ceux qui ne peuvent plus dire le leur… Mon cheval a eu le même bonheur que moi, la disette et les intempéries l’ont fait maigrir, mais il a vu la moitié de ses camarades, avec une complexion plus vigoureuse, rester pour jalonner la route. Sans doute un peu de philosophie l’a préservé des souvenirs et des inquiétudes ; il n’a pas la « maladie du pays » ; son père était anglais, ces messieurs sont, dit-on, de grands philosophes…"


Il est décoré Chevalier de la Légion d'honneur par décret impérial du 14 septembre 1813.
François Desnoyers,  Diplôme de Chevalier  de la Légion d'Honneur 

Le 16 octobre 1814,  il est blessé gravement durant la bataille de Leipzig appelée La Bataille des nations et se déroule du 16 au 19 octobre 1813. C'est la plus grande confrontation des guerres napoléoniennes et la plus grande défaite subie par Napoléon 1°.


Sur un champ de bataille très étendu (15 km de large) où les combats s'étalèrent sur 4 jours entre le 16 et le 19 octobre 1813, Napoléon assembla au final environ 190 000 hommes contre 400 000 pour la sixième coalition constituée par l'Empire russe, l'Empire autrichien, le Royaume de Prusse et le Royaume de Suède.

Il témoigne dans une lettre à sa mère :
" J’ai eu le bras cassé à un demi pouce de l’épaule à Leipzig le 16 octobre à 4 h du soir, dans une bataille la plus épouvantable que jamais hommes se soient donnée, et la vue de tant de malheureux, bien plus que moi, a sans doute été un premier motif de consolation. Je crus cependant que l’épaule était cassée et qu’il n’y avait pas de remède ; heureusement eut lieu le contraire et cette circonstance me fit regarder les paroles du premier chirurgien qui me dit qu’on allait me couper le bras, comme de vraies paroles de bénédiction. Un heureux hasard fit passer à ce moment le célèbre baron Larrey, le premier opérateur du monde. Il se chargea de ma dissection et un quart d’heure après, sans de grandes souffrances, et sans pousser un seul cri, j’ai eu le bras déboîté dans l’épaule, absolument comme le Général d’Aboville"


C'est donc au cours de cette sanglante bataille que François Desales Desnoyers eut un bras arraché par un boulet de canon.

A cette époque, une telle blessure avec ses complications signifiait à coup sûr une mort certaine, il fut cependant sauvé par le grand chirurgien Jean-Dominique Larrey qui par chance passait par là et qui l'amputa  du bras directement sur le champ de bataille.

Chirurgien Jean Dominique Larrey

Après sa blessure, il devient Capitaine en résidence fixe à la direction de l'artillerie de Cherbourg du 15 novembre 1814 au 18 octobre 1815 puis  Chef d'escadron et admis à la pension de retraite de 1600 francs le 18 octobre 1815. 

Il épouse alors Marie CécileVictoire DUCLOUX, native de Neuville aux bois, le 7 octobre 1816 à Paris et décédée le 21 octobre 1830.

Il a trois filles :

- Caroline Eugénie DESNOYERS née en 1817 à Neuville aux Bois qui épouse le 8 février 1838 Jules BONNET Avocat à Paris, ancêtre de Catherine COLIN, descendant d'une famille de grands bourgeois. 
- Louise Félicité DESNOYERS née en 1820 
- Marie Geneviève Cécile DESNOYERS née en 1827 

En tant qu'invalide de guerre, il est nommé Administrateur de l'Ecole Polytechnique et Directeur des études pendant de longues années. 
Son domicile à la retraite est le 16 rue Saint Roch Paris 3ème.
Il est décédé le 9 janvier 1846 à Paris (Seine), inhumé au Cimetière sud Montparnasse à Paris.



Voici donc retracée les péripéties de l'ancêtre au bras coupé.



Sources
Etats civils de Neuville aux Bois dans le Loiret
Archives Légion d'honneur (Base Leonore)
Archives Philippe Madelin (Journaliste)
Article de Jean-François Robert publié dans le n°11  de VPF 11/2000
Les amis du patrimoine napoléonien






mardi 3 juin 2014

C comme Cercle Généalogique



#ChallengeAZ


Je viens de créer le Cercle généalogique de Turny et de la Forêt d'Othe, dans l'Yonne,
 pour faciliter les échanges entre les passionnés de généaologie débutants et confirmés, 
de cette partie de l'Yonne.

Une expérience de lieu de rencontres et des projets en route...

Voici la première présentation de cette initiative....A suivre



lundi 2 juin 2014

R comme Ruère dans le Puy de Dôme

#ChallengeAZ


Mon Sosa 268, Antoine MANEBY est né le 2 mai 1770, comme son père, dans le village de RUERE, près de Messeix dans le Puy de Dôme.





RUERE est un village avec une longue histoire. Au XVII° siècle, le village s'appelle ROUAYRE. En 1650, Jacques de Rochefort est seigneur du Verger et de Ruère. En 1669, Jean MESTAS, fils de Jacques, Notaire à Messeix et de Jeanne de MURAT rend la justice et devient Seigneur de Ruère. En 1752, le Seigneur devient Jean CHORLOT.

En 1789, Ruère compte 147 habitants. Il devient le plus gros village la paroisse de Messeix, composée de 22 villages et 1242 habitants. La plupart des habitants sont laboureurs qui sont au nombre de 25 familles. ils exploitent plus de 108 hectares de près et de bocages, dont 51 hectares de terres labourables.

Les terres sont réparties de façon inégales puisque dix familles disposant de 10 hectares mais 8 familles disposent d'une superficie de 2 hectares.

En 1787, il est élu une assemblée municipale réglementée par un édit royal. Ont droit de vote les hommes âgés de 25 ans te payant au moins dix livres d'impôts

Est élu Marien BONY laboureur du lieu de Ruère.

Le 14 décembre 1789, la loi indique que chaque commune doit avoir une municipalité composée d'i-un corps municipal (maire et officiers municipaux), d'une assemblée de notables et d'un procureur.

L'élection se déroule le 22 février 1790 à Messeix . Le maire élu est Pierre MONAC, prêtre de l'église de Messeix,  et parmi les 5  les officiers municipaux François TIXIER laboureur à Ruère.

En novembre 1792, les municipalités furent renouvelées.

Le Maire devient Jean MALLET.




Sources
Messeix et ses villages - Amicale laïque de Messeix 1989
Archives départementales du Puy de Dôme
Grand dictionnaire historique du Puy de Dôme - Ambroise Tardieu



A comme Anna


Anna, un si joli prénom

#Challenge Généalogique AZ

Première lettre de l’alphabet A. 
Je pense à Anna. 
Anna Lajeat, mon arrière grand-mère, est née le 22 janvier 1896.

Acte de naissance de Anna Lajeat en 1896 à Bourganeuf en Creuse (état civil de la Creuse)


Son père est Félix Lajeat, 33 ans, cultivateur. 
Sa mère est Marie Beauregard, 23 ans. 
               
La famille demeure au Mas la Fille, près de Bourganeuf en Creuse dans le Limousin. 

Elle décède le  3 mars 1964 à Bourganeuf 23.
J’ai 8 ans.  

Je la retrouve dans mon deuxième prénom Annette. Je l'ai tant détesté ce deuxième prénom !

J’ai peu connu cette petite dame de caractère.

Pourtant je me souviens bien, petite fille, de cette descente à pied le long du chemin de la "Voie dieu", à ses côtés pour nous rendre à pied à la foire de Bourganeuf, dans la creuse.

Elle marche d’un bon pas, vêtue de noir. 

Elle est souvent surprise en train de tricoter en marchant, pour ne pas perdre une minute d’activité.  

Anna Lajeat tricotte en marchant (archives personnelles)


Arrivée devant les chalands, elle s’anime. 

Elle discute avec les commerçants, en patois limousin le plus souvent, négocie, choisit de la laine, et remplit son cabas.

Je suis si fière d’être à ses côtés. Elle me présente à tous. J'ai l'impression de vivre un moment hors du temps. Ce souvenir est gravé dans ma mémoire.
                         
Elle termine ses jours. dans son lit en bois, située au premier étage de son habitation.  C'est une partie de la petite ferme qu'elle a transmise à mes grands-parents. 

Jusqu’au bout, j'ai gardé pour elle une grosse affection. Cela ne s’explique pas. 

Merci au ChallengeAZ de m’amener à penser à elle et de la sortir de l’ombre.






dimanche 1 juin 2014

L comme Légion d'honneur ou Léonore


#Challenge AZ


Il existe un site très utile pour les généalogistes dont les ancêtres ont eu une carrière militaire.

C'est la base Léonore, qui recense les décorés de la Légion d'Honneur, site accessible sur internet : http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/recherche.htm

On a accès aux patronymes de tous les "Légionnaires" classés par ordre alphabétique.

La famille MADELIN, présente dans mon arbre généalogique, compte de nombreux militaires.

Je choisis donc ce patronyme.





Je clique sur Bernard Marie Pierre Madelin, né à Paris en 1897, qui apparait sur ma base Hérédis. 

Et j'accède à tout son dossier. 19 pages numérisées.   La reproduction, en vue d'un usage privé, des images et des notices de la base Léonore est autorisée. 

La première page est la récapitulatif de ses nominations comme Chevalier de la Légion d'honneur le 24/12/1934 comme Lieutenant breveté de cavalerie, puis comme Officier le 21 février 1944 comme Chef d'escadrons de cavalerie.






En page 7, je retrouve un extrait d'acte de naissance de Bernard MADELIN


En page 11, on retrouve les états de services de Bernard


Grace à cette base très bien faite et à jour, j'ai pu accéder à de nombreux documents bien utiles pour un généalogiste. N'hésitez pas à l'utiliser. 

Quelques "Légionnaires" de mon arbre généalogique 
1838 : Louis Marie François Desales DESNOYERS (Côte LH/753/87)
1896 :  Eugène COLIN (Côte LH/563/83)
1917 :  Charles Eugène TEILLAS (Côte LH/2573/82)
1930 :  Piere COLIN (Côte 19800035/102/12867)
1929 :  Jean Marie René MADELIN (Côte LH/1682/50)
1932 :  Bernard Marie Pierre MADELIN (Côte 19800035/445/59599)