mardi 1 avril 2014

Tentative de "reconstitution généalogique"



Antoinette Emily Delafon, née Boilletot de Bémont

Reconstitution à partir de témoignages écrits de son petit fils Jean Madelin (1923-2006)

et de recherches généalogiques 

        
Des "mémoires" qui évoque sa grand-mère Emily, sont rédigées en 2005 par Jean Madelin, son petit-fils. Jean Madelin, né en 1923 à Strasbourg,  est ordonné Prêtre en 1949, Vicaire épiscopal pour Orléans puis Vicaire général, avant d'être en charge de Recteur de Saint Louis des Français à Rome. Monseigneur Madelin décède en 2006 à 83 ans, dans la 58ème année de son sacerdoce. 
Jean Madelin, Prêtre devenu Vicaire Général


Il a rédigé ses souvenirs d'enfance pour la publication d'un livre que préparait son frère journaliste Philippe Madelin sur l'histoire de sa famille. Les décès successifs des deux frères mettront fin à ce projet. Une copie de ces écrits a été confiée par Philippe Madelin à sa nièce.  Celle-ci souhaite faire revivre le souvenir de son arrière grand-mère Emily qu'elle n'a pas connu, dont elle ne dispose malheureusement d'aucune photographie mais dont elle se sent proche malgré tout. J'ai "travaillé" en ce sens. Cet article a pour ambition d'évoquer cette femme pour tenter de la faire revivre un peu. A travers les écrits de Jean Madelin et une recherche généalogique et iconographique, je suis partie à la découverte de Emily Boilletot de Bémont. Je vous invite à la découvrir un peu. 

La généalogie de Emily Boilletot de Bémont

Antoinette Emily Marguerite Boilletot de Bémont est née le 16 novembre 1875 à Paris 8ème. 

Acte de naissance de Antoinette Marguerite Emily Boilletot de Bémont
François Xavier Anatole Boilletot de Bémont, le père d'Emily et peut-être encore plus sa mère Nina Deleau, d’un milieu cultivé, ont donné à leurs deux filles, Henriette et Emily, une éducation intellectuelle pour l’époque, selon Jean Madelin. Anatole François Xavier Boilletot de Bémont est né le 14 août 1838 à Mirecourt dans les Vosges. Licencié en Droit, il devient Attaché au Ministère des Finances puis Receveur à Aillant-sur-Tholon dans le département de l'Yonne en Bourgogne. Il se marie en juin 1873 avec  Marie Louise Nina Deleau et donne naissance à deux filles Emily et Henriette. Je n'ai pas encore retrouvé trace de son lieu et acte de mariage ni des ascendants de Nina Deleau. 


Arbre généalogique ascendant d'Emily Boilletot de Bémont

La généalogie d'Edouard Etienne Lucien Delafon, son époux


Arbre généalogique ascendant d"Edouard Etienne Delafon

Edouard Etienne Lucien Delafon,  Officier de cavalerie  est né le 8 octobre 1868 à Paris 11ème. Son père, Alfred Emile Delafon, Négociant Horloger est né le 8 novembre 1832,  42 rue du prince Eugène à Paris et marié à Eugénie Linet. Cette dernière est née le 10 octobre 1937 à Paris, d'un père Horloger. Ils se sont mariés le 5 avril 1956 dans le  6ème arrondissement de Paris.
Eugénie Linet
Alfred Delafon
Avec sa femme, ils ont une certaine fortune. Leurs photos d'époque l'indiquent.  Il achètent un domaine en Sologne à la Ferté Saint Aubin nommée Château de Villaines.

Le Château de Villaines

Alfred Delafon, le père est mort jeune en 1887. Edouard Etienne  perd son père au moment où il prépare le concours de l'école militaire de Saint-Cyr. Il s'engage en 1888 pour entrer dans cette école. Il est encore mineur et orphelin. Il sort de Saint-Cyr avec le général Gouraud sous le numéro 87 sur 435. Il suit les cours de l'école d'application de cavalerie à Saumur. Il est réputé bon cavalier. 
Il est à noter que son frère, Jean Alfred Maurice né le 29 décembre 1856 à Paris est le co-fondateur de la société Jacob-Delafon après que sa fille Germaine Eulalie Delafon ait épousé Charles Jules Eugène Jacob .
Maurice Delafon
Edouard est décrit comme ayant les cheveux châtains, les yeux bruns, d'une taille de 1,68 m. Il connait une carière militaire complète. Brigadier en 1889, Sous-lieutenant au 20ème Régiment de Dragons à Limoges en 1891, Lieutenant au 22ème régiment de Dragons à Sedan puis à Reims en 1897, Instructeur à Saumur en 1901, Capitaine à Châteaudun en 1905, 14ème Hussards à Alençon en 1908,  il est affecté  au 23ème saphis marocains, débarque à Casablanca en février 1914, puis dans la région de Meknés comme Commandant d'un régiment de 1914 à 1917 avant de devenir Lieutenant Colonel et terminer sa carrière à Beaune en 1925.  Il est promu officier de la Légion d'honneur par décret du 28 decembre 1924. 
Edouard Delafon, Officier de la légion d'honneur
Le tableau d'honneur de le revue l'Illustration permet de mettre en valeur son héroisme et surtout nous fait découvrir une photo de cet homme valeureux aux moustaches impressionnantes. 


Edouard Delafon au Tableau d'Honneur de la Revue l'Illustration

Comment se sont rencontrés Emily et Edouard ?

Elle épouse à 22 ans, le 21 avril 1898 à Aillant sur Tholon dans l'Yonne,  Edouard Etienne Lucien Delafon, Officier de cavalerie. 

Jean Madelin s'interroge : On peut se demander comment Etienne a pu connaître sa femme. Il a déjà 30 ans. Emily vit chez son Père percepteur à Aillant sur Tholon au fin fond de l’Yonne. On peut supposer qu’Etienne vient souvent à Paris chez sa mère ou chez ses frères surtout Maurice et Jacques qui ont leur situation à Paris, et que lors d’une sortie il a rencontré Emily chez sa grand-mère Deleau, ou bien que pour ce célibataire endurci on a arrangé ce mariage. Le mariage civil a eu lieu à Aillant sur Tholon, mais le mariage religieux à Paris, ce qui suggère les relations à Paris de la famille Boilletot, et l’influence de la famille de Nina Deleau.
Extrait de l'acte de mariage d'Emily Boilletot de Bémont  et Edouard Delafon
Ils auront deux enfants : François né à Reims en 1899 et Madeleine Odile née à Saumur en 1901.

La maison de famille à Savigny les Beaune 
Le couple achète une belle maison à Savigny les Beaune, pour s'y installer à la retraite que prend Edouard le 8 juin 1926 après une fin de carrière en 1925 dans le 16ème Régiment de Chasseurs basée à Beaune. Après une vie faite de déménagements nombreux, leur maison de famille prend une grande importance. Ils la choisissent avec soin après avoir hésité sur plusieurs départements. Ils se décident la Bourgogne, dans les environs de Beaune, où Edouard a sa dernière affectation. 

Situation de Savigny les Beaune en Bourgogne
Jean Madelin, leur petit fils raconte "J’ai de cette grande maison de Savigny un souvenir de rêve. Nous arrivions, venant de Beaune, où Bon papa était venu nous chercher avec l’auto, une belle Renault,  par le grand portail qui donnait dans une belle cour, avec au fond les écuries et la grange. La maison de mes grands-parents Delafon, à Savigny les Beaune, reste un des lieux porteurs de bien des souvenirs. Nous y avons passé des semaines entières de vacances... Quand nous venions seuls, nous couchions dans deux chambres contigües avec la chambre des grands parents dans un quartier facile à chauffer... 
Renault 1939


Deux escaliers permettent d’entrer dans la maison qui est surélevée, au dessus de caves, et de la cuisine. Par un escalier à gauche de l’entrée de la cuisine, le seul couramment utilisé, nous arrivons dans la grande salle à manger, puis à gauche le grand bureau de Bon papa avec la table « Ange », bureau qui donne sur le jardin. A gauche de la salle à manger, le salon et les appartements de nos grands parents avec deux chambres pour enfants. Au 1er étage les appartements Delafon, avec plusieurs chambres. Donnant dans le jardin, «  le pavillon » auquel on accède par une terrasse. Ce pavillon est la résidence des «  Madelin », en été. Et puis il y a ce grand jardin, un parc à nos yeux d’enfant où nous faisons des tours de France en vélo, où nous faisons des cérémonies de déguisements, nous pouvons jouer dans un petit ruisseau artificiel en y faisant circuler des bateaux, et où nous sommes libres d’inventer toutes sortes de jeux.  Il y avait  le clos, à 500 m de la maison, en face de la gare, traversé par la petite rivière, le Rohin. C’est un lieu de travail, car nous y aidons à cueillir les légumes, à  les fraises, à ramasser les fruits. Mais nous pouvons aussi jouer beaucoup autour de ce ruisseau, en y faisant des barrages et en y construisant de petits bateaux. Il y a aussi une vigne et un tennis. C’est un but de promenade  et j’en garde bon souvenir. 
Ce clos a été acheté pour y construire un foyer atelier pour handicapés, animé par les Papillons Blancs que Madeleine Odile Delafon, la mère de Jean, a eu l’occasion de visiter en qualité de fondatrice de l'UNAPEI.

Jean Madelin, poursuit avec nostalgie : Cette maison de Savigny a eu une fin difficile, due tout à la fois à la terreur engendrée par la guerre et l’état de santé de Bon papa qui commençait sûrement à se manifester par certains symptômes. Ils  déménagent précipitamment en Mai 1940, pour louer une maison à Château-Gonthier, déménagement qui a laissé sur place beaucoup de choses. Puis la maison est louée et finalement un acte de vente est signé peu avant Noël 1940. Mais pendant ce temps les locataires sont partis et la maison occupée par des allemands qui dispersent le mobilier et les objets restants. L’acheteur n’a pu prendre possession qu’ensuite.

Emily, une femme aux facettes multiples


Emily aime la lecture

La passion de Bonne maman pour Walter Scott et Dickens  s’ enracine dans sa belle maison de Savigny. 

Les petits enfants trouvent à Savigny des trésors dans les livres d’aventure, dont les Jules Verne, ou les Semaines de Suzette... La lecture a toujours tenu une place très importante dans sa vie, lecture surtout de romans, soit empruntés en bibliothèque, soit publiés dans des revues littéraires. Dans ses lettres du Maroc, la liste des livres lus est impressionnante, et elle ne cesse de les recommander à sa fille. 

Emily écrit beaucoup
Jean a pu lire de nombreux écrits d'Emily,  comme ses poèmes, ses lettres ou ses conférences. Il a en retranscrit certaines. Elle entretient une correspondance très abondante. Elle écrit à sa fille tous les deux ou trois jours, parfois tous les jours. Elle a aussi une correspondance fréquente avec des membres de la famille ou d’anciens amis. 

Emily aime la musique

Elle joue fort bien du piano, et aime s’y mettre pour jouer des pièces dont elle a une bonne réserve. Je pense qu’elle a été amenée à accompagner les offices à l’église avec l’harmonium. Elle aime nous chanter des chansons anciennes, en particulier de Botrel, l'auteur de la Paimpolaise, qui a sa préférence.



Emily est une femme engagée

Bonne Maman s’est passionnée pour plusieurs causes, dit Jean Madelin. Il raconte C'est d’abord la cause de la place des femmes dans la société. Elle  fait plusieurs conférences dans le cadre de la Ligue pour les femmes, où elle défend leur activité dans la vie quotidienne, et la vie civique. Etonnamment moderne, elle plaide pour le vote des femmes, dès 1935. Elle a pu voter en 1945, accomplissement de l’une de ses ambitions. Elle aime parler, s’exprimer devant les autres, communiquer sa flamme. 

Appel aux votes des femmes en 1945
 Une autre passion est  la défense des animaux. Les chiens tiennent une grande place dans sa vie, héritière de son père qui ne rêvait que de son ou ses chiens de chasse. Elle est une avocate ardente de la Société protectrice des animaux (SPA). Là encore elle multiplie les interventions publiques, comme par exemple son plaidoyer contre les corridas. Ce trait de sa personnalité fait un peu sourire ses petits enfants  et même les agace parfois.

Emily et sa foi chrétienne

Elle est pieuse, recherchant la messe en semaine, son chapelet, la lecture des psaumes. Au Maroc, elle raconte dans ses lettres aider le curé de la paroisse et faire toutes sortes de tâches. Qui lui a donné cette éducation chrétienne forte ? s'interroge Jean. Peut être son père Anatole, éduqué «  à la Jésuite », peut être sa mère Nina, peut être aussi la fréquentation des catéchismes et des cours de persévérance dans les diverses villes où son père était en activité. En témoigne un extrait du long texte qu'elle a écrit le 27 mai 1934 pour la communion de son petit fils Jean Madelin.

Extrait du poème d'A.E. Boilletot de Bémont : Communion



A mon petit fils Jean Madelin

« Encor petit enfant, avril venant renaître
Votre cœur a battu contre celui du Maître
Pour la première fois…O souvenir béni,
Que ce nouveau printemps vous apporta avec lui.

Jean, vous vous rappelez la matinée heureuse
Vous marchiez lentement, la mine sérieuse
Près des parents chéris ; ce jour tant attendu
Tant désiré par vous, était enfin venu

En votre honneur le ciel se vêtait d’azur tendre
Les nuages traînaient comme une fine cendre,
Les marronniers étaient un dôme parfumé
Sur vos têtes pleuvaient des pétales rosés...

Emily et l'amour de la nature

Son petit-fils se souvient : Elle aime les fleurs, les bois, les ruisseaux. Ses poèmes sont une description continuelle des beautés de la nature. Elle aime admirer les tulipes, les seringuas, les glycines de son jardin de Savigny les Beaune. Elle aime les promenades en campagne avec son chien...                     


 Il a neigé sur les tulipes

 Il a neigé sur les tulipes
En de jour de mauvais printemps…
« Pourquoi, Printemps être méchant ?
Et manquer ainsi de principes

En nous envoyant la froidure
En Mai ? » Mai le mois du muguet
Le blanc muguet qui fait le guet
Hors de son cornet de verdure

Pour voir si le soleil se montre,
Et quand sur lui glisse un rayon
Escorté d’un blond papillon
Il frémit d’aise à la rencontre…

Le léger cytise frissonne
Il a froid le cytise d’or
Il dit au zéphyr : « Pas si fort
Nous ne sommes pas en automne… »

Les pivoines semblent moroses
Et l’averse les fait pleurer.
« Belles pourquoi tant vous presser
Il fallait attendre les roses… »

En ce jour de Printemps maussade
Fleurs et boutons ont l’air peinés.
« Pourquoi les as-tu malmenés ?
Je te crois  Printemps bien malade »

Savigny les Beaune  Mai 1935 (Il a fait bien froid cette année là) Poème d'A.E. Delafon

Emily et la vie mondaine

Selon la coutume de l’époque, les relations sont étroites avec tout le milieu militaire, et elle y compte de très bons amis. On se rend visite, on se reçoit, les enfants se connaissent. 
Il y a eu tout le réseau d’amis qui s’est constitué à Savigny-les-Beaune auquel j’ai été associé , grâce aux « réceptions » et aux « goûters » Bien sûr il y a sur place les de Vaulchier, les Chandon et de Nicolay, Mlle Berbès et son frère, et d’autres dont j’oublie le nom. Mais il y a aussi des liens avec Pernand, Pommard, les de Grasset, de Courtivron, de Ternay, et à Beaune quelques familles de marchands de vin comme les Bouchard, et Blanlot. Il y a donc de temps à autre grande réception à la maison, où nous guettons les arrivées et vivons cet événement dans la coulisse, profitant aussi des bons gâteaux offerts aux invités. Il y a même de temps en temps des « déjeuners » pour quelques personnes choisies, venues de plus loin. La cuisine à Savigny est  un sanctuaire où nous ne pouvons entrer que pour rapporter légumes et fruits venant du clos. Elle est pour Bonne maman une préoccupation constante, avec l’aide de cuisinières.  Elle y passe beaucoup de temps, et se montre capable de réaliser de très bons menus. Elle excelle dans la pâtisserie, et collectionne les recettes prises dans les journaux de mode, et cherche à les réaliser. Mais il faut se représenter ce qu’est  accueillir pendant l’été «  les Madelin et les Delafon » avec une bande de jeunes enfants toujours affamés, stimulés par le grand air. 

Emily nous quitte

Bonne maman est de santé fragile, raconte Jean Madelin,  avec des problèmes intestinaux qu’elle avait dû ramener du Maroc ou qui s’y étaient aggravés, et aussi des bronchites à répétition, nées de ce temps très dur vécu pendant la guerre de 14. Ce mauvais état de santé ne fait bien sûr qu’augmenter avec l’âge. Elle habite chez nous  puis chez des religieuses à Chabeuil. 
Emily Boilletot de Bémont  épouse Delafon est morte à Reims, chez sa fille Odile Delafon épouse Madelin,  rue Ponsardin, le 4 mars 1954 à 79 ans. Elle repose avec son mari, décédé en 1942, au Grand cimetière d’Orléans dans le Loiret.

Conclusions provisoires sur ce voyage à travers le temps

J'ai été touchée par l'histoire de cette femme qu'il m'aurait plu de rencontrer. J'ai été touchée par les écrits de son petit fils, Jean Madelin. Il a écrit sur sa grand-mère en 2005. Il avait alors 82 ans. Une vie bien remplie avec de lourdes responsabilités. Un homme d'église engagé et reconnu. En fait, il s'exprime avec les yeux encore émerveillés de l'enfant qu'il a été. Simplement. Directement. On se reconnait tous dans cet amour porté à sa grand-mère, dans les souvenirs de jardin, de cabanes ou de greniers. Les émotions sont intactes. On se retrouve, comme lui,  dans la tristesse de la fin de vie de ses grands-parents. 
J'aime retrouver cette humanité à travers nos destins et nos époques. Comme un lien universel et une communauté humaine. 
Que vivent les histoires de famille !

vendredi 21 février 2014

Les habitants de Chailley se souviennent de leurs Poilus



Suite à mes recherches sur les Poilus de la commune de Chailley dans l'Yonne, j'ai été amené à indexer les Morts pour la France dans le site Mémoire des Hommes. J'ai parcouru les registres matricules numérisés par les Archives départementales de l'Yonne. J'ai pu dresser une liste des 33 poilus morts pour la France dont le nom est inscrit sur le Monument au Morts érigé sur la place de la Mairie de la commune.
Monuments aux Morts de Chailley 89

Je me suis interrogée car certains poilus ne demeuraient pas à Chailley ou leurs actes de décès n'étaient pas retranscrits sur les actes d'état civil de la commune.

Je suis partie à la recherche généalogique des actes de naissances  et j'ai souvent trouvé la raison de leur inscription sur le monument aux morts : des parents habitant dans la commune, une épouse ou un frère de la commune...

J'ai fait part de mes recherches au Maire de la commune qui a été intéressé. Il m'a proposé de rédiger un article destiné aux habitants de la commune.

C'est ainsi que le numéro du journal municipal le Tambour du mois de février a été complété par un
4 pages dédié à la mémoire des 33 poilus morts pour la France de la commune.

Le Tambour de Chailley 


Un appel a été lancé aux habitants pour qu'ils partent à la recherche de leurs photos ou archives rangés dans leurs caves ou grenier.

Si la collecte est suffisante, il sera possible d'envisager une exposition dans la commune.

Voilà une expérience qui indique que notre travail de fourmi peut parfois être repris par d'autres et utile au devoir de mémoire.

Je partage avec vous le résultat de cette démarche. Voici le 4 pages du journal municipal de Chailley "Le Tambour" de février 2014.









Pour plus d'informations sur les Poilus,
consultez le lien avec ma page Blog LES POILUS DE CHAILLEY






Victor de Lanneau de Marey, un sacré ancêtre !



Prêtre, jacobin, franc-maçon, fondateur du collège des sciences et des arts 1758 -1830 

Victor de Lanneau de Marey


Recherches généalogiques : une pépite

Dans les recherches généalogiques sur la famille Madelin, j’ai rencontré un ancêtre direct de Catherine Colin (sosa 214). C’est  un homme tout à fait exceptionnel. Il mérite qu’on relate sa vie originale.
Qui est cet homme qui, à sa mort le 31 Mars 1830, reçoit tous les honneurs : éloges dans la presse la plus officielle et bien pensante, cérémonie au Père Lachaise suivie d’une foule imposante composée, entre autres,  des sommités des lettres et de l’éducation ?
Je décide de partir à la recherche des documents et archives qui me permettent de vous le présenter. Il le mérite largement. Ce n’est pas un homme banal et sa vie est riche d’évènements et d’engagements.
D’ailleurs, quelques temps après sa mort, un monument encore présent aujourd’hui, est érigé sur sa tombe. Le roi Louis Philippe sitôt installé, fait placer son portrait en bonne place à Versailles et dans le même temps, son nom est donné à une rue proche du Panthéon, dans le 5ème arrondissement de Paris, en date du 25 octobre 1880.



La rue de Lanneau Paris 75005
Ce  qui fait l’intérêt majeur de la vie de cet homme, est la diversité de ses actions, tout d’abord Seigneur, Prêtre, puis Jacobin membre de la Convention, Franc-maçon, Professeur, Directeur d’établissement scolaire, Maire d’une ville importante, marié puis défroqué et enfin réhabilité et intégré dans la haute société parisienne.

L'enfance de Victor de Lanneau de Marey et l’entrée au séminaire

Pierre Antoine Victor de Lanneau de Marey nait le 24 Décembre 1758 au Château de Bard les Epoisses, près de Semur en Auxois, situé en Côte d’or. 




Il est le neuvième enfant de Henriette de Prémieux et de Charles François de Lanneau de Marey, Seigneur de Marcy et de Bard, capitaine d’un régiment, titulaire de la Croix Saint louis.  C’est donc dans une famille de la petite noblesse bourguignonne que nait le futur révolutionnaire et pédagogue.


Acte de naissance de Victor de Lanneau 24 décembre 1758 à Bard sur Epoisses 21


La famille de Lanneau est originaire d’Allemagne sous le règne de François 1° et a fait souche en Auxois à cette date. En 1544, son ancêtre François Lombard de Lanneau, écuyer reçu les château et le terrage de Montfort près de Montbard eu égard des services à la princesse d'Orange dont il est le maître d'hôtel. Son fils Henri de Lanneau écuyer, seigneur de Marcy et de Montfort est nommé Gouverneur de la ville de Noyers dans l'Yonne.

Les armoiries de la famille de Lanneau de Marey
D’azur à un barbeau d’argent posé en fasce et un chef aussi d’azur, chargé de trois besants d’or. 

Mais, à partir de 1755, la famille connait de grandes difficultés financières comme le prouvent de nombreux actes de ventes de terrains conclus avec des agriculteurs voisins. Victor de Lanneau, destiné aux armes suivant l’ordre traditionnel d’âges des enfants, fréquente le collège de La Flèche, puis l’Ecole Royale Militaire de Paris dès l’âge de 9 ans.
Suite au décès d’un frère, il est contraint d’abandonner la formation militaire et d’entrer au séminaire pour ne pas laisser perdre le droit au canonicat au chapitre de Langres (acquis issu de la féodalité). Canonicat qu’il refusera quand même.
Il entre dans l’ordre des Théatins, une congrégation de clercs réguliers fondée en 1524 à Rome qui était sensée réformer les mœurs ecclésiastiques et restaurer dans l’église la règle primitive de la vie apostolique. Il profite de cet engagement pour se consacrer à l’enseignement.

Tulle et la Franc-Maçonnerie

La municipalité de Tulle ayant décidé de confier le collège à des Théatins, Victor de Lanneau vient à Tulle où il est professeur puis nommé Directeur en 1788.


Il est initié  en qualité de Franc-Maçon le 7 Mars 1785 à l’âge de 26 ans à la Loge le Contrat Social à l’Orient de Paris. 4 ans plus tard, en 1789, il apparait sur la tableau de Loge de la loge Intime Fraternité de Tulle . Sa qualité civile mentionnée sur ce tableau de loge est : Clerc Régulier Théatin.
Tableau de la loge maçonnique L'intime Fraternité à Tulle 1789
Il forge à Tulle, des amitiés qui le suivent tout au long de son évolution comme son collègue Joachim Lebreton, l’un des futurs fondateurs de la  Décade philosophique (journal politique et littéraire) avec Amaury Duval et Jean Baptiste Say.
Dès l’été 1789, Victor de Lanneau apparaît au premier plan dans la vie municipale révolutionnaire. En août, il est nommé un des 8 capitaines de la garde Nationale de Tulle.
En novembre, il présente à la municipalité, la  Compagnie des écoliers que ses élèves avaient formée, afin de s’initier aux exercices et de jouer un rôle à leur mesure dans la révolution. C’est la première expression de ce qui allait être sa ligne de conduite pédagogique, centrée sur la diffusion des idéaux révolutionnaires.
Le 14 Juillet 1790, il est chargé de célébrer la messe pour la fête de la Fédération dans le département de la Corrèze. A cette occasion, il prononce son premier discours politique connu dans lequel il parle en ces termes : " Prenez vos armes et remplissez vous de courage... car il est meilleur de mourir dans le combat que de voir les maux de notre peuple ». Il participe à la fondation de la  Société des Amis de la Constitution en Mai 1790.
Son engagement dans la Révolution est de plus en plus important, ce qui devient difficilement supportable pour ses supérieurs municipaux et ecclésiastiques. La municipalité de Tulle, conservatrice, ne comporte à l’époque, qu’une minorité favorable à la révolution et l’évêque, lui ordonne de cesser de prêcher les principes de la révolution tant à ses élèves qu’au public de Tulle. La réponse de Victor de Lanneau est une véritable déclaration de guerre. Il la relate en ces termes :
" J’ai répondu que s’il craignait que son troupeau fut infecté des principes que je donnais à ses enfants, il pouvait lui interdire l’entrée de notre église, que je ne me déterminerai jamais à éloigner le public à l’instant de mes instructions, que cet  acte même de ma part ne pourrait qu’altérer infiniment la confiance que les pères de famille devaient avoir sur les principes que nous donnons à leurs enfants... J‘ai dit à Monseigneur l’évêque que son ordre me paraissait bien tenir à ce pouvoir arbitraire dont on venait de nous délivrer, qu’il me présentât une loi écrite et j’en serai bientôt le fidèle observateur. »
Il prête ensuite le serment constitutionnel, ce qui achève sa rupture avec ce milieu devenu hostile.

Vicaire épiscopal à Autun et Président du club des Jacobins

En 1791, l’occasion de quitter Tulle se présente et il part pour Autun en compagnie de Jean Louis Gouttes, curé originaire de Tulle et nommé, en succession de Talleyrand, évêque de Saône et Loire. Celui-ci le sollicite pour le seconder en tant que vicaire épiscopal.
A partir du 18 Avril 1791, date de son arrivée,  inconnu dans cette région, il connait une période où son évolution fut très rapide. Le 1° Mai, deux semaines après son arrivée, il est élu président du club des jacobins de la ville d’Autun. Le 13 novembre, il est élu officier municipal et admis dans la société populaire.
Jusqu’à l’an II (1794), il est  à l’origine de toutes les grandes décisions prises à Autun. Avec d’autres membres du clergé constitutionnel acquis à la cause de la révolution, il met en place un jacobinisme autunois. En effet, cette ville comporte une couche dominante composée d’une hiérarchie ecclésiastique et d’une noblesse foncière hostiles à toute réforme et une importante proportion de commerçants et artisans. Et comme les idées révolutionnaires sont en général portées par la bourgeoisie, couche sociale pratiquement inexistante à Autun, cela permet au clergé constitutionnel de s’y substituer et de devenir l’élément moteur du jacobinisme local.
Victor de Lanneau apparait comme emblématique de la fraction du clergé rallié à la révolution.
Il introduit le thème de la pédagogie politique révolutionnaire. De la même manière qu’à Tulle il avait créé une organisation des collégiens, il développe à Autun ces mêmes idées mais à l’échelle de la société populaire. Il crée des  missionnaires patriotes  qui sont chargés de diffuser les principes de la Constitution dans les campagnes.
Il est à l’origine du congrès des sociétés patriotiques qui se déroula en Avril 1792 et fin Juillet de cette année, la Société Populaire le députe à l’assemblée législative à Paris. Il y présente une adresse tendant à déclarer libres et indépendants et délivrer de tout joug monacal les individus qui composent les collèges .

Victor de Lanneau se marie avec Louise Joachim Alix en 1792

Profitant de son passage à Paris où il retrouve des familiers, sans doute entre autres, des frères de sa loge mère, le 8 Août 1792, il se marie. Il épouse Louise Joachim Alix, orpheline d'un artisan sellier du quartier de Saint Germain l'Auxois . Le contrat de mariage est signé le 31 juillet 1792 chez le Notaire parisien Bouillat. Il nous apprend que Victor de Lanneau a parallèlement à son action sociale, édifié un capital propre non négligeable, ce qui explique les  investissements qu’il fera par la suite.
De ce mariage sont venus : 
1. François-Michel-Adolphe, nommé commissaire des guerres à la suite de la campagne de Moscou, et ayant continué de servir en cette qualité dans la carnpagne de Saxe
2. Louis-Achille-Alexandre.
3. Eugène-Ferdinand.
4. Marie-Aglaé née en 1793, mariée à André-Georges Dupré de Fère. Sa fille Virginie Dupré va épouser Marie Georges William Arnould de Sainte Marie le 10 mai 1842 à Paris 75007 dont naitra en 1846,  Raoul de Sainte Marie, le père de l'arrière grand-mère de Catherine Colin. 
5. Françoise-Virginie, mariée à Etienne-Marie-Antoine Mouzard, membre de l’université de Paris, professeur au lycée Louis-le-Grand.

Son retour à Autun accompagné de son épouse, provoque un tollé dans les milieux hostiles aux mesures révolutionnaires.  Il est mieux accueilli par les autorités. Pour preuve, la municipalité approuve les résultats de sa députation à Paris et il est élu maire, le 17 Septembre, seize mois seulement après son arrivée dans cette ville. Son mariage  ne le fait pas immédiatement renoncer à ses fonctions religieuses, il signe d’ailleurs ses actes par cette formule : Victor Lanneau, vicaire épiscopal marié. Ce mariage provocateur affirme son patriotisme et fait de lui un porte parole des révolutionnaires les plus prononcés.
Mais il entre en conflit avec les autorités religieuses, et le 26 décembre 1792, il se défend en ces termes des attaques multipliées qu’il subit : " La loi naturelle, voila ma loi suprême, voila la seule vraie, parce qu’elle ne tient rien de la main des hommes. j’y trouve le principe et le précepte de toutes les vertus humaines, sociales et religieuses ; j’y vois le bonheur de l’homme privé et la prospérité publique ; je lui serai donc constamment fidèle, je la défendrai, je la suivrai toujours, cette loi première malgré les cris de l’ignorance et les injures du fanatisme. "
Il est soutenu par le directoire qui déclare : "Des prêtres, des gens ennemis des principes et de la raison lui font un crime de cette démarche. Mais le citoyen Lanneau s’est mis au dessus des préjugés en contractant mariage. Il a donné une preuve d’un citoyen éclairé, d’un homme qui ne sait pas transiger les principes d’une saine philosophie".
A ses fonctions de vicaire épiscopal, de maire et de membre le plus puissant de la société populaire, il ajoute deux autres activités qui lui permirent de donner de l’ampleur à son action. Il est nommé principal du collège et il crée sa propre imprimerie. Deux instruments d’action qui lui permettent de mettre en pratique une éducation civique fidèle aux principes de la révolution et de diffuser les thèmes de celle-ci au-delà des seuls élèves.

Abdication des fonctions de prêtre

Mais il ne peut trop longtemps persister dans son rôle religieux qui devient de plus en plus éloigné de ses convictions. Le 21 Brumaire an II donc le 11 Novembre 1793 Lanneau abdique publiquement ses fonctions de prêtre en déclarant : " Citoyens, depuis 14 mois, j’ai abandonné l’autel pour ma femme, et bientôt un enfant prouvera que mes sacrifices ne furent plus imaginaires. Mais à côté de ce contrat de la raison et de la tendresse, existe encore le brevet de l’imposture et du charlatanisme que j’ai reçu des mains de la superstition ; j’ai frémi quand j’ai aperçu ce honteux contraste : je m’empresse de le détruire, hâtez vous donc de le livrer aux flammes, car j’aurais à rougir, si l’enfant qui va me naître me surprenait des titres de prêtre ; c'est-à-dire des titres à l’indignation des sages... "
Cette déclaration donne le signal de la déchristianisation à Autun et Lanneau en prend la direction. Il déclara : " Les temples ont été tous fermés, la raison s’en empare. Si nous n’avons plus de prêtres, qu’on nous donne des instituteurs ". 
Il est nommé en décembre 1793, Agent National . Cette fonction lui donne la charge de l’organisation de la politique de Salut Public d’Autun et de sa région : réquisition des subsistances, instruction des enquêtes, organisation des fabrications de guerre et également, la mise en place de la manufacture d’armes d’Autun. Pendant cette période, ses fonctions le conduisent également à envoyer 10 personnes au tribunal révolutionnaire.
Il continue pourtant sa démarche envers l’opinion. Il prend en charge la rédaction et l’impression de  La Sentinelle d’Autun. Cette publication est le support de propagande du culte de la Raison et de la Nature, soutenant les valeurs du mariage et de la famille et vantant les mérites du Théàtre patriotique.
Un arrêt du 20 Juillet 1794 (7 jours avant la chute de Robespierre) signé entre autres par Saint-Just met fin à ses fonctions d’Agent National. Il est ensuite dénoncé comme terroriste par la Société populaire d’Autun et incarcéré jusqu’au 16 octobre 1794. Il quitte alors Autun après avoir vendu son imprimerie et réglé ses affaires personnelles. Il rejoint sa femme à Paris.


Fondateur du Collège Sainte Barbe à Paris

A Paris, il s’installe comme imprimeur, mais en Mars 1795, sur dénonciation anonyme venue d’Autun, il est de nouveau arrêté par le comité de sureté générale de la Convention. Son avocat adresse une lettre à la convention pour demander la libération de Lanneau. C’est un plaidoyer pour les Jacobins, sauveurs de la Révolution, il est compris et Lanneau aussitôt libéré.
A partir de cette période, son engagement politique devient plus modéré. Il reste imprimeur et est nommé chef de bureau de l’Instruction Publique. On lui propose la direction de l’Opéra de Paris qu’il décline au profit de la direction du Prytanée, l’ancien collège Louis le Grand.
Ces fonctions ne lui permettant  pas de mettre en pratique ses idées pédagogiques, il loue les locaux désaffectés de l’ancien collège religieux Sainte-Barbe près du Panthéon et les restaure à ses frais. Il veut recréer un enseignement secondaire de qualité, ce que les écoles centrales n’avaient pas réussi à faire à l’époque. Il ouvre son établissement sous le nom de Collège des Sciences et des Arts et a tout de suite un grand succès. Dès le concordat, ce collège laïc reprend malgré tout le nom de Sainte-Barbe et accueille entre autre des enfants d’anciens révolutionnaires plus ou moins persécutés tels ceux de Camille Desmoulins.





Collège Sainte Barbe à Paris
Il peut y mettre en application les principes déjà esquissés dans le règlement du collège de Tulle. On les retrouve dans le célèbre règlement de Sainte Barbe. Ce collège est situé rue Valette à Paris, sur la Montagne Sainte Geneviève.  Créé en 1460, il fut le plus vieux collège de France. Il est fermé en 1999 et ses locaux accueille une bibliothèque universitaire.
Sa vie de 1798 à 1830, est celle d’un homme vénéré par son autorité morale sur les élèves et les professeurs de son école. Son passé révolutionnaire est tacitement oublié et il a même des velléités de rapprochement vers l’église telle que la demande de réhabilitation de son mariage en 1803 date à laquelle il a 5 enfants.

Victor de Lanneau, pédagogue


Portrait en pied de Pierre Antoine Victor de Lanneau de Marey réalisé par M jean Marie Marlet,  Peintre
 devant les bâtiments du Collège Sainte Barbe et les élèves - Gravure et lithographie de 1816
Toute la pédagogie de Lanneau pourrait se résumer à  Instruire les citoyens par l’instruction tant civique que proprement scolaire.  Son but est de véhiculer les idées révolutionnaires et de favoriser la mise en pratique des principes nouveaux : Une morale familiale et sociale associée à des principes politiques tels que le droit à la propriété subordonné au droit à l’existence des plus pauvres, la constitution, les droits de l’homme et la république. Il a remis son établissement à son fils Adolphe de Lanneau. 


Décédé le 31 mars 1830

Le 31 mars 1830, Pierre Antoine Victor de Lanneau de Marey meurt à Paris. Il reçoit tous les honneurs : éloges dans la presse, cérémonie au Père Lachaise suivie par une foule composée de ce que Paris comptait de plus important dans le domaine des lettres et de l'éducation. 



Tombe de Victor Lanneau au Père Lachaise

Ces honneurs lui sont rendus au titre de l'un des plus illustres pédagogues de ce début du XIXème siècle, auteur de dictionnaires, fondateur du Collège Sainte-Barbe situé au coeur du quartier latin à Paris. Dans son village de Bard-les-Epoisses en Côte d'or, l'église paroissiale rappelle aux habitants, par une plaque scellée dans le choeur, quelle fut la gloire de leur compatriote.

On se souviendra de Victor Lanneau comme un des dirigeants Jacobins les plus importants de l'ancienne province de Bourgogne et particulièrement en Saône et Loire.


Sa carrière et sa vie  hors du commun en a fait un prêtre, malgré lui, allié à la Révolution avant d'être reconnu comme un pédagogue illustre à Paris à qui les biens nés de la capitale confièrent l'éducation de leurs enfants. 


C'est l'ancêtre en ligne directe de Catherine Colin. Un sacré ancêtre ! 





Arbre généalogique de Lanneau / de Sainte Marie
Site généanet ccolin55