Affichage des articles dont le libellé est #challengeAZ. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est #challengeAZ. Afficher tous les articles

lundi 8 juin 2015

G comme GOULVIN Maréchal-Ferrant


Mon voisin et ami Régis GOULVIN vient me voir avec des registres comptables de son grand-père qui était Maréchal-Ferrand dans le village du Fays. Il me raconte ses souvenirs d'enfant et aimerait en savoir plus sur sa famille. 

Livres de compte des GOULVIN-GOBRY, Maréchal-Ferrand au Fays

Jules Léon GOULVIN est l’arrière-grand-père de Régis.  Il sait qu'il est né à Coulours.
Me voici partie à la recherche des actes numérisés et je trouve un Jules GOULVIN,  né le 18 mars 1875 à Coulours. Il est indiqué que son père Pierre GOULVIN est déjà Maréchal à Coulours.  
Acte de naissance de Jules Goulvin à Coulours 89




J'ai de la chance car sur l'acte de naissance est mentionné la date de son mariage le 25 avril 1900, avec Hortense Gobry née en 1879 à Turny.

Voici son acte de mariage


Acte de mariage Jules Goulvin et Hortense Gobry à Turny Yonne


Une photo de son mariage est prise en 1920, devant la maison familiale située Grande rue au Fays (actuelle rue des puits) m'est confiée par son petit-fils Régis qui s'est plongé dans tous ses cartons,  motivé par ces premières recherches. C'est une bien belle découverte que cette jolie photo de famille. Elle est en très bon état et tous les participants se présentent sous leur meilleur jour. Incroyable cette photo est prise devant la maison familiale que Régis habite aujourd'hui. Quelques larmes sont vite essuyées de ses yeux quand il m'apporte cette relique.

Photo de Mariage GOULVIN-GOBRY 1920


Jules GOULVIN
Hortense GOBRY

Je découvre les visages des grands-parents et arrières grand-parents de Régis et mes recherches prennent chair.

J'ai trouvé trace, dans le recensement de 1911 du hameau, le nom de Désiré GOBRY, Maréchal. Jules va donc s'installer au Fays où il exercera son métier avec son beau-père. Régis se souvient que sa fonction principale est de ferrer les chevaux. Il prépare aussi le ferrage des roues des charrettes et fabrique des outils en métal sur sa forge. Le père d’Hortense, Désiré GOBRY est donc lui aussi maréchal-ferrant domicilié au Fays, comme le confirme cet extrait de papier journal tiré des archives de Régis. 


M. GOBRY exerce également le métier de Taillandier comme l’indique une lettre qui est adressée avec une facture de son fournisseur en date de 1910. 


Le Taillandier est un forgeron spécialisé dans la confection des outils tranchants consistant à fabriquer des ciseaux, cisailles, haches...

Livre de comptes 1905...Belle écriture

Comme quoi, les cartons rangés dans les greniers, les caves, les granges recèlent des trésors de famille ! Et des émotions oubliées qui ressurgissent !





dimanche 7 juin 2015

E comme Ecole rurale au Fays


#Challenge AZ

Naissance et fermeture de l'école Rurale du Hameau Fays - Commune de Turny - Yonne


Les élèves de l'école mixte du Fays - Commune de Turny - Yonne 1959


Construction en 1846


Les registres du conseil municipal indiquent que la construction d'une école au hameau du Fays, de 100 habitants,  est décidée dès le XIXème siècle. L'école du Fays est justifiée en raison du trop grand éloignement du Bourg (7 km) . Le 12 août 1894, le conseil municipal attribue à l’institutrice Melle Perron de l’école du Fays un supplément de traitement de 200 francs. Par délibération du 10 décembre 1904, nous apprenons que les élus municipaux approuvent l’acquisition, pour la somme de quatre mille six cent francs aux héritiers Simon Benoni, d’une maison destinée à devenir une école mixte au Fays. Par acte notarié du 19 mars 1905 de Maitre Saffroy, notaire à Venizy, l’immeuble est acquis.

Nouvelle école mixte en 1911


Le conseil municipal décide que l’ancienne maison d’école construite en partie sur le chemin de grande communication n° 220 doit être démolie. Le Ministre de l’instruction publique promet une subvention par dépêche du 20 février 1905 qui est fixée à 5 616 francs. Le montant total de l’achat, travaux, aménagement et mobilier scolaire est fixé à 16 226 francs soit 10 610 francs à la charge de la commune, financé par un emprunt.  L’autorisation préfectorale autorisant la destruction de cette première école intervient le 7 février 1911. Après une vente aux enchères publiques le 12 mars 1911, le bâtiment est vendu 400 francs à un maçon du village de la Rue-Chèvre.

Le dernier instituteur


Le dernier instituteur est M. Plançon. Il est affecté à l’école de Chailley, à la fermeture de l’école du Fays.
 Il demeure au Fays jusqu’à la fin de sa vie, dans une maison située en face de l’école. Cet instituteur, M. Plançon, reste encore présent dans la mémoire locale. Il exerce « à l’ancienne », n’hésitant pas à remettre sur le droit chemin les enfants avec des méthodes musclées. 

M. Plançon,  instituteur au Fays

Les oreilles des anciens élèves s’en souviennent. L’enfant rebelle porte un « bonnet d’âne » en tissu et reste sans bouger au coin de la classe. Les enfants participent aux « travaux » : port des bûches de bois, enfournage du poêle de la classe unique, ramassage et séchage des fleurs des tilleuls de la cour...  L’instituteur est logé au premier étage d’une maison jouxtant l’école, et au rez-de-chaussée se trouve la salle municipale. Pendant un siècle, les enfants des familles du Fays sont scolarisés dans l’école du hameau. Munis de leur certificat de fin d’études primaires, les meilleurs élèves partent poursuivre leur scolarité au cours complémentaire à Saint- Florentin, la ville située à 15 km.

Fermeture en 1966



Avec le dépeuplement et le vieillissement de la population du hameau, cette « nouvelle école mixte » du Fays fonctionne avec de moins en moins d’élèves. Elle est fermée en 1966. La commune de Turny a su préserver son école du Bourg grâce à un regroupement pédagogique avec la commune de Chailley.

jeudi 4 juin 2015

D comme DELAFON et la saga des baignoires Jacob-Delafon

#ChallengeAZ

Dans ma généalogie familiale, j’ai tapé D. Une liste impressionnante est sortie.  Mais il y en avait au moins un sur lequel je n’avais jamais fait de recherches : c’est Maurice DELAFON, co-fondateur de l’entreprise JACOB-DELAFON,  Maurice est l’oncle de Madeleine Odile Delafon. La saga d’une création d’entreprise et d’un homme  est difficile à raconter. C’est un beau challenge susceptible d’intéresser ses descendants. Je me lance.

Maurice Jean Alfred Delafon est un bel homme, comme en témoigne son portait. 

Maurice Jean Alfred Delafon



Il est né à Paris le 29 décembre 1856 chez ses parents, 21 rue Bouribourg dans le 4ème arrondissement à Paris.  Son père Alfred Emile Jean DELAFON, né à Orléans est négociant horloger et sa mère, Eulalie Linet est née à Paris. Maurice fait ses études au Lycée Charlemagne à Paris et devient bachelier en 1875.

Le 20 octobre 1880, Maurice a 24 ans et son père Jean Émile Alfred crée la société « Thibault, Delafon & Cie », « laquelle aura pour objet, la vente et s'il le faut la fabrication des ciments de toutes espèces et provenances, chaux, plâtres, briques, pierre à bâtir et en général de tous les matériaux employés dans la construction. ».

Cette société a pour actionnaire, outre Jean Émile Alfred Delafon, deux de ses fils Maurice et Philippe et Émile Thibault, négociant quai de Valmy. Les statuts de la société prévoient que les deux fils prendront progressivement des responsabilités et que leur père leur cédera ses parts.

Le 25 juillet 1883, à 26 ans, il épouse Julie, Joseph, dite Hélène Lefèvre, âgée de 22 ans fille d’un marchand de bois. Parmi ses témoins de mariage il est un certain Jules Etienne Aristide JACOB, industriel et frère de celui qui deviendra son futur associé. En 1884, Philippe et son père quittent la société. Maurice reste donc le seul associé d’Émile Thibault.

En 1889, anticipant le développement de l’hygiène et d’hydrothérapie dans les foyers les plus aisés, il s’associe avec Emile Pierre Léon JACOB, le frère de son témoin de mariage, originaire de Saône-et-Loire en Bourgogne qui dirige la Compagnie des Grès Français de Pouilly sur Saône. Cette société a pour objet la fabrication et le commerce des produits céramiques en grès vernissé et émaillé qui sont livrés par bateaux dans un entrepôt quai de la Rapée que dirige Maurice Delafon. 


Une baignoire Jacob-Delafon en 1900


Les deux entrepreneurs anticipent la nouvelle tendance hygiéniste de la Belle Epoque, qui exige que les foyers soient équipés de sanitaires. La Société en commandite par actions Jacob, Delafon et Cie fabricant de baignoires qui a pris  la suite de la société E. Jacob et Cie débute la fabrication de baignoires en grès émaillé s’écoulent rapidement dans toute la France.







Le succès oblige à de nouveaux efforts pour compléter l'outillage des usines, aborder de nouvelles fabrications et créer, en un mot, une puissante société capable de lutter contre les entreprises étrangères. Maurice Delafon assume, au siège social, la responsabilité des opérations de gestion et de commerce, ainsi que la direction des ateliers de robinetterie.


Siège social de l'entreprise Jacob-Delafon en 1908 (CPA)



La croissance de l’entreprise amène Jacob et Delafon à construire une nouvelle usine à Damparis (Jura) pour fabriquer les produits dans une nouvelle matière, plus résistante et esthétique, le granit-porcelaine. En effet ce secteur possède une matière unique, le marbre de Belvoye, un calcaire graveleux à mollusques de couleur beige rosé. Cette innovation va offrir à l’entreprise une renommée internationale. La consécration arrive à l'Exposition Universelle de Paris de 1900, lorsque Jacob et Delafon obtinrent un Grand Prix et trois Médailles d'Or en récompense de leurs efforts pour avoir fait émerger une industrie française du sanitaire.

Publicité Jacob-Delafon 



Maurice Delafon va occuper de nombreuses fonctions qui lui valent d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur (décret du 7 juillet 1896), puis d'être promu Officier de la Légion d'Honneur sur la proposition du Ministre de l'Hygiène (décret du 30 novembre 1923) pour avoir été le "Créateur et promoteur de l'industrie sanitaire française" et avoir "pris une part très importante à l'exposition internationale d'Hygiène de Strasbourg de 1923".

Il décède le 19 janvier 1933 à 76 ans et est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris. 

En 1938, l'entreprise Jacob, Delafon et Cie est fusionnée avec la Société générale de fonderie. Cette fusion lui permettra d’avoir de nouveaux capitaux et poursuivre son développement. En 1986 l’entreprise est rachetée par le groupe Kohler, leader sur le marché du sanitaire aux USA. Depuis Jacob-Delafon reste une marque phare du groupe et redevenue incontournable sur le marché européen. Son siège social est à Saint-Denis.




Logo actuel de Jacob Delafon 2015








C comme Cadastre

Avant-propos

Mon parcours généalogique m’a amené tout naturellement à m’intéresser à l’histoire locale. J’habite désormais, après un long tour de France,  là où mes ancêtres maternels ont habité.  Ce retour dans la terre de mes ancêtres m’a fait plonger depuis 3 ans dans la généalogie. Mais aussi dans l’histoire de ceux qui ont vécu sur ces terres avant nous. J’aime tenter de faire revivre les anciens, partager avec eux un peu des moments de vie,  donner à sentir notre humanité, ici et maintenant, ici comme hier. Cela relativise nos joies et nos peines, nos échecs et nos réussites, nos aspirations et la relativité de nos vies . Comment appréhender ce hameau où je suis installée actuellement ?  Comment vivaient nos anciens ? Dans mes recherches historiques, j’ai pour la première fois, consulté en mairie puis aux archives départementales les relevés cadastraux de 1811. Des documents très beaux, tracés de mains de géomètres, avec précision. Des plans d’alignement qui correspondent au tracé actuel de notre hameau. Pourquoi ne pas évoquer avec vous ces cadastres et l’intérêt qu’ils peuvent avoir pour une recherche de l’histoire des familles. Je vous livre mes recherches et mes découvertes. 

La commune de Turny se substitue à la paroisse en 1789 à la  Révolution

Le décret du 12 novembre 1789 crée une municipalité dans chaque paroisse ou bourg. A la révolution, la paroisse de Turny devient une commune.

A partir de 1807, l’administration napoléonienne effectue des relevés cadastraux des communes

Ordonnées par la loi du 15 septembre 1807, afin d’imposer équitablement les citoyens aux contributions foncières, les opérations cadastrales sont achevées pour l’essentiel dans l’Yonne dans les années 1860.  Le cadastre napoléonien est daté pour Turny de 1811. On dispose de documents importants : relevés cadastraux, recensements de la population qui nous permettent d’imaginer plus concrètement la vie des habitants. Le plan de Turny a la particularité de représenter la commune sous la forme d’un « croissant », avec une longueur de 14 kilomètres et une largeur de 3 kilomètres environ.
Plan de la commune de Turny - Yonne en 1811

Particularités du cadastre du Fays, commune de Turny dans l’Yonne en Bourgogne

A la même époque un plan du hameau du Fay est réalisé et laisse apparaître le tracé actuel du hameau, avec ses rues, chemins et ruelles. C'est un plan magnifique. 

Plan du hameau du Fays en 1811
 
Quelques informations sur les rues et ruelles du hameau à partir du relevé cadastral :Des plans d’alignement sont réalisés pour la première fois dans la commune de Turny et au Fays en 1863.  On retrouve les noms des rues et l’emplacement des mares, terres et bâtiments.

Relevé cadastral centre du hameau du Fays en 1811
  • Grande rue  44 lots appartenant à 25 propriétaires, 1 terrain communal et 13 bâtiments
  • Chemin de la petite commune, du Fays à la Rue-chèvre 66 lots appartenant à 25 propriétaires,
 3 terrains communaux, 3 mares
  • Ruelle des champs du Fays  12 lots appartenant à 3 propriétaires
  • Chemin de derrière les haies  13 lots appartenant à 5 propriétaires et 5 bâtiments
  • Chemin de Sormery  1 mare 
9 lots appartenant à 6 propriétaires et 3 bâtiments
  • Chemin de Chailley  6 lots appartenant à 2 propriétaires avec 1 bâtiment et 1 mare
  • Ruelle de la mare  6 lots appartenant à 3 propriétaires et 1 bâtiment
  • Chemin de l’abreuvoir  7 lots appartenant à 4 propriétaires et 2 bâtiments
  • Chemin des terriers  21 lots appartenant à 10 propriétaires et 6 bâtiments
  • Ruelle Martin  7 lots appartenant à 5 propriétaires et 3 bâtiments
  • Chemin de Sormery 13 lots appartenant à 5 propriétaires et 3 bâtiments 


Les noms de certaines rues sont modifiés par décision du conseil municipal du 26 août 1986. Mais il est remarquable que le plan du Fays ait peu évolué depuis cette date.