mardi 16 juillet 2013

Histoire de Chailley 1/3 : Nos ancêtres les Gaulois



Mon grand-père maternel Marcel Bourgoin, Sosa 6, et ma mère Arlette Bourgoin sont nés dans le village de Chailley, dans l’Yonne, dans le pays d’Othe. C’est aussi le village de mon enfance, car j’y ai passé toutes mes vacances chez mes grands-parents. J’aime ce village rural et j’ai cherché à en savoir plus sur son histoire.
Au travers de cette recherche, je me suis plongée dans une épopée collective qui indique une présence humaine très ancienne. Chailley, tiendrait son nom de son sol calcaire (caliacum) Chaillicum. Les Gaulois, les Romains puis les Français se sont succédés sur ce territoire.

Avant l’ère chrétienne, les silex taillés retrouvés dans les environs témoignent d’une présence humaine.

Silex des environs de Chailley
 Yonne
Je suis moi-même partie à la recherche des nombreux silex qui jonchent les champs et combien de fois j’ai pensé trouver des haches de pierres, des flèches.  Je les ai gardé précautionneusement dans ma chambre et je pensais à ces hommes et femmes d’hier qui chassaient le gibier de cette contrée boisée ou bien cueillaient les baies destinées à leur nourriture.
Car dès la préhistoire, l’épaisse forêt d’othe était habitée. Beaucoup de pierres taillées, polies, de pointes de flèches ont été retrouvées par les habitants. La chasse était indispensable et les nombreux silex de ces terrains de craies constituaient l’élément de base  à la fabrication des armes. Le Musée de Saint-Florentin en réfection conserve une belle collection de pièces préhistoriques retrouvées sur le territoire.



Les Gaulois
Je n’ai jamais douté de leur présence bien avant de découvrir plus tard que des chasseurs nomades du paléolithique occupaient les pentes de la forêt d’Othe.
La Gaule




Mémoires historiques de Seignelay de VB Henry
Un oppidum gaulois a été retrouvé à proximité, sur le site de Champlost, à 8 km de Chailley, ainsi que des médailles en bronze et des fers de lance. Mon ancêtre François Godard, Sosa 328, est né dans cette commune le 04/12/1660.

Les Romains
La présence romaine est également confirmée. Plusieurs ouvrages historiques relatent les traces de camps romains fortifiés à proximité de Champlost ou Saint-Florentin. Le camp romain d’Avrolles, dit camp de Barcena, est entouré de larges fossés, de plateformes et de talus. On retrouve des voies romaines dont celle reliant Troyes et Auxerre construite par Agrippa, 37 ans avant l’ère chrétienne qui passe par le centre d'échanges nommé « Eburobriga » (actuellement Avrolles) près de la petite ville actuelle de Saint Florentin.

Eburobriga (Avrolles) sur la voie romaine Sens Auxerre

Dès le temps de la fondation de Rome, ces lieux étaient peuplés, fertiles, couverts de vignes. Chailley était au cœur d’une région peuplée depuis très longtemps, chargée d’histoire, de travail et de combats. La vie s’organisait autour de huttes rudimentaires à l’orée de la forêt, d’élevage, ou de l’agriculture. On a retrouvé des buttes de mâchefer témoignant de l’activité de fonderies artisanales gallo-romaines sur le secteur.  L’industrie du fer a revêtu une certaine importance qui se poursuivra sous la tutelle de la noblesse et du clergé. Après les invasions barbares, Chailley va connaitre une nouvelle étape de son développement au Moyen-Age.

samedi 13 juillet 2013

Comment faire une recherche historique sur un village ?

Logo de Chailley

Ma recherche historique sur le village de mes ancêtres démarre. Je m'appuie sur différents supports.
Je me suis alors trouvée devant une vraie difficulté. Je constate que la La fiche Wikipedia "Chailley" existe mais est vierge. Du travail en perspective, pour plus tard ...
Un site municipal existe. Je peux y glaner des informations sur les heures d'ouverture de la bibliothèque et des différents services. Un descriptif des quelques monuments est accessible. Je n'apprends rien de nouveau.
Bibliothèque municipale
Pas de livre sur Chailley à  la bibliothèque municipale. Mes recherches sont infructueuses.
Archives familiales
Brochure de l'Amicale du Pays d'Othe
Je retrouve, dans un carton, une brochure éditée par Alain Dumesnil et l'Amicale de la forêt d'othe "Entre Bourgogne et Champagne : Chailley en pays d'othe 3 siècles d'histoire locale", en date du 14 juin 1983 et imprimée par l' Imprimerie Michel Mercier à Vergigny 89780. Prix 70F. Cette amicale n'existe plus mais il reste son travail écrit en quelques exemplaires qui va me servir de point de départ pour ma recherche historique. Je vais donc dépouiller avec soin ce document, vérifier les sources et les informations.


Cahier des élèves de l'école primaire de Chailley 



Archives scolaires
Ma tante Nicole, qui n'a jamais quitté ce village est une source inépuisable de souvenirs et d'archives. Suite à mes demandes, elle sort de ses sacs un petit cahier d'école. Ce cahier a été rédigé par les élèves de l'école primaire de Chailley . Il s'appelle "Chailley, notes historiques par les enfants de Chailley - Dessins et Plans d'ensemble". Je l'ouvre de façon précautionneuse. Le cahier est fait de façon artisanale. Agraphées, les pages ont été imprimées à l'encre bleue et écrites à la main par les élèves. Chacun d'entre eux a signé son texte. Charles Barillon, Aimé Manigaud, Germain Leloup, Jean Robichon, Gilbert Quesne sont cités. Les enfants "imprimeurs" sont cités aussi Pierre Mignon, Guy Michaux. Apparait le nom de mon oncle Gérard Bourgoin qui a rassemblé des textes" et dessiné l'édifice de la Mairie. Car le cahier est agrémenté par des reproductions de cartes du village, de dessins des principaux monuments. C'est un travail remarquable effectué sous la houlette de M MILLOT, Instituteur à chailley avant de devenir Professeur au Collège de Saint Florentin et initiateur du Musée d'histoire locale de Saint Florentin. Bien sûr, l'encre est pâle et la lecture difficile mais ce document me touche et les informations retrouvées sont en phase avec le travail élaboré par l'Amicale de la Forêt d'othe.
Cartes postales anciennes
Grande rue de Chailley CPA
J'ai hérité d'une petite collection de cartes postales anciennes de laquelle j'extraie celle des Chailley. Les cartes sont de beaux objets qui retracent bien les lieux, les espaces et même les émotions d'autrefois. Je me mets à scanner ces précieux documents.  Une autre tante, Evelyne, a chez elle une collection de cartes postales anciennes et certaines passent dans mon scanner pour compléter mes archives. Une habitante de Chailley, fille de l'ancienne épicière, a gardé des cartes postales rares du début du siècle. Elle accepte de mes prêter pour les scanner. Quelques achats en plus via "Delcampe" et j'ai de quoi illustrer la vie du village.
Archives départementales de l'Yonne
Dans un beau bâtiment situé dans le coeur de la vieille ville d'Auxerre,  près de l'Abbaye Saint Germain, les Archives offrent une salle de lecture calme. Je vais consulter quelques livres historiques, dépouiller la presse régionale, consulter des archives. En deux jours de recherche, photographies de documents, je dispose d'éléments me permettant d'avancer. Je sais que je peux y retourner quand je voudrais approfondir mes recherches. Grâce aux archives numériques, j'ai eu accès au plan cadastral de Chailley en 1811. Le village n'a pas vraiment changé de physionomie depuis. 
Plan cadastral de Chailley 1811
Photographies
J'ai classé mes photos anciennes dans des albums destinés à la conservation de cartes postales anciennes. Je peux donc sélectionner celles qui sont utiles à ma recherche et compléter par des photos actuelles que je vais prendre sur place.
Souvenirs 
Chailley reste ancré en moi car il est le théâtre de nombreux souvenirs d'une enfance heureuse. Les souvenirs sont nombreux : les balades en vélo sur les petits chemins qui relient les hameaux du Vaudevanne, des Fourneaux, de Venizy, des Pommerats, du Fays...les cabanes construites dans la forêt d'Othe qui venait frôler le village, près de la Chapelle, les jeux de piste à travers les hêtres et les sapins, les pièces de théâtre que nous présentions dans le sous-sol de ma grand-mère, la fête de l'école  où je vendais les enveloppes beiges avec les lots à gagner, les bals de village où se côtoyaient toutes les générations de façon naturelle, les courses cyclistes qui traversaient le village, les jeux dans le grenier des découvertes, les gouters de tartines de beurre et de copeaux de chocolat chez ma tante avec mes cousins, les baignades dans l'Armançon, rivière sauvage et glacée, les parties de pêche avec mon Grand-père au bord de la rivière à Duchy, les framboises cueillies fraiches que je dévorais...Bref des souvenirs communs d'une enfance insouciante.

Allons-y ! 

Au delà des ces souvenirs, je dispose de sources suffisamment nombreuses et fiables pour écrire sur l'histoire de ce village.

jeudi 11 juillet 2013

Accès à l'histoire du Village de Chailley


ECRIRE et ETRE LU, telle l'ambition de la plupart des recherches, et de celle la en particulier. Mon idée est de rédiger une synthèse de mes recherches. Je souhaite retracer l'histoire du village à partir des données recueillies. Parce qu'on écrit presque toujours pour être lu, je dispose d'outils intéressants pour diffuser ma recherche. Mon objectif  est le partage.
Le Blog "Histoire de familles"
Je vais pouvoir écrire des articles dans ce blog, à destination de ma famille, des lecteurs du blog. 
Référencement Web
Le référencement des articles dans Google offre à toute personne intéressée par l'histoire locale d'avoir accès à mes informations. 
Wikipédia
J'ai dans l'idée de mettre à jour la page Wikipédia de Chailley car tout est à faire. Je suis déjà inscrite en qualité de contributeur et j'ai déjà une petite expérience des ajouts et modifications qui peuvent être faits sur les pages Wikipédia. 
Twitter
J'ai découvert récemment cet outil et je me le suis approprié. C'est un bon moyen pour communiquer rapidement sur l'actualité, les nouveautés et entrer en contact avec des organismes ou personnes choisies et concernées. D'autres idées de diffusion me viendront sans doute en temps utile.
Chailley, toute une histoire ... Articles du Blog
Je définis 3 périodes dans la naissance et le développement du village de mes ancêtres qui vont donner lieu à l'écriture de trois parties.
Vous allez les retrouver sur 3 pages de blogs auxquelles vous pouvez accéder par les liens ci-dessous.
J'espère vous faire partager l'esprit de ce territoire, pétri d'histoire qu'est la Forêt d'othe. J'espère vous faire partager les liens qui me lient à ce petit bout de terre et de forêt. Je prends plaisir à sentir vivre mes ancêtres dans cette contrée qui, à différentes époques  et  dans des contextes différents, ont construits leurs vies d'hommes et de femmes. Nous sommes une part d'eux.

mercredi 3 juillet 2013

Les Godard : 3 générations de sabotiers


Jusqu'au début du XXème siècle, dans les campagnes, chacun portait des sabots en bois sauf les plus pauvres qui eux étaient contraints d'aller nu-pieds. Le sabotier était l'un des métiers ruraux le plus implanté en France. 
Plusieurs de mes ancêtres étaient Sabotiers. J'ai pu le constater en effectuant mes recherches pour construire mon arbre généalogique. Trois générations de sabotiers se succèdent de 1802 à 1940. J'ai pu reconstituer ce parcours des générations avec l'aide des archives numérisées du département de l'Yonne, en Bourgogne.

Mes informations de départ 
Je disposais de quelques photos de Romulus GODARD et des souvenirs de son arrière-petite-fille, ma mère.  Il était sabotier à Chailley. Il venait de la commune de Cerisiers dans l'Yonne, m'a-t-on dit. Personne n'en savait plus. Je connaissais son ancien atelier, petite maison située dans la cour de la maison familiale. Il n'y avait plus d'outil, malheureusement. Par contre le grenier regorgeait  de dizaines d'ébauches de sabots que Romulus avait creusé de ses mains, peut-être à l'aide d'une machine. On n'avait pas le droit d'y toucher. Comme si cela restait une richesse insoupçonnée. Sans doute, avait-on vu Romulus passer des heures à travailler et cette interdiction témoignait de la valeur ancienne de ces sabots en cours. Elle témoignait aussi de la fin d'une époque, celle où les habitants de Chailley et des environs portaient les fameux sabots en bois. L'importance de cette activité dans la Forêt d'othe est  soulignée par une carte affichée dans le musée communal de Saint Florentin, en cours de réhabilitation. Cette carte réalisée par M MILLOT, ancien Professeur au Collège,  indique par un petit sabot en bois, collé sur la carte,  l'existence de M GODARD, sabotier à Chailley. C'était mon aïeul. Moi qui ne l'avais pas connu, je décidais de partir à sa recherche. 

Comment m'y prendre pour aller plus loin 
J'ai bien sur commencé à chercher via le site Généanet les traces de la famille Godard. Mais pas d'informations sur Romulus. Je devais donc me plonger, au hasard, dans les archives numérisées. J'ai sélectionné la commune de "Cerisiers", et les actes de "Naissance" et j'ai parcouru les archives patiemment. Avec le risque que cette information soit totalement fantaisiste. 
Page écran archives numérisées Yonne
Registres de la commune de Cerisiers Yonne
Romulus GODARD, le dernier Sabotier de la famille
Soudain, la joie :  le nom de GODARD Romulus Casimir est apparu. Il était bien né à Cerisiers (information exacte !) le 9 mars 1854.  Ouf ! Enfin un fil à tirer pour en connaitre plus sur sa filiation. Cet acte mentionne clairement les noms de ses parents Adolphe GODARD âgé de 23 ans, demeurant au hameau des Chapelles, exerçant la profession de sabotier. Son épouse était Eléonore VELARD âgée de 22 ans, manœuvrière. Il me restait donc à remonter la piste. Je décidais de chercher la trace de ses parents dans la même commune. C'était mon hypothèse parce que à cette époque, on circulait peu. Pari réussi.
Acte de Naissance de Romulus Casimir GODARD 9 mars 1854

A la rencontre de Joseph Adolphe Prudent GODARD
Je retrouve donc la trace du père de Romulus, GODARD Joseph Adolphe Prudent, Sosa 52, né le 14/06/1830 à Fournaudin, Hameau des Chapelles,  canton de Cerisiers. Son père Joseph GODARD était lui-même "Sabottier" (orthographe utilisée) à Fournaudin commune de Cerisiers , âgé de 28 ans et sa mère Marie Colombe BADET,  sans mention de son âge.  
  
Acte de Naissance de Joseph Adolphe GODARD 14 juin 1830

Son père GODARD Joseph Jean Baptiste, le premier Sabotier de la famille Sosa 104, est né le 22/11/1802 à Boeurs-en-Othe 89. Il a été également Sabotier à Fournaudin, Hameau des Chapelles. Pour le retrouver, j'ai remonté les archives en calculant la date de naissance supposée à 1802. Problème, en 1802, nous sommes dans le calendrier révolutionnaire. Nous sommes dans le premier jour du mois de frimaire de l'an onze de la république. Une conversion était nécessaire. Merci Internet. C'est le fils de Joseph GODARD manouvrier marié à Marie Anne FONTAINE domiciliés à Boeurs-en-Othe, Hameau de la Grande Jaronnée. La lignée des sabotiers démarre donc avec Joseph Jean Baptiste GODARD. Le savoir-faire se perpétuera pendant 3 générations. 

Acte de naissance Joseph Jean Baptiste GODARD 22 novembre 1802

Le métier de sabotier a donc fait vivre trois générations. Pourtant, il a fallu associer à cette activité la profession de Cafetier pour compléter les revenus de la famille. Ou alors, on peut penser que le métier de sabotier avait rapporté suffisamment d'argent pour pouvoir s'installer dans un village rural en qualité de commerçant, installer une vraie maison, et créer une activité de Cafetier.
Etre sabotier nécessitait un savoir faire et  une  dextérité pour manier quelques outils, le bois des arbres dans le coin d'un atelier. Ce savoir-faire se transmettait de père en fils. Les sabotiers vivaient souvent à proximité des forêts pour trouver leur matière première. C’était  le  cas pour mes ancêtres qui vivaient au pied de la  Forêt d’Othe, dans l’Yonne.  

Pèlerinage aux Chapelles
Puisque mes ancêtres avaient vécu au Hameau des Chapelles, je décidais de m'y rendre. Je savais que c'était près de Cerisiers et vive Mappy pour retrouver la carte détaillée des environs. Sur une petite route blanche à 5 km de la commune, est indiqué "les Chapelles". Je vais emprunter, en haut d'une colline,  le chemin des loges évoquant les anciennes huttes de bucherons, appelées Loges . Ce chemin, devenu une petite route,  mène au hameau situé dans une forêt d'Othe désormais "mangée" par les nombreuses cultures de céréales. Des maisons de caractère rénovées cohabitent avec des   constructions neuves. Ce circuit de mémoire est émouvant. 
Sabotier dans la Forêt d'Othe
La forêt d'Othe est une vaste forêt française située entre la Champagne au nord, et la Bourgogne au sud. Le sabotier était chargé d'abattre les arbres, les débiter, les dégrossir. Le bois était celui des charmes très présents dans la forêt d’othe, au bois dur et résistant, des hêtres, des chênes, des bouleaux. Les femmes s'occupaient souvent de la finition et des décorations. Les enfants eux étaient en charge du transport et de l'entretien du feu. Il faut avoir en tête l’imposante Forêt d’Othe. 
J’ai retrouvé deux cartes postales de Fournaudin, datant de 1904. Le chemin de terre laisse circuler la charrette à travers une épaisse forêt de hêtres et de charmes. 
Arces
En Foret d'Othe d'Arces à Fournaudin CPA  1904
Fournaudin
La Forêt d'othe près de Fournaudin CPA 1910 environ
A la même époque, une carte ancienne fige pour l’éternité un bucheron de la forêt d’othe avec sa serpe et son tablier de coton. 
Bucheron de la Foret d'Othe CPA 1910 environ
Une loge de bucherons datée de 1912 témoigne de la dureté des vies dans la forêt d’othe. C’étaient sans doute les conditions de vie de mes ancêtres GODARD au XIXe siècle.
Loge de bucherons de la Forêt d'othe à Sormery Yonne CPA 1912
Au milieu du XIXème siècle, la profession évolue. La demande en sabots devient de plus en plus importante : le sabot est porté par les paysans en campagne et dans les villes également.  Les sabotiers ouvrent de plus en plus des boutiques et partagent leur temps entre bourg et bois. 
Sabotiers au travail en Bretagne

La première machine à sabots fera son apparition. Les artisans se rapprochent des bourgs, pour bientôt s'y installer à demeure, leur atelier jouxtant la loge ou la maisonnette. 
Ils ajoutent souvent à leur métier ceux de cabaretier et de barbier,ce qui sera le cas des GODARD.

Le travail du sabotier
Les grumes de bois étaient débitées en rouelles à la scie-harpon (ou passe-partout) à la longueur d'un sabot, puis fendues selon leur grosseur. 
Le creusage des ébauches
L'ébauche de la forme extérieure était obtenue à la hache à bûcher . Je me souviens très bien des ébauches entassées dans le grenier de la maison familiale, témoignant du travail de mes ancêtres.
Une ébauche réalisée par Romulus Godard - Grenier familial 


L'étape suivante se fait sur le petit établi sur lequel est fixé un grand sabre orientable, très tranchant, le paroir, avec lequel est façonné l'extérieur de la pièce. Ensuite, vient le creusage sur la coche, à l'aide de la tarière puis de diverses cuillères. Le boutoir est ensuite mis en œuvre pour former semelle et talon. Et c'est parfois l'épouse qui se charge des finitions au racloir, avant de teindre au noir de fumée, au brou de noix ou plus tard au vernis.
Sabot à bride

Avec le temps, le bridage apparaît, c'est la pose d'une bande de cuir en forme de croissant à l'avant du sabot, qui va apporter un meilleur confort à la marche. 
Ces brides pourront resservir pour plusieurs paires de sabots successives.

Sabotier et Cafetier
C’est sans doute ainsi que Joseph Adolphe Prudent GODARD est venu s’installer à Chailley, village actif à l’orée de la forêt d’othe et à 15 km de Fournaudin. Entreprenant, il crée le Café de l’Union dans la grande rue du village. Il exerce, pour compléter ses ressources, le métier de cafetier. La diligence qui relie Chailley à Saint Florentin, s’y arrête et les voyageurs peuvent s’installer devant la boutique, installée dans la maison familiale.
Son fils, Romulus GODARD, exercera sa profession de sabotier Grande Rue à Chailley dans un atelier proche de la maison familiale, que j'ai évoqué plus haut.
Sabotier
Romulus GODARD Sabotier devant son atelier en 1933
Il exercera aussi, à la suite de son père, le métier de Cafetier. 
Chailley
Romulus Godard Cafetier au Café de l'Union à Chailley Yonne
Son frère Zéphirin GODARD préféra s’exiler à Paris pour exercer le métier de Limonadier 10, rue Beaurepaire près de la gare du Nord. Il se fera inhumer dans le cimetière de Chailley dans une stèle de pierre calcaire surmontée du triangle du libre-penseur. La tradition familiale fut préservée, laïque et républicaine puisque que les deux frères portaient des prénoms républicains Zéphirin et Romulus. (un autre sujet d'article !)
Au début du XXe siècle, les scies mécaniques et les techniques nouvelles se généralisent. Les sabots vont être fabriqués en usine à la chaîne. Après la Première Guerre Mondiale, la profession décline à cause de l'exode rural et l'arrivée des galoches. Le gendre de Romulus, Alphonse Etienne BOURGOIN installera une Boucherie à côté du Café, activité qui emploiera trois nouvelles générations.

Mes ascendants généalogiques
Grace à Joseph Jean Baptiste GODARD, j'ai été en relation avec un "Cousin"généalogique sur Généanet qui m'a permis de remonter jusqu'à mon ascendant Edmé GODARD né vers 1589, décédé en 1675 à Bellechaume dans l'Yonne. Il me reste à mettre à jour le logiciel Hérédis !