mardi 24 juin 2014

S comme Stalagh 2B


#ChallengeAZ

A l'occasion de ce Challenge généalogique, je souhaite mettre en valeur le site du STALAG 2B, camp de prisonniers de 1939 à 1945, situé à Hammerstein en Poméranie. Je trouve ce site remarquable et participant à un travail de mémoire indispensable.


Carte des Stalagh


Je vous invite à consulter ce site en cliquant sur ce lien SITE STALAG 2B

Il est réalisé par les familles des prisonniers et des recherches sur place en Pologne. Il permet de faire la liste des prisonniers du camp et retracer l'histoire de la construction et des conditions de vie dans ce camp. Chacun peut présenter des photos, des témoignages, des archives. Sont accessibles des rapports de la Croix-rouge.

Actuellement 44 prisonniers sont recensés sur ce site et nous attendons d'autres souvenirs ou archives pour l'enrichir. Il y aussi des cartes, des photos, des dessins, des liens...

René TARDI, Dessinateur, a publié une excellente BD sur le Stalagh 2B où a été fait prisonnier son propre grand-père.



Mon Grand-père Marcel BOURGOIN, matricule 86796 y a passé 2 années de sa vie. Il était affecté au Kommando n°210 comme boucher à la Fleisherei Wilke, chargée de l'approvisionnement du camp.

J'ai rédigé une page de témoignages, accessible à Prisonnier Marcel BOURGOIN.


Marcel BOURGOIN prisonnier du camp de Hammerstein 11 septembre 1940

Pour en savoir plus sur mon grand père prisonnier


En souvenir de cette période noire.


Y comme Yves meurt à 15 ans


#ChallengeAZ

Je veux partager avec vous le témoignage émouvant de Jean Madelin qui a écrit ses souvenirs sur la mort de son jeune frère Yves, à l'âge de 15 ans. Jean Madelin a rédigé ce texte à l'attention de son frère Philippe Madelin, Journaliste, qui souhaitait écrire et publier un livre sur l'histoire de sa famille. Il n'en aura pas le temps. Jean, Philippe et Yves, les 3 frères, nous ont quitté. Tiré de ses archives familiales qu'il a confié à sa nièce, voici ce bel hommage à ce frère disparu trop tôt. 

« A Pâques 1938, Yves fait un camp scout de Pâques, pendant que je suis en séjour à Savigny. Une lettre d’Yves raconte tout ce camp. Au début de Juillet 1938, je pars en vacances à Royan avec les René Delafon, Henri étant pour moi un grand camarade. Je perdrai ma médaille de baptême dans le sable de la plage. Pendant ce temps Maman part s’installer au Chalet de la Plage à Pornichet avec mes frères et sœurs. Yves annonce que le camp scout d’été aura lieu au Château de Saint Aignan par Saint Denis de l’Hotel, chez le Colonel de Beaucorps. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été à ces camps…En tous cas en Août Septembre nous nous retrouverons à Savigny.
 C’est là qu’Yves aura une première atteinte du mal qui devait le faire mourir. On avait conclu à une grippe. Le diagnostic est erroné : s’il s’agissait bien d’une méningite tuberculeuse, l’évolution est fatale en quelques semaines, et non sur plus d’un an. 



Nous sommes le 11 Mars 1939 . A 7 heures du matin, Hubert Madelin vient me réveiller. A cause de la maladie de Yves, depuis plusieurs jours je suis en pension chez les Hubert Madelin. Hubert m’annonce la terrible nouvelle. 

Yves est mort cette nuit.

Il se comporte avec moi comme un frère aîné, il parle avec moi, il tente de me réconforter et il m’accompagne faubourg St Vincent. Je me trouve dans le salon à droite en entrant. Yves est là couché sur un canapé, revêtu de l’uniforme scout. Il a le visage très reposé. Papa et maman sont là qui m’accueillent, comprenant mon émotion.

 Dans un carnet de souvenirs Maman a raconté toutes les étapes de cette maladie, une méningite tuberculeuse dont l’avancée a été relativement rapide. Yves a beaucoup souffert. Papa et maman l’avaient pris dans leur chambre. Les amis se relayaient pour aider Maman. Une religieuse dans les dernières nuits est venue aider à le veiller. A cette époque on n’avait pas encore de grands moyens de soigner cette maladie.

Déjà au mois de septembre précédent, alors que nous étions dans deux petites chambres voisines, à Savigny les Beaune il s’était plaint de maux de têtes et il avait eu de la fièvre, puis cela s’était passé. Il continuait de faire sa classe de Seconde avec brio.

Et puis voilà tout est fini. Le Père Dupuis aumônier de Saint Euverte, le Père Bouley Directeur, viennent très vite. L’abbé Forteau notre aumônier scout. Le Père Dupuis restera plus tard très marqué par ce départ. Je continue d’habiter chez les Hubert, avec des navettes à la maison. Nos parents ont besoin d’avoir tous les enfants avec eux, bien, que nous ayons été dispersés chez des amis.

Le 14 mars 1939, nous sommes réunis autour du cercueil qui va être fermé dans le salon. Et ce sont les obsèques à l’église Saint Vincent. Toute la troupe scoute est là. Certains montent la garde autour du cercueil. Ses camarades de classe. Beaucoup d’amis de nos parents. Des membres de la famille. L’église est comble.  Je suis comme dans un nuage, avec l’envie de pleurer. Je ne me souviens que du Chant des adieux et de la prière scoute.

Le chemin continue. Nous allons conduire Yves à Neuville-aux-Bois, près d'Orléans, où il rejoindra notre grand-mère Madelin, née de Sainte Marie. Un peu de soleil, du vent comme toujours dans ce cimetière de Neuville que je ne connaissais pas et où nous reviendrons si souvent. Le Père Dupuis et le Père Bouley nous ont accompagné pour ce dernier temps de prière.

On rassemble des photos. Maman en a fait un petit album spécial. Et il y a ce pastel que le Lieutenant d’Hallewyn  a fait de lui enfant, à Sarreguemines et qui sera toujours dans la salle de séjour partout où nous avons habité et qui est pour le moment chez moi. J’irai passer les vacances de Pâques chez les d’Astorg, grands amis de nos parents, à Vatimesnil, près d’Etrepagny. Ils essayent de m’entourer, mais le souvenir d’Yves est encore si présent.

 Il faut dire que Yves et moi avons toujours vécu dans la même chambre, travaillé nos devoirs sur la même table, scouts ensemble, vacances ensemble, envoyés tous les deux souvent chez nos grands parents Delafon à Savigny près de Beaune. 

Nous étions presque inséparables. Yves est mort à l’âge de 15 ans»


Source
"Mes souvenirs d’Yves" par Jean Madelin, 2008
Archives personnelles Philippe Madelin


Infos sur la maladie
La méningite tuberculeuse est une infection des membranes recouvrant le cerveau et la moelle épinière. Le traitement implique plusieurs médicaments antituberculeux dans le même temps, comme il le fait pour une tuberculose pulmonaire. Le traitement dure habituellement pendant au moins 12 mois. Les méningites tuberculeuses sont  mortelles si elles sont non traitées.







Q comme Quenelle

#ChallengeAZ

Mon enfance a des souvenirs d'odeurs et de goûts.

C'est avec délectation qu'émane de mes souvenirs la bonne odeur des quenelles que me préparait ma grand-mère maternelle.

Elle s'appelait Germaine Guibert, née le 8 janvier 1914 à Auxerre. Elle avait épousé Marcel Bourgoin, le boucher de Chailley. Elle quitta la ville d'Auxerre, son métier aux Assurances sociales, pour s'installer dans la maison familiale de son époux Marcel Bourgoin, Boucher à Chailley (Yonne).

Elle s'attelait à la tâche et secondait son époux avec vigueur dans le commerce familial.

Elle était une cuisinière de talent et une véritable créatrice culinaire.

Elle avait inventé la recette de ces excellentes quenelles de lapin au Chablis, puis de volailles.

Elle sortait délicatement de leur pot en verre des petites quenelles rangées proprement les unes contre les autres.

Elle ouvrait un deuxième pot contenant la sauce à la tomate, type sauce nantua.

Elle nappait ses quenelles de la sauce onctueuse et passait le tout au four. C'était un plat fumant et odorant qui était placé au centre de la table. Impatiente, j'attendais qu'on me serve avec précaution avant de pouvoir déguster ces quenelles magiques.

Je me régalais de ce plat que je savais préparé avec soin.

Etiquette des pots de quenelles de Lapin au Chablis "la Chaillotine" 1963


Il ne fallait pas attendre bien longtemps avant que les assiettes soient vides. Mais il fallait patienter jusqu'à un autre repas pour pouvoir renouveler l'expérience gustative.

Les quenelles, accompagnées de leur sauce à la tomate, étaient vendues dans la boucherie charcuterie de mon grand-père Marcel Bourgoin.

Elles rencontrèrent tellement de succès que son fils imagina un procédé de conservation. Des pots stérilisés dans une autoclave et fermés hermétiquement par une capsule de métal.  Cette idée et ce procédé novateurs permettront de les lancer en série sur le marché français.

C'est ainsi que les fameuses quenelles ont été commercialisés à  grande échelle dans les villes des environs d'abord puis dans toute la France et surtout à Paris.

Leur renommée amena la boutique familiale à se transformer en véritable petite industrie alimentaire sous le nom "la Chaillotine", du nom des habitantes de leur commune Chailley.

D'autres produits sont venus rejoindre la "gamme" des bouchers de Chailley, en particulier les toutes aussi fameuses rillettes de lapin parfumées au Chablis.

Couvercle Rillette de Lapin au Chablis "La Chaillotine" 1963


Comme le relate un article du journal l'Yonne Républicaine daté du 25 février 1963, la qualité aidant "la Chaillotine" gagne des marchés. Est photographié le laboratoire de la charcuterie Bourgoin qui emploie à cette époque 4 personnes, qui s'ajoutent au boucher, son épouse, à son fils et à son neveu devenus apprentis dans le commerce familial.

La petite entreprise, fondée sur les quenelles et les rillettes de ma grand-mère, au goût recherché, fera vivre toute la famille pendant de nombreuses années.


Article du Journal l'Yonne Républicaine 25/02/1963















dimanche 22 juin 2014

P comme Permis de Conduire en 1935

#ChallengeAZ



Je souhaite vous présenter le premier Permis de conduire les automobiles dont ma grand-mère Germaine BOURGOIN, née GUIBERT le 08 janvier 1914 à Auxerre, a été titulaire. Il lui a été délivré par le Préfet de l'Yonne le 9 décembre 1932.

Elle l'a gardé précieusement. C'était le symbole de son indépendance. 



Permis conduire 1935






Ce document me permet de retracer l'histoire de la naissance du permis de conduire, dont je ne savais pas grand chose avant mes recherches. 

C'est la loi du 30 mai 1851 sur la police du roulage et des messageries publiques qui a servi de fondement juridique à nos divers codes de la route.

Premier Code de la Route en 1851
Fondé donc sur la loi de 1851, apparaît le premier code de la route.

Certificat de capacité en 1899 
Le 10 mars 1899, un décret rend obligatoire sur tout le territoire français la détention du "certificat de capacité" par l’ensemble des conducteurs : « nul ne pourra conduire une automobile s’il n’est porteur d’un certificat de capacité ». Le certificat de capacité est délivré par le préfet de la résidence du candidat sur avis favorable du service des Mines. En 1897,  la Duchesse d'Uzès devient la première femme à obtenir ce certificat de capacité. 

Création du Permis de conduire en 1922
Le  décret du 31 décembre 1922 porte règlement général sur la police de la circulation routière. Ce texte reprend les dispositions antérieures et en y apportant quelques nouveautés : désormais, le certificat de capacité est appelé permis de conduire, ses conditions d'établissement et de délivrance sont fixées par arrêté du ministre des travaux publics. 

Le parc automobile explose passant de 157 000 en 1920 pour atteindre 1 800 000  véhicules en 1940.
Aujourd'hui, il dépasse en France les 38 millions, sans compter les véhicules utilitaires au nombre de 4 millions. Une toute autre échelle ! 







vendredi 20 juin 2014

O comme Obsèques


#ChallengeAZ

Dernières volontés pour les obsèques de Armand BOURGOIN



Je vais vous rapporter les dernières volontés de mon grand-oncle Armand BOURGOIN, qui sont pour le moins originales.

Qui est Armand Bourgoin ? 

Armand BOURGOIN

Armand Octave BOURGOIN est né  le 3 septembre 1879 à Saint-Julien-du-Sault dans l'Yonne en Bourgogne.  Il est décédé le 9 juillet 1963 à Sens.

Il est l'oncle de mon grand-père Marcel Bourgoin. 

Je l'ai connu à la fin de sa vie car il venait déjeuner tous les jours chez mes grands parents. La cohabitation était parfois difficile car le personnage avait un caractère difficile, un peu grincheux, avec des manies et des exigences,  bref un "original" comme disait pudiquement mes grands-parents.

Avant son décès, il écrit à son neveu Marcel Bourgoin, Maire de la commune de Chailley, une lettre manuscrite qui précise ses dernières volontés pour ses obsèques.

Elle est adressée à Monsieur le Maire,  sans doute pour accentuer la  gravité de ses propos et lui donner un caractère officiel. 


Les exigences d'Armand pour ses obsèques


Armand ne veut pas d'une concession perpétuelle et estime même que cette pratique devrait être interdite. 

Surtout, précise-t-il clairement, il ne veut pas être porté, dans son cercueil, les pieds en avant

En effet, le cimetière de Chailley domine le village avec une vue sur tous les environs. La rue qui permet d'y accéder est en pente et la montée assez raide. Il n'est pas question pour Armand "de partir  les pieds en l'air et la tête en bas". Il ajoute que "c'est une honte de voir cette pratique à Chailley qui dure depuis si longtemps".

Il termine son testament par ces mots aigre-doux "On peut satisfaire mes désirs, cela ne coute rien à personne" ! Il conclue "Adieu tout le monde".


Son testament manuscrit





Dernières volontés respectées


Ses dernières volontés seront scrupuleusement respectées par mes grands parents. Ce sera un enterrement civil, comme pour toute la branche des Bourgoin. Mais son cercueil ne passera pas devant la Mairie comme il était d'usage pour les obsèques dans cette commune.

C'était sa demande expresse. Elle a dû être un peu choquante  pour son neveu, Maire de la commune qui s 'est occupé de lui jusqu'à son décès.

Je ne connaitrais jamais la raison de cette dernière volonté.

Mes grands-parents maternels ont gardé ce testament. Il l'ont parfois évoqué lors des repas de famille lorsqu'ils se souvenaient de l'oncle Armand. Mon grand-père ajoutait même que Armand ne voulait pas que "son sang descende dans sa tête lors de la montée au cimetière" ! On en souriait.

Il est un peu incroyable qu'il soit  parvenu jusqu'à moi comme témoignage d'un Monsieur au sacré caractère !








mercredi 18 juin 2014

N comme Nourrices en 1787

#ChallengeAZ

Il est  surprenant de constater que, dans les registres de décès de mon village de Turny dans l'Yonne, le nombre d'enfants décédés jeunes et placés en Nourrice est très nombreux.

Des artisans ou de marchands de la capitale placent leur bébé à la campagne.

Je ne connais pas la raison de ces placements : manque de place dans l'habitation, horaires difficiles du travail, souhait de donner une bonne alimentation à leur enfant, placement dans une campagne saine et verdoyante ? ...

J'imagine plusieurs raisons, mais je ne sais laquelle privilégier.

Les nourrices de Turny, hameau de 500 habitants situé dans l'Yonne en Bourgogne, a accueilli de nombreux enfants de Paris. Combien ? Nous ne saurons sans doute jamais car seuls sont recensés ceux qui sont décédés dans la commune.
                                                       
Au 18ème siècle,  un grand nombre d' enfants sont malheureusement morts en bas âge. La mortalité infantile est très importante puisqu'un enfant sur quatre meurt avant d'atteindre l'âge d'1 an.

Le Curé de Turny a noté de façon méthodique les noms, les métiers des parents, ainsi que le nom des nourrices.

Pour exemple, j'ai choisi l'acte de décès intitulé "Mortuaire d'enfant de Paris " daté du 5 octobre 1787


Acte état civil Mortuaire d'enfant de Paris à Turny en 1787

Je déchiffre, malgré mes difficultés dans la lecture de certains actes,  les termes suivants :

" Le jour du 5 octobre 1787 a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse par moi Curé soussigné, le corps de Jean Jacques fils de François  Verrineur et de Marguerite Prévôt ses père et mère demeurant à Paris rue de la Roquette faubourg saint Antoine Maison du Marchand de vin ... confié aux soins de Marie Anne Dubois femme de feu Pierre Dubois, nourrice ... âgé de 5 mois et demi environ. L'inhumation s'est faite en présence de sa nourrice qui a déclaré savoir signer et d'Edme Augustin Beau étudiant qui a signé avec nous. "

Je constate que les parents ne sont pas présents à l'inhumation. Le placement est-il une sorte d'abandon, n'ont-ils pas les moyens financiers de se rendre sur place, ou  n'ont-ils été informés que plus tard ? Je ne peux faire que des suppositions.

Notre petit Jean Jacques, mort à 5 mois, n'est pas le seul nourrisson placé à la campagne à cette époque.

Paul Vasseur, dans son ouvrage Protection de l'enfance du 4° au 20° siècle,  rapporte que en 1780 sur 21 000 enfants qui naissent annuellement à Paris, 19 000 sont envoyés en nourrice. Si ces chiffres sont vérifiés, c'est un véritable phénomène de société.

C'est ainsi qu'une économie locale en Bourgogne, se développe :  celle des nourrices "sur place" qui nourrissent de leur lait les bébés et élèvent les enfants de la ville parfois pendant plusieurs années. Ces nourrices apportent un complément de revenu à la famille. Ce "travail" c'est aussi celui des recruteurs appelés "meneurs" qui  convoient les nourrissons dans leurs allers et retours, apportent des nouvelles des enfants aux parents.

Pour tenter de moraliser et réglementer cette activité, en 1781, le code des nourrices est publié.









 






mercredi 11 juin 2014

Turrny et les Turrois dans l'Yonne





D’où viennent les noms de TURNY, village de l'Yonne en bourgogne
 et de ses habitants les Turrois ?

Les habitants de TURNY sont nommés les TURROIS.  Quelles sont les  significations et les origines des noms de TURNY et de TURROIS ?  Si des interrogations historiques demeurent encore, il existe plusieurs hypothèses qui sont toutes convergentes.

TURNY est situé dans une vallée fertile près d’un petit ruisseau, la Brumance,  et au pied d’une colline appelée le mont Champlain , situé au sud-est de la commune,  au lieu dit « Combles », culminant à 168 m et formant un dénivelé de 60 m avec le village de Turny. C’est sur ce mont qu’ont été retrouvés des cercueils en pierre contenant des débris de vases et d’armes en fer, témoignant d’une activité humaine à l’époque gallo-romaine.

Turniacum
TURNIACUM est le  nom antique de notre village, qui n’est alors qu’un regroupement d’habitations. A  cette période, le mot celtique TURNIACUM est utilisé  pour  nommer une maison ou des chaumières situées près d’une élévation  placée vers de l’eau. Ce qui est le cas avec le mont Champlain et la Brumance.  TURNIACUM est situé à 1km de la  voie romaine appelée Via AGRIPA, reliant Sens et Auxerre et desservant un haut lieu de la Gaule, EBUROBRIGA, au mont Avrollot (commune d’Avrolles).

Entre la période gallo-romaine et le moyen-âge, le nom du village va évoluer. On retrouve les traces des noms de Turne ou Turnei.

Turny
Le nom de TURNY est  cité lorsque le bourg, équipé d’enceintes fortifiées, devient une Paroisse  en 1140  à l’initiative des Templiers de la Commanderie de Coulours.  En juin 1236, un acte interdit aux templiers de chasser dans le clos des frères de Turny.  On retrouve, dans les premiers états civils, le nom de la paroisse de TURNY.

Sur le plan étymologique, le nom TURNY fait référence au mot latin TURRIS, qui signifie tour ou maison en hauteur.  Le nom de TURNY  est donc représentatif  d’un lieu haut, d’un mont,  d’une élévation, ou d’une tour.

Plus tard, le cadastre napoléonien de 1811, indique le lieu-dit « la grande Motte », cette expression signifiant une motte de terre rapportée dans le but de protéger les enceintes d’une tour féodale de palissade de bois, à proximité des fossés ceinturant TURNY, au moyen-âge.

Le nom de TURNY est donc bien associé à l’élévation naturelle ou/et humaine.

Plan de Turny  - Cadastre 1811 


Terminaison Y
Le Y qui termine le nom de TURNY  se traduit par « domaine de », « ici » ou « chez », utilisé au IX° siècle. Il se retrouve dans  les noms de différents villages à proximité (Sormery, Neuvy, Venizy …) .

Turrois
Les habitants de TURNY se dénomment les TURROIS composé des termes TURRIS et OIS. OIS est un suffixe, du latin « ensis », indiquant en général la dépendance  et le rapport avec un lieu. Il sert  à former des adjectifs, des noms d’habitants dérivés d’un nom propre géographique, habitant une région. Le TURROIS est donc un habitant de TURNY.

TURNY et les TURROIS connaitront une longue histoire mouvementée que j'évoquerais dans de prochains articles.


Sources
Ordonnance des Roy de France 1383
Etats civils de Turny de 1599
Annuaire de l'Yonne 1868
Répertoire archéologique de l'Yonne 1968
Cadastre napoléonien 1811
Dictionnaire éthymologique des mots françois