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dimanche 18 janvier 2015

Trouvaille au vide grenier


Le père des mes enfants a découvert, dans un vide grenier, un encadrement avec la reproduction d’une carte postale de la grande rue du village de Chailley dans l’Yonne, le village de mes ancêtres. 

Tableau déniché au vide grenier


Trouvaille du vide grenier
Cette trouvaille a été faite à 800 km de Chailley, dans le sud-ouest de la France.


Carte postale de Chailley datée de 1908


Carte postale de la grande rue de Chailley - Yonne - 1908



Erreur chronologique


Au bas de ce tableau est inscrit le commentaire suivant : "Bon de commande envoyé par Marcel Bourgoin Boucher à Chailley, à Monsieur Villain, Boucher à Linan, le 24 mars 1908".



Il est impossible que Marcel BOURGOIN ait écrit cette carte postal. Marcel, mon grand père, né le 27 mars 1905 n'avait que 3 ans en 1908, la date d'envoi de ce courrier. Il s'agit donc de son père Etienne Alphonse BOURGOIN, qui a créé sa boucherie à Chailley.



Texte écrit par mon arrière grand-père

Est reproduit le dos de cette carte postale. Et là surprise ! Il s’agit bien d’un texte écrit par Etienne, Alphonse BOURGOIN, mon arrière grand-père, Boucher à Chailley. 


Ecriture d'Alphonse BOURGOIN, mon arrière grand-père

Il passe commande à M. VILLAIN, Boucher à Linant, commune de Turny située à quelques kilomètres. « Si nous n’avons pas réponse jeudi matin nous compterons sur vous pour 1/9 veau que vous nous amenez. Si vous ne pouvez pas répondez demain sans faute Bourgoin ». 

La carte postale est datée du 24 mars 1908. Alphonse, né le 29 novembre 1876 à Saint Julien du Sault Yonne,  avait 32 ans lorsqu’il a écrit cette carte.


Comparaison de signature

J'ai cherché à vérifier la signature d'Alphonse BOURGOIN en la comparant avec celle qu'il a apposé sur son acte de mariage avec Berthe GODARD en date du 2 mars 1903. J'ai trouvé des différences entre ces deux signatures. Je ne suis pas graphologue pour certifier de façon qu'il s'agit du même signataire. 


Signature sur l'acte de mariage de 1903

Signature sur la carte postale de 1908


Belle trace familiale due au hasard


J’ai été très touchée de lire sa belle écriture penchée que je ne connaissais pas. Une belle trace familiale dénichée par hasard dans un vide grenier…


Etienne Alphonse BOURGOIN

mardi 24 juin 2014

S comme Stalagh 2B


#ChallengeAZ

A l'occasion de ce Challenge généalogique, je souhaite mettre en valeur le site du STALAG 2B, camp de prisonniers de 1939 à 1945, situé à Hammerstein en Poméranie. Je trouve ce site remarquable et participant à un travail de mémoire indispensable.


Carte des Stalagh


Je vous invite à consulter ce site en cliquant sur ce lien SITE STALAG 2B

Il est réalisé par les familles des prisonniers et des recherches sur place en Pologne. Il permet de faire la liste des prisonniers du camp et retracer l'histoire de la construction et des conditions de vie dans ce camp. Chacun peut présenter des photos, des témoignages, des archives. Sont accessibles des rapports de la Croix-rouge.

Actuellement 44 prisonniers sont recensés sur ce site et nous attendons d'autres souvenirs ou archives pour l'enrichir. Il y aussi des cartes, des photos, des dessins, des liens...

René TARDI, Dessinateur, a publié une excellente BD sur le Stalagh 2B où a été fait prisonnier son propre grand-père.



Mon Grand-père Marcel BOURGOIN, matricule 86796 y a passé 2 années de sa vie. Il était affecté au Kommando n°210 comme boucher à la Fleisherei Wilke, chargée de l'approvisionnement du camp.

J'ai rédigé une page de témoignages, accessible à Prisonnier Marcel BOURGOIN.


Marcel BOURGOIN prisonnier du camp de Hammerstein 11 septembre 1940

Pour en savoir plus sur mon grand père prisonnier


En souvenir de cette période noire.


Q comme Quenelle

#ChallengeAZ

Mon enfance a des souvenirs d'odeurs et de goûts.

C'est avec délectation qu'émane de mes souvenirs la bonne odeur des quenelles que me préparait ma grand-mère maternelle.

Elle s'appelait Germaine Guibert, née le 8 janvier 1914 à Auxerre. Elle avait épousé Marcel Bourgoin, le boucher de Chailley. Elle quitta la ville d'Auxerre, son métier aux Assurances sociales, pour s'installer dans la maison familiale de son époux Marcel Bourgoin, Boucher à Chailley (Yonne).

Elle s'attelait à la tâche et secondait son époux avec vigueur dans le commerce familial.

Elle était une cuisinière de talent et une véritable créatrice culinaire.

Elle avait inventé la recette de ces excellentes quenelles de lapin au Chablis, puis de volailles.

Elle sortait délicatement de leur pot en verre des petites quenelles rangées proprement les unes contre les autres.

Elle ouvrait un deuxième pot contenant la sauce à la tomate, type sauce nantua.

Elle nappait ses quenelles de la sauce onctueuse et passait le tout au four. C'était un plat fumant et odorant qui était placé au centre de la table. Impatiente, j'attendais qu'on me serve avec précaution avant de pouvoir déguster ces quenelles magiques.

Je me régalais de ce plat que je savais préparé avec soin.

Etiquette des pots de quenelles de Lapin au Chablis "la Chaillotine" 1963


Il ne fallait pas attendre bien longtemps avant que les assiettes soient vides. Mais il fallait patienter jusqu'à un autre repas pour pouvoir renouveler l'expérience gustative.

Les quenelles, accompagnées de leur sauce à la tomate, étaient vendues dans la boucherie charcuterie de mon grand-père Marcel Bourgoin.

Elles rencontrèrent tellement de succès que son fils imagina un procédé de conservation. Des pots stérilisés dans une autoclave et fermés hermétiquement par une capsule de métal.  Cette idée et ce procédé novateurs permettront de les lancer en série sur le marché français.

C'est ainsi que les fameuses quenelles ont été commercialisés à  grande échelle dans les villes des environs d'abord puis dans toute la France et surtout à Paris.

Leur renommée amena la boutique familiale à se transformer en véritable petite industrie alimentaire sous le nom "la Chaillotine", du nom des habitantes de leur commune Chailley.

D'autres produits sont venus rejoindre la "gamme" des bouchers de Chailley, en particulier les toutes aussi fameuses rillettes de lapin parfumées au Chablis.

Couvercle Rillette de Lapin au Chablis "La Chaillotine" 1963


Comme le relate un article du journal l'Yonne Républicaine daté du 25 février 1963, la qualité aidant "la Chaillotine" gagne des marchés. Est photographié le laboratoire de la charcuterie Bourgoin qui emploie à cette époque 4 personnes, qui s'ajoutent au boucher, son épouse, à son fils et à son neveu devenus apprentis dans le commerce familial.

La petite entreprise, fondée sur les quenelles et les rillettes de ma grand-mère, au goût recherché, fera vivre toute la famille pendant de nombreuses années.


Article du Journal l'Yonne Républicaine 25/02/1963















dimanche 22 juin 2014

P comme Permis de Conduire en 1935

#ChallengeAZ



Je souhaite vous présenter le premier Permis de conduire les automobiles dont ma grand-mère Germaine BOURGOIN, née GUIBERT le 08 janvier 1914 à Auxerre, a été titulaire. Il lui a été délivré par le Préfet de l'Yonne le 9 décembre 1932.

Elle l'a gardé précieusement. C'était le symbole de son indépendance. 



Permis conduire 1935






Ce document me permet de retracer l'histoire de la naissance du permis de conduire, dont je ne savais pas grand chose avant mes recherches. 

C'est la loi du 30 mai 1851 sur la police du roulage et des messageries publiques qui a servi de fondement juridique à nos divers codes de la route.

Premier Code de la Route en 1851
Fondé donc sur la loi de 1851, apparaît le premier code de la route.

Certificat de capacité en 1899 
Le 10 mars 1899, un décret rend obligatoire sur tout le territoire français la détention du "certificat de capacité" par l’ensemble des conducteurs : « nul ne pourra conduire une automobile s’il n’est porteur d’un certificat de capacité ». Le certificat de capacité est délivré par le préfet de la résidence du candidat sur avis favorable du service des Mines. En 1897,  la Duchesse d'Uzès devient la première femme à obtenir ce certificat de capacité. 

Création du Permis de conduire en 1922
Le  décret du 31 décembre 1922 porte règlement général sur la police de la circulation routière. Ce texte reprend les dispositions antérieures et en y apportant quelques nouveautés : désormais, le certificat de capacité est appelé permis de conduire, ses conditions d'établissement et de délivrance sont fixées par arrêté du ministre des travaux publics. 

Le parc automobile explose passant de 157 000 en 1920 pour atteindre 1 800 000  véhicules en 1940.
Aujourd'hui, il dépasse en France les 38 millions, sans compter les véhicules utilitaires au nombre de 4 millions. Une toute autre échelle ! 







vendredi 20 juin 2014

O comme Obsèques


#ChallengeAZ

Dernières volontés pour les obsèques de Armand BOURGOIN



Je vais vous rapporter les dernières volontés de mon grand-oncle Armand BOURGOIN, qui sont pour le moins originales.

Qui est Armand Bourgoin ? 

Armand BOURGOIN

Armand Octave BOURGOIN est né  le 3 septembre 1879 à Saint-Julien-du-Sault dans l'Yonne en Bourgogne.  Il est décédé le 9 juillet 1963 à Sens.

Il est l'oncle de mon grand-père Marcel Bourgoin. 

Je l'ai connu à la fin de sa vie car il venait déjeuner tous les jours chez mes grands parents. La cohabitation était parfois difficile car le personnage avait un caractère difficile, un peu grincheux, avec des manies et des exigences,  bref un "original" comme disait pudiquement mes grands-parents.

Avant son décès, il écrit à son neveu Marcel Bourgoin, Maire de la commune de Chailley, une lettre manuscrite qui précise ses dernières volontés pour ses obsèques.

Elle est adressée à Monsieur le Maire,  sans doute pour accentuer la  gravité de ses propos et lui donner un caractère officiel. 


Les exigences d'Armand pour ses obsèques


Armand ne veut pas d'une concession perpétuelle et estime même que cette pratique devrait être interdite. 

Surtout, précise-t-il clairement, il ne veut pas être porté, dans son cercueil, les pieds en avant

En effet, le cimetière de Chailley domine le village avec une vue sur tous les environs. La rue qui permet d'y accéder est en pente et la montée assez raide. Il n'est pas question pour Armand "de partir  les pieds en l'air et la tête en bas". Il ajoute que "c'est une honte de voir cette pratique à Chailley qui dure depuis si longtemps".

Il termine son testament par ces mots aigre-doux "On peut satisfaire mes désirs, cela ne coute rien à personne" ! Il conclue "Adieu tout le monde".


Son testament manuscrit





Dernières volontés respectées


Ses dernières volontés seront scrupuleusement respectées par mes grands parents. Ce sera un enterrement civil, comme pour toute la branche des Bourgoin. Mais son cercueil ne passera pas devant la Mairie comme il était d'usage pour les obsèques dans cette commune.

C'était sa demande expresse. Elle a dû être un peu choquante  pour son neveu, Maire de la commune qui s 'est occupé de lui jusqu'à son décès.

Je ne connaitrais jamais la raison de cette dernière volonté.

Mes grands-parents maternels ont gardé ce testament. Il l'ont parfois évoqué lors des repas de famille lorsqu'ils se souvenaient de l'oncle Armand. Mon grand-père ajoutait même que Armand ne voulait pas que "son sang descende dans sa tête lors de la montée au cimetière" ! On en souriait.

Il est un peu incroyable qu'il soit  parvenu jusqu'à moi comme témoignage d'un Monsieur au sacré caractère !








lundi 9 juin 2014

I comme Institutrice



#challengeAZ

Institutrice, la vocation de ma mère

Arlette Bourgoin, ma mère à 18 ans (1953)

Ma mère, Arlette BOURGOIN, a toujours rêvée d’être Institutrice. Née en 1935 dans un petit village de l’Yonne en Bourgogne,  elle est une bonne élève. Enfant, elle rassemble tous ses cousins pour jouer à la maîtresse et elle a déjà une autorité naturelle. C’est tout naturellement qu’elle poursuit ses études au cours complémentaire d’Auxerre et qu’elle se présente, à la fin de la troisième,  au concours d’entrée et réussir son intégration à l’école normale d’Auxerre.

Elle intègre la promotion de l’école normale de 1951 à 1955. La devise en est « l’ardeur fera notre réussite ». C’est le passage obligé pour devenir Institutrice.

Les écoles normales  sont construites comme des « châteaux du savoir » avec des bâtiments solides, une cour, un parc. La discipline est rigoureuse. Entrer dans une école normale s’apparente à une entrée dans les « ordres ».    


Ecole normale d'institutrice d'Auxerre en 1950

C’est l’internat. Une école rigide. Des cours stricts. Un uniforme.  Le jeudi après midi, les normaliennes ont le droit de sortir en ville, rangée en rang et encadrées par leurs surveillantes ; Pas question de croiser le regard d’un garçon.

L’école normale veut donner le même bagage culturel et pédagogique aux instituteurs pour que les enfants aient tous le droit à la même éducation. Cette unification, cette « normalisation » permet à tous les élèves de bénéficier des mêmes chances.
Charles Péguy en 1890 décrit ces instituteurs comme les « hussards noirs de la république ».

Les normaliennes vivent dans un quotidien austère. Il en est presque militaire. Promenade surveillée le jeudi après midi,  et sortie libre uniquement le dimanche. L’école normale d’Auxerre de filles est dirigée par Mme Santucci. Avec son comportement d’abbesse, elle fait en sorte que son établissement ressemble à un monastère laïque. Tenue de rigueur à l’intérieur mais aussi à l’extérieur. Toute jupe trop courte est prohibée. Les sorties des normaliennes dans les rues d’Auxerre, en rangs bien ordonnés, sont accompagnées et surveillées par leur professeur. Recommandation est faite de ne pas regarder les normaliens si on les croise et de baisser les yeux.

L’emploi du temps d’une élève normalienne est celui ci : lever à 6h, étude pendant une heure, petit déjeuner et ménage jusqu’à 8h. Cours de 8h à 12h, déjeuner, récréation. Cours de 14h à 17h, goûter avec études de 17h à 19h, diner puis étude du soir de 20h à 21h. Les principales matières enseignées sont les lettres avec la grammaire, l’orthographe, la connaissance en littérature, les rédactions et compositions; L’histoire et la géographie; les sciences avec les mathématiques, l’arithmétique et la géométrie; Le dessin et la musique; Le sport; La pédagogie, avec l’éducation à l’hygiène et à l’économie domestique. Les élèves Maîtres passent un examen chaque trimestre qui donne lieu à un classement dans chaque promotion.

Après 21h,  les normaliennes s'installent pour leur nuit dans leurs grands dortoirs.  Les lits sont serrés, peu d'intimité est autorisée, le calme requis et le chauffage est assuré par des poêles au charbon comme dans les classes de cette époque. Cela n'empêche pas nos normaliennes d'Auxerre se prendre en photo en cachette dans le dortoir. De ces photos volées, de ces moments de joie, ma mère en a toujours gardé la trace. 

Dortoir de l'école normale d'Auxerre en 1952



L' école normale d’Institutrice est strictement séparée de l’école normale de garçons. Il faut donc des trésors d’ingéniosité pour que futurs instituteurs et institutrices se rencontrent. Le premier mai était organisé une rencontre dans la campagne environnante pour un pique nique. En mai 1952, la promotion 1950-1954 des garçons rencontre celle des filles 1951-1955 à laquelle appartient Arlette. C’est alors que mes parents se rencontrent pour la première fois.

A la fin de leurs études, le précieux Certificat d’aptitude pédagogique leur est délivré par l’Inspecteur d’Académie qui leur donne le droit d’enseigner dans les écoles primaires.

Le 7 juillet 1953, Arlette devient titulaire du baccalauréat de l’enseignement secondaire Première Partie série Moderne devant la faculté des sciences de l’université de Dijon. L’année suivante en 1954 elle obtient le baccalauréat sciences expérimentales.

Le 30 décembre 1955, l’inspecteur d’Académie de Dijon, en résidence à Auxerre, lui délivre le Certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement dans les écoles primaires.


Certificat d'aptitude pédagogique 1955



C’est donc en octobre 1955, qu’Arlette débute enfin son métier d’Institutrice.  Elle est affectée, pour son premier poste à l’école primaire de Festigny dans l’Yonne. Elle a 20 ans. D’abord stagiaire, elle devient titulaire le 01 janvier 1956.

Mon père Jean Battut est nommé à Clamecy dans la Nièvre qui n’est distant que de 15 kilomètres ce qui leur permet de se retrouver les jeudis et dimanche. Ma mère conduit sa vespa et retourne à son école le soir avec le même véhicule. En avril 1955, ils se marient et obtiennent un poste double à l’école primaire de Courcelles dans la Nièvre.


Mes parents en Vespa -1955


A partir de septembre 1956, Jean et Arlette Battut exercent à l’école de Courcelles, dans la Nièvre. Le village rural est situé à 13 km de Clamecy. Le bourg est édifié sur les dernières pentes du coteau. L’habitat est dispersé et se sépare entre le bourg et le hameau de Chivres . L’école est bâtie entre les deux villages et regroupe 42 élèves et 2 classes : celle des grands dédiée à mon père et celle des petits affectée à ma mère.

Arlette et Jean, jeunes Instituteurs  dans la cour de l'école de Courcelles en 1955


En décembre 1956, je vais naître dans cette région isolée du Nivernais. J'aime bien dire que je suis née dans une école. Je reste fidèle à cette école laïque, lieu de connaissance et d’émancipation. Tirer le meilleur de tous et des plus faibles. Donner à chacun sa chance. Porter les valeurs de la République. Je rends hommage à mes parents et ces fameux hussards de la république qui ont permis à tous l’accès à l’école, avant que les transports en commun permettent les regroupements dans les villes.

Je termine cette évocation de l’Institutrice rurale de cette époque en vous livrant le témoignage affectueux d’une ancienne élève de ma mère qui me l’a adressé par mail, peu après son décès. Croyez vous que de nos jours une ancienne élève, 50 ans après, témoignerait ainsi de son ancienne Institutrice ?

Témoignage d’une ancienne élève d’Arlette – mail de 2010 -
« Je suis une ancienne élève" des Battut" ! Votre maman m'a appris à lire avec "Poucet et son ami l'écureuil" !! 7 mois avant j'arrivais de mon Italie natale et cette découverte a été un grand bonheur ! Je me souviens de votre naissance qui intriguait beaucoup les petits que nous étions, nous avions la consigne de ne pas faire de bruit à la récréation pour ne pas vous réveiller et un jour votre maman a ouvert le rideau de la chambre qui donnait sur la cour pour que nous puissions vous admirer , que de souvenirs datant de plus d'un demi-siècle!! Je garde cette  image  de votre maman , jolie ( très) les yeux bleus et très douce , elle savait mettre en valeur chacun de nous; par exemple Félicité  qui arrivait d'Espagne , elle était plus âgée que les autres enfants de la classe , avait des difficultés à se mettre à niveau mais  votre maman lui mettait toujours un" bon point " pour la frise qu'elle dessinait dans ses cahiers , et moi, eh bien,  je trouvais ça injuste car elle ne savait pas bien lire !! Mon amie Martine qui était dans la même classe que moi  a connu votre maman ensuite comme enseignante et la retrouvait lors de réunions pédagogiques , elle m'en a parlé avec chaleur . C'était l'heureux temps des écoles de campagnes »
Liliane Perret, ancienne élève d’Arlette Battut née Bourgoin.


Sources
Collection personnelle photographies et cartes postales
Témoignages



dimanche 8 juin 2014

H comme Histoire de Loup


#ChallengeAZ

Dans les familles, se récitent des histoires mythiques. Elles se transmettent à travers le temps et servent de référence. Chez moi, il y en a une qui s'est racontée de générations en générations. Elle nous fait peur. Elle témoigne de la bravoure de nos anciens. Je vais vous conter celle du Grand-père qui affronte le loup.

C'est une histoire vraie, peut-être une peu romancée, mais elle m'a frappée et terrifiée. L'homme a affronté le loup, cet animal sauvage qui a fait tant de dégâts aux siècles derniers. Un animal craint. Mais, dans mon histoire, l'homme a vaincu du loup. Comme dans tout conte, l'histoire se termine bien. L'enfant peut enfin trouver le sommeil...

Mon père Jean Battut a rédigé, il y a une trentaine d'année, un beau texte sur son enfance appelé "le petit monde de la voie dieu". Un chapitre est intitulé " le grand père et le loup".  Je m'en suis très largement inspiré pour vous raconter ce face à face entre le grand-père Léonard Pénicaud et le Loup. A mon tour, je souhaite vous  transmettre aujourd'hui cette jolie histoire, témoignages d'une époque, des peurs et du courage des hommes.

Son grand-père maternel Jules PENICAUD lui racontait le soir, au coin de la cheminée, l'aventure de son père Léonard. Il était intarissable sur  la rencontre de son père Léonard et du Loup de la forêt.

C'était aux environs de 1865. L'arrière grand-père Léonard PENICAUD, né le 2 janvier 1843 à Bourganeuf dans la Creuse, et l'arrière grand-mère Margarit habitaient  à Saint-Pierre-Chérignat en Limousin. Ce village bien rude restait isolé du monde, et était situé en bordure des forêts de Mérignat.

C'est là que Jules est né, c'est là qu'il a vécu jusqu'à ce qu'il se marie, travaillant à la ferme avec ses huit frères et soeurs.

Ce mercredi là, sa mère dite Margarit, Marguerite BEAUPHENI, née le 1° octobre 1849 à Montboucher dans la Creuse, qui attendait son troisième enfant, avait exprimé le désir de se rendre à la foire de Bourganeuf.

Tu sais que dans cette position,  racontait le grand-père Jules,  il ne faut jamais contrarier les femmes et  Léonard se réjouissait de laisser pour une journée sa ferme à la garde du domestique et de son aîné pour passer à la ville une journée agréable.


De Saint-Pierre Chérignat à Bourganeuf à pied


Il fallait 4 longues heures de marche pour rejoindre à pied Bourganeuf depuis St-Pierre Cherignat. Musette en bandoulière, sacs aux côtés, le couple s'était enfoncé dès 5 h du matin, dans le chemin creux qui mène aux grands bois tous près de la ferme. En cette fin d'octobre, les jours étaient courts et malgré le soleil qui éclairait cette année là l'automne, c'était toute une expédition pour gagner Bourganeuf, par la forêt de Montboucher qu'on laissait à droite en coupant par le raccourci qui se glisse entre les genêts, Chaumont, Le Mas la fille. Enfin la Mourne franchie, la ville était là.


Nos voyageurs hâtaient le pas dépassant parfois des tombereaux attelés derrière lesquels étaient attachés un veau, des charrettes à claires voies où se pressaient dans un coin sur la paille, une portée de cochons, des paysannes chargées de paniers d'oeufs et au bout de leurs bras un couple de poules, pattes liées, la tête en bas....la foire de BOURGANEUF battait son plein et les auberges ne désemplissaient pas...

Les discussions allaient bon train sur le foirail. Marguerite faisait ses achats : une coiffe toute neuve, des rubans en soie, de la toile blanche pour faire des langes. Elle rendait visite à ses cousins de la rue des écoles. Pendant ce temps, Léonard rejoignait ses amis, le Lucien du Gerbaud, le Jean des Mouchers. Ils parlaient de la récolte de blé noir, tâtaient les génisses grasses, s'installaient à l'Auberge du château, chez la mère Colas,  pour déguster une omelette grésillant dans la cheminée et se faire porter un ou plusieurs pichets de vin.


Foire de Bourganeuf en 1910

5 h de l'après-midi sonnaient déjà à l'horloge de l'église.... Il y avait 4 h de marche pour rentrer. La nuit les avait pris à Montboucher. Encore 2h de marche à travers la forêt. Le grand-père parlait fort lorsque une sourde inquiétude le gagnait. Il entendait marcher derrière lui craquer les feuilles sèches. Léonard en se retournant aperçu à 30 mètres dans la clairière une forme féline qui les suivait. Sans doute quelque chien égaré.

Un loup peut-être, pensa Léonard car il en rodait parfois l'hiver. Marguerite avait vu. Léonard s'arrêta soudain et la bête avança, ralentissant le pas devant le sifflement du bâton de buis qui coupait l'air de moulinets rapides. L'animal s'arrêta.


Iconographie du Loup en 1860

L'homme et la femme reprirent leur marche en se retournant sans arrêt car la bête se touvait maintenant à 5 m d'eux.

Léonard eut la conviction qu'il s'agissait d'un loup et saisit dans le chemin une lourde pierre qu'il lança de toute ses forces et qui l'atteint brutalement. Un hurlement de douleur et la bête se précipitait sur Léonard qui planté solidement l'attendait.

Marguerit était cachée derrière une arbre transie par la peur, tentant de passer inaperçue.

Un corps à corps se déroulait entre l'homme et la bête. La gueule était écumante, ruisselante du sang de la blessure qu'avait entrainé la pierre lancée. A moitié étranglé, le loup fut abandonné gisant sur le sol. Soudain il se releva et s'enfonça dans le fourré le plus proche.

À l'arrivée à leur ferme, Léonard n'eut pas le temps de s'interroger sur une douleur à la cuisse et se mit à la "traite" du soir.

Margarit raconta à ses enfants et aux voisines accourues la lutte dans le bois.

Personne ne l'a cru. Dans son état n'était-elle pas sujette à des visions ?

Léonard passa la nuit à bouger dans son lit, trés agité et revivant la lutte avec le loup.

Pourtant, Léonard n'osait  pas raconter son histoire de peur qu'on ne le crut pas. Il se rendit comme convenu à la foire de Sauviat quinze jours après.

Il y a croisa Julien du Gerbaut, un beau Monsieur, châtelain des environs de Limoges,  qui lui tapat sur l'épaule et l'apostropha, ce qui était rare de la part d'un châtelain en direction d'un simple paysan:

- C'est vous Pénicaud ?

- Ou pourquoi ?

- Nous avons tué un loup, au cours d'une chasse en forêt il y a 10 jours dans la forêt de Mérignat. Il avait les dents cassées et portait une grave blessure à la mâchoire. Nous avons appris par vos voisins de la Ferme du Mas Peyraud, que vous vous étiez battu avec un loup deux jours avant. Votre bête est surement celle que nous avons tué. Savez-vous Pénicaud qu'il était enragé et que vous avez eu de la chance qu'il ne vous morde pas ?

Le cercle se faisait autour des hommes. Le Monsieur venait de consacrer publiquement le courage du grand père Léonard qui devenu un héros rayonnait de joie.

Marguerite ajoutait en patois limousin "la grimas d'é l'en coulavo" qui signifie " les larmes coulaient de mes yeux".

Lorsque son fils Jules me racontait cette histoire bien souvent  dans le coin de la cheminée, je pensais que j'avais eu de la chance d'appartenir à cette race des Pénicaud, vifs, têtus, coléreux parfois mais généreux en diable !


Source :
Souvenirs de Jean Battut - Arrière petit-fils de Léonard Pénicaud




samedi 7 juin 2014

G comme Guibert, Soldat de la Division d'Orient


#ChallengeAZ

Lucien GUIBERT, mon arrière grand-père, est né le 19 février 1887 à Guerchy dans l'Yonne. 


Acte de naissance de Lucien GUIBERT 1887
C'est un bel homme, qui à  24 ans, se marie avec Thérèse Jeanne BRUNEAU, le 29 avril 1911, une fille de son village. Sa fille Germaine, ma grand-mère maternelle, est née le 8 janvier 1914 à Auxerre, où la famille habite.  

Il exerce le métier de Conducteur des travaux des Postes, Téléphones et Télécommunications (PTT).  Il installe les poteaux et les lignes de téléphone, le long des rails de chemins de fer. Il a une bonne formation et un métier intéressant. 

Mais  il a 27 ans, lorsque le 2 août 1914, lorsque l'ordre de mobilisation générale est décrété par le Président de la République.



Son fils Robert  nait le 23 avril 1915 à Guerchy. Son père est déjà parti au front et sa mère Thérèse est retournée vivre chez ses parents à Guerchy. Leur séparation durera 4 longues années.



Lucien GUIBERT 1915
Il faut imaginer Lucien GUIBERT transporté dans un de ces énormes navires en destination de la Macédoine.  Soldat dans le 6ème Régiment d'artillerie à pied, il est intégré dans 7ème régiment de la Division d'Orient.

Division d'Orient 1914-1916


Je découvre cette division d'Orient dont j'ai si peu entendu parler avant le centenaire. C'est une division de l'armée de terre qui combat pendant la première guerre mondiale sur le front d'orient, aux côtés des armées italiennes, anglaises, russes et grecques. Elle provoquera la défaite de la Bulgarie et la reconquête de la Serbie, de la Roumanie puis envahira l'Autriche Hongrie. 300 000 soldats français ont combattu sur les terres macédoniennes. 66 000 ne revinrent jamais en France.


Le front des Balkans

Après un long périple, par bateau puis par train, il débarque près de Salonique au camp de tentes de Zeitinlick, pour porter secours à l'armée serbe.  Des témoignages de poilus indiquent que l'eau est rare et souvent polluée. Des puits sont creusés et des citernes installées. En journée, les soldats creusent des tranchées autour de Salonique. Il est placé sous le commandement du Général Sarrail.

Camp de Zeitlinzick - Salonique

Lucien est blessé sur le terrain en 1916 et est transféré sur le navire hôpital France IV pour Toulon.  Dans une carte du 11 février 1916, de Nîmes,  il précise avoir l'épaule et le bras engourdis mais beaucoup moins que pour la typhoïde



Navire Hôpital France IV

Front de l'ouest 1916-1918


Après ses soins,  il est intégré dans le front de l'ouest : le Doubs, le  Nord, le Pas de Calais, la  Franche Comté. Il est toujours mobilisé au sein du 7ème régiment de la Division d'Orient  jusqu'en 1918. La signature de l'armistice permet à Lucien de revenir enfin à Auxerre et de retrouver ses deux mignons, comme il dit, Germaine âgée de 4 ans et Robert âgé de 3 ans. Il aura passé 4 ans en Europe entière, comme simple soldat. Rien ne le prédisposait, comme tant d'autres, à vivre ces expériences extrêmes.

C'était un charmant arrière grand-père et jamais, dans ma famille, on ne m'a parlé de son parcours. Je l'ai découvert récemment grâce à mes recherches à partir des cartes postales qu'il a envoyé à sa dulcinée Thérèse pendant toute la Guerre. Témoignages d'amour qui sont parvenus jusqu'à moi, au gré des successions. Touchant.


Mes regrets
Pas d'accès à son registre matricule car dans l'Yonne début de la numérisation à partir de la classe 1900.   
Sources
Cartes postales de Lucien GUIBERT (Archives personnelles)