mercredi 5 juin 2013

Amélie Pénicaud ... Evocation


Amélie PENICAUD
Amélie PENICAUD est ma grand-mère paternelle.

C'est une femme un peu ronde, au visage souriant, qui parle avec une voie teintée de l'accent chantant de son Limousin natal. Elle est originaire de Bourganeuf dans le département de la Creuse, née le 20 août 1909 à Thauron (23). Son père Jules PENICAUD, originaire de Saint Pierre de Cherignat (23) ,  est Métayer  au Mas de la Fille. Il est marié à Anna LAJEAT, née à Bourganeuf. Amélie rencontre Edmond BATTUT lors de la célébration d'un mariage à Bourganeuf. Il vient de Messeix, village minier du Puy de Dôme en Auvergne. Elle tombe amoureuse de cet ouvrier  et  l'épouse à Bourganeuf le 16 avril 1932. Elle part, loin de son Limousin natal, dans la maison de la cité minière de Messeix. Mon grand-père est Mineur de fond. Elle découvre la vie de la cité minière de ce village auvergnat, et noue des amitiés fortes. A la retraite d'Edmond, ils reviennent s'installer dans la Ferme de la Voie Dieu, à Bourganeuf que Anna et Jules ont réussi à s'acheter. L'étable accueille les vaches laitières qui se prélassent la journée dans les près gras de la petite exploitation. Mon grand-père, qui dès l'âge de 14 ans fut placé dans une ferme, avant d'intégrer la Mine, exerce avec Amélie le métier de cultivateur exploitant. Ils élèvent un troupeau de vaches laitières. L'étable est blottie contre la salle à manger. Chaque soir, Amélie, s'assoie sur son tabouret en bois à trois pieds et tire sur les pies de vaches pour en extraire le lait moussant. Le lait frais est vendu en fin de journée à la ferme. Les voisins remplissent leur laitière en aluminium. Quelques maigres pièces sont échangées. Parfois, je suis autorisée à boire un petit bol de ce lait tiède, tout  juste sorti du pie de la vache. Une partie du lait est baratté par ma grand mère pour la consommation de beurre destiné à la famille et placé précautionneusement dans de grands bocaux en verre. Une autre sert à fabriquer de vastes fromages fermiers qui sècheront au bord de la cheminée.  Celle-ci réchauffe la vaste salle à manger que traverse la grande table rectangulaire en merisier à laquelle s'attable la famille et les convives. Un escalier mène au grenier dans lesquelles ont été aménagées des chambres. Je dors dans l'un d'entre elles l'été. L'édredon rouge en plume nous réchauffe et on ajoute la brique entourée de journal, chauffée à la cuisinière à bois, qui nous sert de bouillotte. Mon grand-père, change la paille des vaches dans l'étable et les emmène chaque jour paître dans les verts champs gorgés d'eau. Il ne quitte pas sa casquette ni sa blouse bleue de mineur. Ils n'ont jamais conduit ni possédé de voiture. Ils se rendent à pied au bourg de Bourganeuf. Ma grand-père parlemente avec les marchands, touche et goûte, choisit les pelotes de laine qui lui servent à confectionner ses carrés de tricot, manie le patois avec dextérité. Cette période comme agriculteur s'achève par la vente de l'exploitation et des terres pour s'installer près de leurs enfants, dans une petite ville près de la Loire. Le grand pré de la ferme de la Voie Dieu accueille aujourd'hui une maison de retraite. Ma grand-mère Amélie est une femme enjouée avec un grain de malice dans son regard vif. Habillée de plusieurs épaisseurs de vêtements, elle assortit ses couleurs de façon improbable. Elle chante toute la journée, des chants tristes ou joyeux, le plus souvent en patois limousin. J'ai encore dans la tête l'air de la chanson traditionnelle " Turlututu " qu'elle fredonne harmonieusement.
Je partage avec vous cette chanson de notre patrimoine. 


Texte Chanson Lo Turlututu en patois et en français


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